| Juan Gelman (1930-2014) |
survielero
Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
jeudi 16 janvier 2014
La France en Afrique : oui à l’or, non à la Chine
dimanche 1 décembre 2013
Narbonne : pour Sortir du nucléaire, "Ecrin à la Comurhex, ça craint..."
Dans cette perspective, la préfecture a ouvert une enquête publique le 21 novembre et celle-ci se prolonge jusqu’au 30 décembre. Si le collectif Sortir du nucléaire Aude se félicite de cette avancée, ses membres réclament "des expertises indépendantes pour mesurer le plutonium et les autres produits radioactifs du site".
Mais, par-dessus tout, c’est "le classement de l’intégralité du site de la Comurhex comme installation nucléaire de base" que souhaite Sortir du nucléaire. C’est pour faire passer ce message auprès de la population que le collectif a distribué des tracts, samedi matin au rond-point de la Campane. Une opération qui sera renouvelée, ce dimanche matin, devant les Halles de Narbonne.
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Pour en savoir plus, lire L’Aude = Département poubelle? Les candidats ne peuvent plus faire l’impasse d’un débat!
MALVESI, c’est le dernier projet en date lancé par AREVA qui en est déjà au stade de l’enquête publique afin de créer des bassins de stockages de 21 000 m3 de déchets nucléaires dans l’attente que les techniques futures sachent quoi en faire…
mardi 19 novembre 2013
Montpellier, 28 novembre - Coup de grisou : qui profite des richesses minières ?
Pour en savoir plus
Film "Zambie? à qui profite le cuivre ?"
Programme de la Quinzaine des Tiers Mondes
Publications de Survie http://survie.org/mot/pillages-des-ressources http://survie.org/mot/paradis-fiscaux-et-judiciaires http://survie.org/mot/areva http://survie.org/mot/bollore
Oxfam http://www.oxfamfrance.org/-Qui-sommes-nous- http://www.oxfamfrance.org/-Financement-du-developpement
Areva au Niger : à qui profite l’uranium ?
Niger : à qui profite l’uranium ; Note d’information Oxfam - ROTAB - Novembre 2013 (PDF - 510.4 ko)
Stop à la pression d'Areva sur le Niger ! Pétition adressée à Luc Oursel, PDG d’Areva et à tous les actionnaires d’Areva : lire et signer ici
Secours Catholique http://www.secours-catholique.org/ http://www.secours-catholique.org/nos-actions/nos-actions-dans-le-monde/
CCFD Terre Solidaire http://ccfd-terresolidaire.org/ http://www.stopparadisfiscaux.fr/ http://ccfd-terresolidaire.org/infos/rse/usine-michelin-en-inde-4390
Global Witness http://www.globalwitness.org/fr
nouvelle législation de l'UE pour mettre fin au commerce des ressources naturelles qui alimente les conflits http://www.globalwitness.org/fr/library/une-nouvelle-l%C3%A9gislation-de-l%E2%80%99ue-pourrait-contribuer-%C3%A0-mettre-un-terme-au-commerce-des
les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org/ http://www.amisdelaterre.org/Prix-Pinocchio-Impact-des-mines-d.html
Observatoire des multinationales http://www.multinationales.org/
l'avenir de la filière nucléaire: http://www.multinationales.org/spip.php?rubrique13
Peuples Solidaires http://www.peuples-solidaires.org/ http://www.peuples-solidaires.org/ce-que-nous-faisons/nos-campagnes/
Publiez ce que vous payez http://www.publishwhatyoupay.org/fr
mardi 15 mai 2012
Françafrique : le changement, c’est pour quand ?
Sous la présidence de Mitterrand, puis sous le gouvernement de Lionel Jospin (dans un contexte de cohabitation), des responsables socialistes ont en effet largement contribué à maintenir la mainmise de la France sur ses anciennes colonies, sans rien changer d’autre dans le système criminel de la Françafrique que ses principaux bénéficiaires. François Mitterrand, malgré le discours de façade prononcé à La Baule en 1990, avait conservé ce système, le poussant même à son paroxysme en entraînant l’État français dans une complicité toujours inavouée, celle du génocide des Tutsi au Rwanda.
Au sein du PS, si la volonté de tourner la page est affirmée, plusieurs personnalités sont encore liées à des réseaux de la Françafrique et la campagne électorale a vu plusieurs responsables de ce parti s’afficher ostensiblement avec des dictateurs africains.
La lignée des annonces de rupture avec la Françafrique se divise jusqu’ici en deux ensembles : celui des responsabilités politiques écourtées et celui des promesses éphémères. Souhaitant que cette étrange « malédiction » cesse enfin, l’association Survie se montrera particulièrement attentive aux premiers gestes de François Hollande et aux premières mesures de son gouvernement.
- Au-delà de la suppression de la cellule Afrique de l’Élysée promise par François Hollande, quel renforcement des pouvoirs du parlement en matière de politique extérieure ?
- Quelle position sur les visites officielles de dictateurs et la validation des simulacres électoraux, et plus largement quelles relations diplomatiques vis-à-vis des régimes dictatoriaux quand en pleine campagne électorale divers collaborateurs de François Hollande se sont affichés aux côtés de dirigeants illégitimes : Ségolène Royal auprès de Blaise Compaoré en novembre 2011, Laurent Fabius auprès d’Ali Bongo au Gabon en février 2012, ou encore Jean-Louis Bianco auprès d’Alassane Ouattara en avril 2012 ?
- Quelle remise en cause de la présence militaire et des opérations extérieures en Afrique, alors que le PS a soutenu les deux interventions françaises de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye ?
- Quelle position concernant la levée du secret défense sur les archives liées à l’implication des plus hautes autorités de l’Etat dans plus d’un demi-siècle de crimes néocoloniaux, élément clef pour lutter contre l’impunité, alors que les gouvernements socialistes ou de la gauche plurielle couvrirent ainsi les complicités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara, le génocide des Tutsi au Rwanda et l’élimination du Juge Borrel ?
- Quelles actions pour passer d’une aide au développement dévoyée et corruptrice à une logique de redistribution des richesses et d’accès de tous et toutes aux biens publics ?
- Quelle position sur le Franc CFA, quand Michel Rocard avait été le premier promoteur de la dévaluation du Franc CFA, finalement imposée par le gouvernement d’Édouard Balladur en 1994 ?
- Quelle position sur les agissements d’entreprises françaises à capitaux publics, comme Areva qui dévaste le nord Niger ?
- Quelle volonté réelle de « décoloniser les esprits », quand le Président nouvellement élu choisit de célébrer Jules Ferry, héraut de la colonisation et du racisme d’État ?
- la fin du ‘domaine réservé’ du Président de la République en matière de politique étrangère ;
- l’arrêt du soutien politique et diplomatique aux dictateurs – en refusant notamment de les recevoir à l’Élysée, de leur rendre visite et de reconnaître leur « victoire » lors des simulacres d’élections ;
- la fermeture des bases militaires et la fin des opérations extérieures en Afrique qui ne sont pas placées sous mandat, commandement et uniforme de l’ONU ;
- le lancement d’un processus de transfert de souveraineté monétaire aux États de la zone CFA, de retrait de la France des institutions du Franc CFA et de restitution des réserves de change ;
- la levée du secret défense sur les archives concernant les crimes françafricains, afin d’aider enfin la justice à faire son travail, notamment sur les questions ayant trait à l’implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda.
lundi 20 juin 2011
Areva, un avenir radieux sous les cocotiers: bientôt une enquête parlementaire ?
par Rosa Moussaoui, L'Humanité, 15/6/2011
L’affaire qui embarrasse le nouveau PDG d’Areva
A lire aussi
Auditionnée par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 14 juin dernier, deux jours avant l’annonce du non renouvellement de son mandat, Anne Lauvergeon, la présidente sortante d’Areva, n’a pas manqué d’être interrogée sur le rachat à prix d’or, en juin 2007, de la petite société UraMin. Le député PS du Maine et Loire Marc Goua, lui a notamment demandé si cette filiale, aujourd’hui rebaptisée Areva Resources Southern Africa, allait nécessiter des provisions supplémentaires dans les comptes d’Areva, signalant le fait que quatre ans après son acquisition elle n’avait toujours pas produit le moindre tonnage d’uranium. Anne Lauvergeon s’en est tirée par des réponses générales, soulignant que le prix d’acquisition d’UraMin avait été avalisé par la banque Rothschild et que l’uranium est un « processus long », où « quand on fait une mine, entre le moment où on repère qu’il y a de l’uranium et celui où on démarre la mine, il y a en moyenne quinze ans ». Ces justifications risquent de paraître un peu courtes à Luc Oursel, le prochain PDG d’Areva, et aux députés de la commission des Finances qui pourraient réclamer des investigations plus approfondies sur le sujet. Certains parlent même d’ « affaire Areva », eu égard à l’ampleur des sommes en jeu et aux conditions de l’acquisition en bourse d’UraMin.
Un titre qui flambe en bourse avant l’offre d’Areva
426 millions d’euros de dépréciations
mardi 19 janvier 2010
Uranium, or, pétrole, charbon, cuivre, fer, phosphates : le Niger, une excellente affaire qui aiguise bien des appétits
lundi 14 décembre 2009
Pour un retour à l'ordre constitutionnel au Niger L'UE doit appliquer les accords de Cotonou
Ce 8 décembre, un émissaire du pouvoir nigérien se déplace à Bruxelles pour débuter les consultations avec l'Union Européenne (UE), conformément aux accords de Cotonou [1]. Nos organisations demandent à l'UE de faire en sorte que ces consultations aboutissent, dans les plus brefs délais, à un retour à l'ordre constitutionnel basé sur la constitution de 1999.
Par le référendum sur la révision de la constitution en août dernier, le président du Niger, Mamadou Tandja, a organisé un coup d'Etat constitutionnel pour s’octroyer les pleins pouvoirs et profiter encore de la rente de l'uranium. Il peut ainsi rester à la présidence 3 ans de plus et se représenter à volonté. La société civile, les syndicats et la majorité des partis politiques nigériens refusent cet état de fait et en appellent à une élection présidentielle, au terme du mandat du président le 22 décembre prochain, comme prévu avant la révision constitutionnelle.
En octobre, malgré les menaces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l'UE, le Niger a maintenu des élections législatives illégitimes. En conséquence, la CEDEAO l’a suspendu au titre d'"une violation grave de son protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance". L'UE a aussi durci le ton, appliquant ce que prévoient les accords de Cotonou en cas de manquements en matière de droits de l'Homme et de gouvernance : en appeler à des consultations et prendre des mesures conservatoires, notamment la suspension de son aide budgétaire au Niger.
Ces consultations UE-Niger pouvant aller jusqu'à 120 jours, leur démarrage a été repoussé au maximum par l'Etat nigérien. Cependant l'action conjointe CEDEAO - UE peut inciter le président nigérien à un dialogue avec l'opposition citoyenne et politique, laquelle exige un retour à l'ordre constitutionnel.
Nous notons avec satisfaction que l'UE ait commencé à appliquer les articles 9 et 96 des Accords révisés de Cotonou qui prévoient la non-exécution de ceux-ci en cas de violation des principes démocratiques et lui demandons de tout faire pour peser sur le cours de la démocratie au Niger, en appliquant ces mesures jusqu'à leur terme, s'il le faut. Nous demandons à l'UE de refuser tout compromis provoqué par des considérations économiques et par une position française complaisante.
Ces consultations sont une occasion et une chance pour l'Union Européenne de concrétiser son attachement à la démocratie et aux droits de l'Homme. Le retour à l'ordre démocratique au Niger serait un signe porteur d'espoir et de changement pour tous les pays africains, notamment ceux qui organisent des élections en 2010 : Togo, Tchad, Centrafrique, Burkina Faso, Madagascar.
Contact presse : - Stéphanie Dubois de Prisque - Chargée de communication Survie
[1] L'accord de Cotonou signé en 2000 entre l'Union Européenne et les États d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) a pour objectif de rétablir les équilibres macro-économiques, de développer le secteur privé, d'améliorer les services sociaux, de favoriser l'intégration régionale, de promouvoir l'égalité des chances hommes-femmes, de protéger l'environnement et d'abolir de manière progressive et réciproque les entraves aux échanges commerciaux
dimanche 13 décembre 2009
Uranium, l'héritage empoisonné
Un documentaire de 52' de Dominique HENNEQUIN.
Une production Nomades TV et Public Sénat avec le soutien du CNC et de la Région Lorraine.
Rediffusion le :
dimanche 13/12/2009 à 18h00
lundi 14/12/2009 à 10h30
dimanche 20/12/2009 à 09h00
Durée : 52 minutes
Uranium, l'héritage empoisonné - Extrait 1
A Mounana au Gabon, AREVA a cessé les activités de sa filiale, la COMUF, en 1999. Sur place, une pollution radioactive des sols et des maisons construites avec des stériles miniers provoque de nombreuses maladies.
A Arlit, au nord du Niger, AREVA exploite deux mines depuis quarante ans. On relève aux alentours les mêmes effets : des mineurs locaux et des expatriés souffrent principalement de cancers des poumons.
Pendant 18 mois, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont enquêté sur les conséquences de
l'exploitation de l'uranium au Gabon et au Niger et rapporté des images exclusives. A Mounana, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont filmé un vaste site contaminé à la radioactivité et rencontré des victimes. Dans les mines d'Arlit, au Niger, l'équipe entre dans le futur site minier d'Imouraren et donne la parole à la rébellion Touareg.
Une enquête étayée par de nombreux témoignages et les analyses d'échantillons réalisées par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité).
Le Niger, l’uranium et les communicants excommunicateurs
par Samuel Gontier, Telerama, 11 décembre 2009
Jacques-Emmanuel Saulnier dénie à la visite de Dominique Hennequin le caractère d’une « opération de com (…) : Nous aurions choisi une autre audience que celle offerte par Public-Sénat, soyez-en assuré ». On appréciera le compliment adressé à une chaîne pas franchement subversive, qui, dans la mesure de ses faibles moyens, mène cependant une politique ambitieuse en matière de documentaire. Et on n’osera contester cette information fournie par Areva : « Plus de 50 journalistes se sont rendus à Arlit l'an passé. » Parmi eux, Patrick Forestier, qui a réalisé pour Spécial investigation une enquête, Trafic d'uranium, diffusée début novembre sur Canal+. Un petit comparatif avec le travail de Dominique Hennequin, fondé sur quelques extraits, se révèle particulièrement édifiant.
Pour les deux reporters, la visite des mines d’Arlit ne constitue que la seconde partie de leur document. Dans sa première partie, très intéressante, Patrick Forestier enquête sur l’extraction périlleuse et la destination douteuse de l’uranium des mines clandestines situées en République démocratique du Congo (RDC). De son côté, Dominique Hennequin se rend au Gabon pour mesurer les désastreuses conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation par la Comuf (filiale d’Areva) d’un site fermé en 1999.
Nous voici au Niger. Patrick Forestier y est allé à l’occasion d’une cérémonie bien fréquentée.
Chaque gisement d’uranium possède son usine de traitement du minerai qui broie la roche puis en extrait l’uranium naturel pour produire l'uranate, ou « yellow cake », exporté vers les usines d'enrichissement françaises. En visitant l'installation de la Cominak, Patrick Forestier s’arrête d’abord devant le tas de minerai prêt à être traité.
Patrick Forestier ne le sait peut-être pas, mais il assiste à un rituel très prisé des dirigeants d’Areva, une ordalie qui établit l’innocuité de leur industrie : prendre dans la main un objet peu radioactif et, si l’exposition n’est pas prolongée, peu dangereux (sauf par inhalation ou ingestion, d’où la phrase « Je vais me laver les mains. »). Dominique Hennequin, lui aussi, visite l’usine de traitement de l’uranium. Mais il ne s’attarde pas sur le beau minerai doux au toucher, il s’interroge sur le devenir des boues qui sont produites lors de fabrication de l’uranate. Des boues stockées à l’air libre.
Dominique Hennequin, de son côté, a creusé son sillon avec rigueur, multipliant les sources d’information : associations, scientifiques, médecins, victimes, juristes, opposants politiques… et Areva, bien sûr. Le tout sans jamais remettre en cause la nécessité d’exploiter l’uranium du Niger pour alimenter les centrales d’EDF. Cette démarche simplement rigoureuse n’a pourtant pas l’heur de plaire aux apôtres de la communication.
Dans sa lettre, le porte-parole d'Areva met particulièrement en cause une impression confiée à Télérama par Dominique Hennequin. « Notre visite était tellement encadrée, elle m’a rappelé la Corée du Nord », dit le réalisateur (qui a effectué un reportage au pays de Kim Il-sung). « Il est outrancier de comparer l’accueil d’Areva à celui de la Corée du Nord, s’indigne Jacques-Emmanuel Saulnier. Que vous vous livriez à un amalgame géopolitique de ce type pour qualifier la manière dont notre Groupe vous a ouvert ses portes est insultant pour celles et ceux de mes collègues qui, au siège ou au Niger, se sont mobilisés à cet effet. »
Le porte-parole d’Areva voudrait faire croire à une attaque contre des personnes ? Mais Dominique Hennequin parlait d’une ambiance qu’il a ressentie, pas des salariés d’Areva. Le Niger n’est pas la Corée, les communicants de la multinationale ne sont pas les robots d’un régime totalitaire. Ils ont loyalement accepté de répondre aux questions les plus dérangeantes posées par un reporter bien documenté dont la pugnacité les a parfois contraints à exprimer quelques ambiguïtés révélatrices. Quant aux mesures sécuritaires auquel est soumis le Nord Niger, il va de soi qu’elles ont été « décrétées » par le gouvernement, pas par Areva… même si la spoliation de leurs terres pour les besoins de l’exploitation minière n’est pas étrangère aux motivations des rebelles touaregs.
Dominique Hennequin a donc enfreint le catéchisme d’Areva. Celui-ci est d’une simplicité biblique : « Nous ouvrons grand nos portes et nos fenêtres à quiconque nous sollicite », prêche régulièrement Jacques-Emmanuel Saulnier, moine-soldat du combat pour la « transparence », dans de grands élans œcuméniques. Et c'est vrai (2). Ensuite, si l’enquêteur prend l’initiative de vérifier les dires des communicants, de chercher d’autres sources, d’interroger des personnes « dont on connaît les engagements » – disent-ils pernicieusement… comme si Areva n’avait pas d’engagements ! –, bref, s’il fait son travail de journaliste… Sacrilège ! Le mécréant a abusé de la confiance de ses hôtes, usant de « pratiques déloyales » pour mener une enquête « à charge ».
Si cela peut le consoler, Dominique Hennequin n’est pas le premier (et sûrement pas le dernier) à subir ce genre d’excommunication de la part d’Areva (ou de la part d’autres entreprises familières du même bréviaire). Au diable les sermons ! Leur seule existence confirme la pertinence du travail réalisé. Après tout, le triste sort réservé aux salariés et riverains des mines africaines ne méritait-il pas une enquête « à charge » ? (1) La lettre d'Areva (ou sur le site d’Areva).
(2) Il m'a été donné d'apprécier la civilité et la disponibilité dont il sait faire preuve.
lundi 19 octobre 2009
Législatives au Niger : La France ne doit pas entériner la dictature
Ce qui est considéré comme un coup d’Etat constitutionnel est le résultat d’un processus de destruction des institutions démocratiques par Mamadou Tandja initié dès la fin de l’année 2008, afin de rester président, en opposition avec la constitution nigérienne. Refusant de se soumettre aux avis de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, il a dissous ces institutions et pris les pleins pouvoirs. Il a alors eu les mains libres pour organiser un référendum-plébiscite, le 4 août, dont les résultats truqués ont été sans surprise : la poursuite de son mandat.
Parallèlement, les dérives autoritaires sont flagrantes : rejet dans l’illégalité des grèves et manifestations, entrave à la liberté de réunion des militants, mise en accusation de 128 députés, plainte contre 8 directeurs de publication, emprisonnement de 50 opposants membres de la CFDR (Coordination des Forces pour la Démocratie et la République, regroupant les 7 centrales syndicales, la majorité des partis politiques, y compris un pan du parti présidentiel et la société civile).
Ces élections législatives, boycottées par les forces démocratiques, permettront de sceller le coup d’Etat constitutionnel d’un président de plus en plus isolé aux niveaux national et international. Au Niger, adossé aux revenus des industries extractives, il ne tient plus que grâce à une frange minime de l’armée. Depuis 2007, il a distribué 158 permis miniers ou pétroliers par le biais d’un groupe opaque d’affairistes composé notamment de deux de ses fils. Sur la scène internationale, le Niger a subi un fort discrédit : l’Union Européenne a gelé son aide début juillet et nombre de coopérations bilatérales ont suspendue la leur (notamment le Luxembourg et le Danemark).
Mais Mamadou Tandja est soutenu par la Libye et par la diplomatie française qui freine toute prise de décision ferme de l’Union Européenne. Une attitude en relation évidente avec la position dominante d’Areva au Niger.
Le 10 août, le Quai d’Orsay a simplement « pris note » des résultats du référendum et a appelé à des législatives avec une large participation des forces politiques, ce qui est une façon de légitimer le régime et de soutenir à mots couverts le président.
Face à cette situation, l’association Survie se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile nigérienne, rassemblés au sein de la CFDR pour exiger :
- l’annulation des élections législatives illégales et illégitimes,
- le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement des institutions dans leur fonction (Assemblée nationale, Cour constitutionnelle), l’annulation du référendum du 4 août dernier et le retour à la constitution de 1999,
- l’arrêt des poursuites et intimidations à l’encontre des membres de l’opposition démocratique et de la société civile.
Nous demandons à l’Etat français et à l’Union européenne d’agir dans ce sens en faisant pression sur le régime nigérien par :
- une condamnation ferme de la dérive dictatoriale depuis 2008,
- la non-reconnaissance du référendum du 4 août 2009 et des élections législatives du 20 octobre 2009,
- la suspension de leurs coopérations avec le régime tant que le retour à l’ordre constitutionnel n’est pas effectif,
- l’application par l’Union Européenne des articles 96 et 97 des Accords révisés de Cotonou : puisque « le respect des droits de l’Homme, des principes démocratiques et de l’État de droit » sont violés, une procédure de consultation devrait être menée et des mesures prises, et la suspension des accords avec le Niger en cas d’absence de solution acceptable.
La France et l’Union Européenne ne doivent pas se rendre complices, pour les seules raisons del’approvisionnement français en uranium, de l’enterrement de l’expérience démocratique que le Niger a représenté pour l’ensemble du continent africain, prouvant qu’une autre voie que celle de la dictature est possible.
mercredi 3 juin 2009
Survie au Festival Afriqu'à Muret

ENTREE LIBRE ET GRATUITE
AU PARC JEAN JAURES DE MURET (31)
Théâtre, débats, conférences, concerts
Voir programme http://www.afriquamuret.ovh.org/
Samedi 6 juin de 13h30 à 15h Tente littérature
Parc Jean Jaurès
La France, le Niger, l'uranium et A.R.E.V.A
Conférence-débat
Avec Fausto Giudice, de l'association Survie
Le 4 mai dernier, Areva inaugure l'exploitation uranifère d'Imouraren, deuxième mine d'uranium du monde :
Le scandale de l'exploitation de l'uranium nigérien continue.
· A.R.E.V.A exploite l'uranium au Niger depuis 1968 ce qui ne contribue ni au développement du pays
· ni à l'amélioration du niveau de vie des Nigériens et a des conséquences sanitaires et sociales désastreuses pour la population.
· Pour obtenir le contrat d'Imouraren au Niger, Paris a fermé les yeux sur les exactions de l'armée nigérienne au Nord Niger constatées par l'ONU et sur l'éventuelle prolongation du mandat du président nigérien, qui serait anticonstitutionnelle.
Notre électricité est à 80% d'origine nucléaire.
Nous ne pouvons pas ignorer l'impact de notre mode de vie sur les populations nigériennes!
mardi 5 mai 2009
Areva au Niger : Imouraren, un désastre annoncé !
Ce 4 mai 2009, Areva et les autorités nigériennes inaugurent l’exploitation uranifère d’Imouraren, le plus grand projet industriel jamais envisagé au Niger. Plus importante mine d’uranium d’Afrique et deuxième au monde, Imouraren devrait voir se prolonger le scandale de l'exploitation de l'uranium nigérien.
Anne Lauvergeon, présidente du groupe français, Mamadou Tandja, président nigérien et l'ambassadeur de France au Niger, font le déplacement. Cette inauguration a lieu un mois après le passage du président Nicolas Sarkozy à Niamey, le 27 mars, venu consacrer l'accord entre le gouvernement nigérien et Areva signé en janvier 2009. Quelques semaines auparavant, la rébellion au Nord Niger sévissant depuis février 2007 avait annoncé une accalmie pour des pourparlers. En somme, tous les acteurs politiques semblent avoir oeuvré pour démarrer rapidement l'activité de la mine.
Le Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger s'inquiète des conditions de mise en œuvre de ce projet, au niveau écologique, économique et du respect des populations. En effet, Areva, anciennement Cogema, exploite l'uranium au Niger depuis 1968, exploitation qui ne contribue ni au développement du pays ni à l'amélioration du niveau de vie des Nigériens et qui a des conséquences sanitaires et sociales désastreuses pour la population locale (à majorité touareg) et pour l'environnement.
La relation bien particulière de la France avec le Niger avait permis par le passé un accès exclusif à l'uranium à un prix ridicule, grâce à un accord signé en 1961. Le contrat d'Imouraren reste dans la même lignée : le gouvernement nigérien n'a que 33% des parts de la société d'exploitation tandis que le prix d'achat de l'uranium reste bien en deçà des cours du marché international.
Les mesures de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) de 2004 et 2005 montrent que les eaux distribuées dans la ville minière d’Arlit où opère Areva ne sont pas aux normes de potabilité, avec un taux de contamination dépassant de 7 à 110 fois les recommandations de l'OMS. La surconsommation d’eau nécessaire aux mines contribue à l’épuisement accéléré des ressources fossiles dans une région qui en manque cruellement.
Selon la CRIIRAD encore, d'énormes masses de déchets radioactifs, dits improprement « stériles », et des boues radioactives générant des poussières et des gaz comme le radon sont laissées à l’air libre. Un « stérile » a même été identifié à l’entrée de l’hôpital d’Arlit ! Pire, des ferrailles contaminées sont utilisées par la population, l’exposant ainsi directement à la radioactivité.
Alors que la société civile nigérienne (notamment l'association Aghir In Man, le réseau ROTAB, …) a alerté Areva et les responsables politiques nigériens sur la question, rien n'a été fait pour revoir cette faite gestion faite au mépris des populations. Il y a fort à craindre qu'Areva s'apprête à reproduire les même conditions d’exploitation à Imouraren, une mine à ciel ouvert beaucoup plus étendue, située à proximité de zones habitées et de zones de pâturages primordiales pour les populations locales. Rien que du fait des simples explorations précédant la future extraction, le site de la mine a d’ores et déjà un taux de radioactivité particulièrement élevé. Les résultats de l'étude d'impact réalisée par Areva sont quasi confidentiels et aucune contre-expertise scientifique indépendante garantissant la fiabilité des données n'existe, ce qu'ont pourtant exigé la société civile et des responsables locaux.
Les enjeux liés à l'eau, à l'accès à la terre et aux conséquences sociales ne semblent pas non plus faire partie des préoccupations du gouvernement français. De même, les décisions liées au nucléaire sont discrétionnaires et émanent directement de l'Élysée. Ainsi, l'exploitation de l'uranium au Niger se trouve dans une double opacité.
Pour obtenir le contrat d'Imouraren au Niger, Paris a soigneusement évité d'évoquer les questions qui fâchent relatives aux exactions de l'armée nigérienne au Nord Niger constatées par l'ONU ou de revenir sur l'éventuelle prolongation du mandat du président nigérien, qui serait anticonstitutionnelle, alors que les élections présidentielles sont prévues en décembre 2009.
Le Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger demande, pour le site d’Imouraren, qu’Areva et le gouvernement nigérien assurent :
- un moratoire sur la mise en exploitation de la mine tant qu'une étude d'impact indépendante n'aura pas été faite et n'aura pas rendu ses conclusions
- la reconnaissance et la réparation par Areva des dommages sociaux et environnementaux que ses exploitations ont commis au Niger
- la mise en oeuvre de l'ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) dès mars 2010 comme annoncé par le gouvernement nigérien pour que la population bénéficie effectivement de l'exploitation des ressources naturelles
- que tous les travailleurs de la mine ET les populations vivant à proximité de l'exploitation bénéficient d'un examen médical complet, d'une évaluation rétrospective des doses subies et de l'inscription dans un programme de suivi sanitaire à long terme réalisé par des organismes médicaux compétents et indépendants
- que des taxes parafiscales, comme il en existe en France, soient prélevées et confiées à un organisme de gestion spécialisé et indépendant pour la remise en état des sites après extraction et pour une gestion saine, équitable et concertée des ressources en eau.
Contacts presse
Tchinaghen : Anne Roussel – roussel_annesimone@yahoo.fr - 06 62 56 96 13
Samira Clady – clady.samira@neuf.fr - 06 85 05 07 74
Survie : Stéphanie Dubois de Prisque - stephanie.duboisdeprisque@survie.org - 01 44 61 03 25
* Le Collectif est constitué par %Attac - Cedetim - CNT - Collectif Tchinaghen - Les Verts - NPA-Réseau Sortir du Nucléaire - Sud Energie/Solidaires - Survie - Via Campesina
Email : arevaneferapaslaloi@gmail.com - Site : http://areva.niger.free.fr/
Lire aussi
Charlie Hebdo - Le lobbying d'Areva pour l'uranium du Niger, par Guillaume Dasqué avec Agathe André, 29/4/2009
"La Françafrique au secours de l’uranium" d’Imouraren : Areva propose d’aider Tandja à "mater la rébellion touarègue"
Dossier de la CRIIRAD : AREVA du discours à la réalité / L’exemple des mines d’uranium du Niger
La malédiction de l’uranium - Le Nord-Niger victime de ses richesses
Le destin confisqué, par Issouf ag MAHA - Préface de Pierre RABHI
Issouf Maha à Lannion, TV Trégor par tchinaghen
Rhissa ag Boula à Valence 26 réunion Criirad envoyé par papadoc1


