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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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jeudi 16 janvier 2014

La France en Afrique : oui à l’or, non à la Chine

Ce texte est la dernière chronique, publiée par le quotidien Página/12 de Buenos Aires, du poète argentin Juan Gelman, qui vient de mourir à Mexico à l'âge de 83 ans.Traduit par  Paul Rouet
Juan Gelman (1930-2014)

Le gouvernement du socialiste Hollande ne rénove pas les vieilles formules du colonialisme que son pays a pratiquées depuis le XVIIème siècle jusqu’à ce qu’il soit contraint de quitter l’Algérie en 1962. La France sera-t-elle un « État défaillant » par manque d’imagination ? Ou bien certaines formes de domination ne changent-elles même pas alors que le changement affecte le monde entier ? S’il devait en être ainsi, ce capitalisme que l’on appelle « sauvage » ne progresserait pas beaucoup dans son projet de survie.
 
Le pays qui a été le berceau de la devise Liberté, Égalité, Fraternité a envahi le Mali le 12 janvier de l’année dernière (Opération Serval) et la République Centrafricaine le 3 décembre (Opération Sangaris). Selon Hollande, ce fut une « réaction humanitaire » pour sauver « un peuple qui souffre et qui nous appelle ». Mais cela ne semble pas le cas. En effet, quand Paris a contenu la rébellion au Mali (www.globalresearch.ca, 7-1-14), de nouveaux contrats de forage et d’extraction ont immédiatement été signés avec l’ aide du commandement US pour l’Afrique, l'Africom. Un communiqué de presse de la Legend Gold de Vancouver, gigantesque entreprise d’extraction, d’achat et de vente d’or et d’argent, a annoncé son intention d’exploiter des mines d’or dans des lieux très précis à l’ouest et au sud du pays (Marketwired, 6 janvier 2014). La mise en oeuvre de ces programmes commencera début février de cette année. Douglas Perkins, PDG de Legend Gold, a déclaré que le contour de ces projets a été mis au point au cours du dernier trimestre.
 
Restauration de l'ordre, par Tom Janssens, Pays-Bas
 
Le 18 décembre 2013 le Fonds Monétaire International a octroyé au Mali un prêt de 46,2 millions de dollars « pour que la vulnérabilité de la balance des paiements se dissipe et pour créer les bases d’une croissance plus rapide et plus durable » (www.imf.org/external, 18-12-13). Mais ce genre de crédits obligent les pays qui en bénéficient à réduire leurs services sociaux, comme l’éducation et la santé publique, afin de payer leurs dettes. Les conséquences catastrophiques de tels accords sont apparues avec une clarté aveuglante dans le cas de « l’expérience argentine » qui a culminé en 2001 avec l’humiliante fuite du président d’alors, De la Rúa.
 
Sans sous-estimer la dynamique de la mosaïque, terroriste ou non, qu’est devenu le Printemps Arabe, l’intervention militaire française au Mali a plus à voir avec les ressources naturelles de ce pays qu’avec les pénuries dont souffre sa population. Dans ce riche pays d’Afrique, Paris gère ses propres intérêts dans le cadre du Programme de relations franco-allemandes qui coïncide avec l’intérêt pour la France à faire main basse sur les ressources du Sahel, en particulier le pétrole et l’uranium. La compagnie française Areva exploite l'uranium depuis des décennies dans le Niger voisin du Mali. Hollande, lui, se consacre à une autre forme d’exploitation, celle de l’hypocrisie : il affirme aux Maliens que la France ne sert aucun intérêt particulier dans le pays, « nous n’en avons aucun » dit-il, « nous sommes là pour le bien du Mali et de l’Afrique Occidentale » (www.anabafrance.es.org, 2-2-2013). Mais il est bien évident que oui, il sert les intérêts des coffres bancaires et des jeux financiers, et non ceux des poches des simples citoyens.
 
« L’impératif humanitaire » de François Hollande en République Centrafricaine, exécuté par 1 200 militaires français, est destiné à freiner la Chine et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamants et d’uranium, qui reposent, pas pour longtemps, dans le sous-sol d’un pays plus grand que la France et la Belgique réunies (www.michelcollon.info, 14-12-2013). Les entreprises françaises y sont hégémoniques, dans le transport fluvial, dans le sucre, dans les boissons, dans le stockage et la commercialisation du pétrole, et ce n’est pas d’aujourd’hui que ses habitants souffrent d’une situation catastrophique. Depuis 1960 ils souffrent de la répression et des abus de six présidents successifs qui ont occupé ce poste après autant de coups d’État.
 
Le ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici, a reconnu qu’en dix ans « La France a perdu la moitié de son marché en Afrique subsaharienne ». Le coupable ? La Chine, qui a fait une entrée triomphante dans le secteur de l’or noir et a augmenté ses investissements sur le continent avec les contrôles le moins rigides. En 2008 Pékin a accordé à la République Centrafricaine quelque 4,4 millions d’euros qui ont permis de construire des écoles et des hôpitaux dans une zone désolée.
 
L'existence de groupes rebelles de différentes origines et disséminés dans tout le pays, en désaccord entre eux, débouche sur des atrocités généralisées, des pillages, des viols, des assassinats en série, des activités devenues quotidiennes pour ceux qui n’ont connu que les brutalités et les tueries. Mais cela ne date pas d'aujourd’hui, et la France, comme d’autres puissances occidentales, continue d’être frappée par la crise économique mondiale. L’heure était donc venue pour elle de reconnaître ces maux afin de se garantir militairement la possession des richesses.

dimanche 1 décembre 2013

Narbonne : pour Sortir du nucléaire, "Ecrin à la Comurhex, ça craint..."

Midi Libre, 30/11/2013
Sortir du nucléaire a effectué une opération de tracatge au rond-point de la Campane, samedi matin.
Sortir du nucléaire a effectué une opération de tracatge au rond-point de la Campane, samedi matin. (© D.R) 
Les bassins B1 et B2 de l'usine Areva Comurhex à Narbonne doivent être recouverts en raison de la présence de produits radioactifs dans les boues qu'ils contiennent.
“Ecrin” comme Entreposage confiné des résidus issus de la conversion. Telle est l’appellation de la future installation devant recouvrir les bassins B1 et B2 de Comurhex. “Ecrin” qui deviendra alors une installation nucléaire de base en raison des déchets radioactifs contenus dans les boues des fameux bassins de l’usine Areva de Malvési à Narbonne.
Dans cette perspective, la préfecture a ouvert une enquête publique le 21 novembre et celle-ci se prolonge jusqu’au 30 décembre. Si le collectif Sortir du nucléaire Aude se félicite de cette avancée, ses membres réclament "des expertises indépendantes pour mesurer le plutonium et les autres produits radioactifs du site".
Mais, par-dessus tout, c’est "le classement de l’intégralité du site de la Comurhex comme installation nucléaire de base" que souhaite Sortir du nucléaire. C’est pour faire passer ce message auprès de la population que le collectif a distribué des tracts, samedi matin au rond-point de la Campane. Une opération qui sera renouvelée, ce dimanche matin, devant les Halles de Narbonne.

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Pour en savoir plus, lire L’Aude = Département poubelle? Les candidats ne peuvent plus faire l’impasse d’un débat!
MALVESI, c’est le dernier projet en date lancé par AREVA qui en est déjà au stade de l’enquête publique afin de créer des bassins de stockages de 21 000 m3 de déchets nucléaires dans l’attente que les techniques futures sachent quoi en faire…
Depuis les années 60, l’usine atomique de Malvési, officiellement simple « installation classée pour la protection de l’environnement » (ICPE) raffine discrètement l’uranium ; jusqu’en 1983, des déchets nucléaires y ont aussi été traités. Aujourd’hui la préfecture vient d’ouvrir une enquête publique pour régulariser cette situation, à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).Le projet pérennisé ECRIN de Malvési, c’est donc 400 000 mètres cubes de boues nitratées radioactives, soit 160 piscines olympiques de déchets nucléaires.
ecrin

Des déchets provenant de l’utilisation de l’uranium en provenance d’Australie, du Niger, du Canada et du Kazakhstan.
malvezi &

Photo du site de Malvezi
Photo du site de Malvési
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mardi 19 novembre 2013

Montpellier, 28 novembre - Coup de grisou : qui profite des richesses minières ?

https://www.facebook.com/events/402177256552039/

Pour en savoir plus
Film "Zambie? à qui profite le cuivre ?" 

Programme de la Quinzaine des Tiers Mondes

Publications de Survie http://survie.org/mot/pillages-des-ressources http://survie.org/mot/paradis-fiscaux-et-judiciaires http://survie.org/mot/areva http://survie.org/mot/bollore
Oxfam http://www.oxfamfrance.org/-Qui-sommes-nous- http://www.oxfamfrance.org/-Financement-du-developpement
 Areva au Niger : à qui profite l’uranium ?
Niger : à qui profite l’uranium ; Note d’information Oxfam - ROTAB - Novembre 2013 (PDF - 510.4 ko)
Stop à la pression d'Areva sur le Niger ! Pétition adressée à Luc Oursel, PDG d’Areva et à tous les actionnaires d’Areva : lire et signer ici

Secours Catholique http://www.secours-catholique.org/ http://www.secours-catholique.org/nos-actions/nos-actions-dans-le-monde/
CCFD Terre Solidaire http://ccfd-terresolidaire.org/ http://www.stopparadisfiscaux.fr/ http://ccfd-terresolidaire.org/infos/rse/usine-michelin-en-inde-4390
Global Witness http://www.globalwitness.org/fr
nouvelle législation de l'UE pour mettre fin au commerce des ressources naturelles qui alimente les conflits
http://www.globalwitness.org/fr/library/une-nouvelle-l%C3%A9gislation-de-l%E2%80%99ue-pourrait-contribuer-%C3%A0-mettre-un-terme-au-commerce-des
les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org/ http://www.amisdelaterre.org/Prix-Pinocchio-Impact-des-mines-d.html
Observatoire des multinationales http://www.multinationales.org/
l'avenir de la filière nucléaire:  http://www.multinationales.org/spip.php?rubrique13

Peuples Solidaires  http://www.peuples-solidaires.org/ http://www.peuples-solidaires.org/ce-que-nous-faisons/nos-campagnes/
Publiez ce que vous payez http://www.publishwhatyoupay.org/fr

mardi 15 mai 2012

Françafrique : le changement, c’est pour quand ?

par Survie, 15 mai 2012 
Le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera emblématique d’une politique française en Afrique décomplexée et arrogante. Au jour de l’investiture de François Hollande, alors que se multiplient les réactions à l’hommage scandaleux au colonialiste Jules Ferry, on est en droit de se demander ce qu’il adviendra de la promesse socialiste de « mettre fin à la Françafrique ».
Déclarant vouloir « mettre fin à la Françafrique », François Hollande a répété tout au long de sa campagne que le « changement » concernera aussi les relations franco-africaines, répondant au souhait d’une partie importante des citoyens, y compris des militants socialistes, souhaitant se démarquer des frasques passées.
Sous la présidence de Mitterrand, puis sous le gouvernement de Lionel Jospin (dans un contexte de cohabitation), des responsables socialistes ont en effet largement contribué à maintenir la mainmise de la France sur ses anciennes colonies, sans rien changer d’autre dans le système criminel de la Françafrique que ses principaux bénéficiaires. François Mitterrand, malgré le discours de façade prononcé à La Baule en 1990, avait conservé ce système, le poussant même à son paroxysme en entraînant l’État français dans une complicité toujours inavouée, celle du génocide des Tutsi au Rwanda.
Au sein du PS, si la volonté de tourner la page est affirmée, plusieurs personnalités sont encore liées à des réseaux de la Françafrique et la campagne électorale a vu plusieurs responsables de ce parti s’afficher ostensiblement avec des dictateurs africains.
La lignée des annonces de rupture avec la Françafrique se divise jusqu’ici en deux ensembles : celui des responsabilités politiques écourtées et celui des promesses éphémères. Souhaitant que cette étrange « malédiction » cesse enfin, l’association Survie se montrera particulièrement attentive aux premiers gestes de François Hollande et aux premières mesures de son gouvernement.
  • Au-delà de la suppression de la cellule Afrique de l’Élysée promise par François Hollande, quel renforcement des pouvoirs du parlement en matière de politique extérieure ?
  • Quelle position sur les visites officielles de dictateurs et la validation des simulacres électoraux, et plus largement quelles relations diplomatiques vis-à-vis des régimes dictatoriaux quand en pleine campagne électorale divers collaborateurs de François Hollande se sont affichés aux côtés de dirigeants illégitimes : Ségolène Royal auprès de Blaise Compaoré en novembre 2011, Laurent Fabius auprès d’Ali Bongo au Gabon en février 2012, ou encore Jean-Louis Bianco auprès d’Alassane Ouattara en avril 2012 ?
  • Quelle remise en cause de la présence militaire et des opérations extérieures en Afrique, alors que le PS a soutenu les deux interventions françaises de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye ?
  • Quelle position concernant la levée du secret défense sur les archives liées à l’implication des plus hautes autorités de l’Etat dans plus d’un demi-siècle de crimes néocoloniaux, élément clef pour lutter contre l’impunité, alors que les gouvernements socialistes ou de la gauche plurielle couvrirent ainsi les complicités françaises dans l’assassinat de Thomas Sankara, le génocide des Tutsi au Rwanda et l’élimination du Juge Borrel ?
  • Quelles actions pour passer d’une aide au développement dévoyée et corruptrice à une logique de redistribution des richesses et d’accès de tous et toutes aux biens publics ?
  • Quelle position sur le Franc CFA, quand Michel Rocard avait été le premier promoteur de la dévaluation du Franc CFA, finalement imposée par le gouvernement d’Édouard Balladur en 1994 ?
  • Quelle position sur les agissements d’entreprises françaises à capitaux publics, comme Areva qui dévaste le nord Niger ?
  • Quelle volonté réelle de « décoloniser les esprits », quand le Président nouvellement élu choisit de célébrer Jules Ferry, héraut de la colonisation et du racisme d’État ?
L’association Survie demande au nouveau gouvernement de prendre dès sa prise de fonction les 5 engagements suivants, qui seront un premier pas vers une politique française en Afrique au service des peuples :
  • la fin du ‘domaine réservé’ du Président de la République en matière de politique étrangère ;
  • l’arrêt du soutien politique et diplomatique aux dictateurs – en refusant notamment de les recevoir à l’Élysée, de leur rendre visite et de reconnaître leur « victoire » lors des simulacres d’élections ;
  • la fermeture des bases militaires et la fin des opérations extérieures en Afrique qui ne sont pas placées sous mandat, commandement et uniforme de l’ONU ;
  • le lancement d’un processus de transfert de souveraineté monétaire aux États de la zone CFA, de retrait de la France des institutions du Franc CFA et de restitution des réserves de change ;
  • la levée du secret défense sur les archives concernant les crimes françafricains, afin d’aider enfin la justice à faire son travail, notamment sur les questions ayant trait à l’implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda.

lundi 20 juin 2011

Areva, un avenir radieux sous les cocotiers: bientôt une enquête parlementaire ?

De l’uranium africain aux paradis fiscaux de la Caraïbe
par Rosa Moussaoui, L'Humanité, 15/6/2011
Une holding du géant nucléaire français Areva est immatriculée aux îles Vierges britanniques, 
un paradis fiscal.
De l’Afrique australe à la mer des Caraïbes… Areva Resources Southern Africa, la holding regroupant les activités minières du géant nucléaire français en Afrique (à l’exception du Niger et du Gabon), affiche une géographie à vous faire perdre le nord. Cette entité regroupe les gisements d’uranium autrefois détenus par la société canadienne UraMin, cotée à Londres et Toronto, rachetée par Areva en juin 2007 pour un montant de 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). Rebaptisée Areva Resources Southern Africa, cette structure dispose aujourd’hui de filiales en Namibie, en République centrafricaine, au Sénégal et en Afrique du Sud. Devenue propriété du groupe nucléaire français, cette holding est pourtant toujours immatriculée... aux îles Vierges britanniques, un paradis fiscal notoire. Pas aux yeux de l’OCDE, qui a retiré l’archipel de sa « liste grise » après qu’il eut signé, en 2009, des conventions portant sur l’échange de renseignements en matière fiscale avec douze pays, parmi lesquels… d’autres paradis fiscaux. Comme les îles Caïmans ou les îles de Jersey et Guernesey, les îles Vierges britanniques figurent désormais sur la « liste blanche » des « juridictions qui ont substantiellement mis en place la norme fiscale internationale ».
Crise globale oblige, les temps ont changé, l’heure est à la « moralisation du capitalisme financier ». Ne dites plus « paradis fiscal », mais « pays à la fiscalité très faible ou avantageuse ». Avec la signature, l’an dernier, d’une convention bilatérale, la France a elle aussi blanchi ce territoire d’outre-mer du Royaume-Uni où l’impôt sur les sociétés n’existe pas. Championnes des avantages fiscaux, comptables et juridiques accordés aux banques, fonds de pension et autres trusts immatriculés sur leur territoire, les îles Vierges britanniques sont classées au 16e rang des paradis fiscaux les plus opaques et les plus nocifs par le Tax Justice Network, une coalition d’ONG. À une centaine de kilomètres à l’est de Porto Rico, sous les cocotiers de cette cinquantaine d’îles, dont seulement une quinzaine sont habitées, on ne compte pas moins de 830 000 sociétés enregistrées, pour seulement 24 000 habitants. Soit 34 sociétés par habitant… Tout à ses projets de filialisation des activités minières d’Areva, qui doivent servir de prélude à l’ouverture du capital, voire à la privatisation du groupe nucléaire, l’État français, actionnaire majoritaire (87 % des titres et 93 % des droits de vote), ne semble pas s’émouvoir de cette immatriculation exotique. Contacté, Areva n’avait pas donné suite à nos sollicitations, hier, à l’heure où nous mettions sous presse. Mais après tout, où est le problème ? Nicolas Sarkozy lui-même l’avait annoncé, dès le 24 septembre 2009 : « Il n’y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est fini. »

L’affaire qui embarrasse le nouveau PDG d’Areva

par François Labrouillère - Parismatch.com, 19/6/2011
L’affaire qui embarrasse le nouveau PDG d’Areva
Luc Oursel et Anne Lauvergeon. | Photo Remi OCHLIK/IP3/MaxPPP

A lire aussi

Le remplacement d’Anne Lauvergeon par Luc Oursel à la tête d’Areva fait resurgir l’embarrassant dossier de la filiale UraMin, révélé par Paris Match en avril dernier. Immatriculée dans un paradis fiscal –les Iles Vierges Britanniques-, cette société a été rachetée par Areva, en 2007, au prix astronomique de 1,8 milliard d’euros. Mais, à ce jour, ses gisements d’uranium, en Afrique du Sud, Centrafrique et Namibie, n’ont toujours rien produit.


Auditionnée par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 14 juin dernier, deux jours avant l’annonce du non renouvellement de son mandat, Anne Lauvergeon, la présidente sortante d’Areva, n’a pas manqué d’être interrogée sur le rachat à prix d’or, en juin 2007, de la petite société UraMin. Le député PS du Maine et Loire Marc Goua, lui a notamment demandé si cette filiale, aujourd’hui rebaptisée Areva Resources Southern Africa, allait nécessiter des provisions supplémentaires dans les comptes d’Areva, signalant le fait que quatre ans après son acquisition elle n’avait toujours pas produit le moindre tonnage d’uranium. Anne Lauvergeon s’en est tirée par des réponses générales, soulignant que le prix d’acquisition d’UraMin avait été avalisé par la banque Rothschild et que l’uranium est un « processus long », où « quand on fait une mine, entre le moment où on repère qu’il y a de l’uranium et celui où on démarre la mine, il y a en moyenne quinze ans ». Ces justifications risquent de paraître un peu courtes à Luc Oursel, le prochain PDG d’Areva, et aux députés de la commission des Finances qui pourraient réclamer des investigations plus approfondies sur le sujet. Certains parlent même d’ « affaire Areva », eu égard à l’ampleur des sommes en jeu et aux conditions de l’acquisition en bourse d’UraMin.

    Un titre qui flambe en bourse avant l’offre d’Areva

    Tout commence le 15 juin 2007, quand Areva, le champion français du nucléaire, met sur la table 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) pour s’offrir la petite société d’origine canadienne UraMin Inc., cotée à Londres et Toronto et immatriculée à Tortola, aux Iles Vierges britanniques. C’est l’acquisition la plus importante dans l’histoire du groupe présidé par Anne Lauvergeon. Un coup comme les aime « Atomic Anne », l’une des rares femmes à diriger une entreprise de cette taille. Avec les gisements détenus par UraMin en Afrique son idée est de consolider la place d’Areva parmi les premiers producteurs mondiaux d’uranium. UraMin a été payé au prix fort. Cette « start-up » de l’exploration minière, créée en février 2005, à l’initiative de Stephen Dattels, vieux routier du secteur et ancien du groupe aurifère Barrick Gold, n’a alors que deux ans d’existence. Aucun de ses gisements n’est encore en exploitation. Principale curiosité de l’entreprise : son titre flambe en bourse et sa valeur est multipliée par quatre durant les six mois ayant précédé l’offre d’Areva. Pour le plus grand profit des petits malins ayant achetés des actions UraMin durant cette période. Mais début 2007, les places sont chères dans l’uranium. Les cours du combustible nucléaire atteignent des sommets. Et selon les affirmations du groupe à l’époque, Areva dit pouvoir miser sur une exploitation rapide des gisements rachetés, avec les premières productions attendues pour 2009-2010 en Namibie.

    426 millions d’euros de dépréciations

    Quatre ans plus tard, la mirifique acquisition d’UraMin, tarde à tenir ses promesses. Comme en témoignent les tableaux du dernier rapport financier d’Areva, aucun des trois principaux gisements africains n’a encore produit le moindre kilo d’uranium. En Afrique du Sud et en Namibie, surtout, les études menées peinent à confirmer les ressources promises des gisements et les quantités d’uranium qui pourront finalement être produites. A Bakouma, en Centrafrique, les réserves ont été revues à la hausse. Toutefois une « rallonge » financière a dû être consentie aux autorités locales, à l’issue de tortueux pourparlers menés par divers émissaires français. Et l’isolement du pays nécessitera de lourds travaux d’infrastructures avant de pouvoir commencer à exploiter industriellement le gisement. En Namibie, l’exploitation du gisement de Trekkopje devrait enfin démarrer en 2013. Mais la faible qualité du minerai impose 1 milliard d’euros d’investissements supplémentaire et une consommation abondante d’eau, ressource rare sous ces latitudes. Pour ne rien arranger, le cours de l’uranium est en chute libre depuis les plus hauts de 2007. Autre coup dur : le groupe chinois CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Company), client d’Areva, qui devait racheter au groupe français, fin 2008, 49% de la filiale UraMin, a finalement décidé de renoncer à la transaction.
    Autant d’impondérables ayant nécessité pour 426 millions d’euros de « dépréciations d’actifs » dans les comptes 2010 d’Areva. Et ce n’est sans doute qu’un commencement. Le dossier UraMin a certainement pesé dans la balance, au moment où Anne Lauvergeon bataillait pour être reconduite dans ses fonctions. « Des attaques sans fondement, rétorque-t-on au siège du groupe. UraMin est un investissement à long terme, valorisé sur la base des cours de l’uranium, qui ne peut être jugé sur seulement trois ou quatre ans». L’entreprise publique en veut pour preuve la mission demandée par l’Etat à l’expert-comptable René Ricol, qui a récemment conclu à la parfaite clarté des comptes d'Areva. « Le nucléaire fait partie de ces industries où il faut savoir payer un peu cher des actifs stratégiques, plaide un proche du dossier, venant au secours d’Anne Lauvergeon. Chez France Telecom, on a beaucoup accusé l’ex-PDG Michel Bon d’avoir surpayé la filiale de téléphonie mobile Orange. Mais sans Orange, aujourd’hui France Telecom serait mort. » Point final


    mardi 19 janvier 2010

    Uranium, or, pétrole, charbon, cuivre, fer, phosphates : le Niger, une excellente affaire qui aiguise bien des appétits

    La CFDR dénonce "la gestion mafieuse" des contrats miniers
    samedi 12 décembre 2009
    La Coordination des forces pour la démocratie et la République (CFDR), regroupant les partis politiques, syndicats et organisations de la Société civile opposés à la 6ème République au Niger, a rendu publique jeudi soir une déclaration dans laquelle elle dénonce "la gestion mafieuse" des contrats miniers, impliquant des proches du président Mamadou Tanja.
    Selon la CFDR, le projet "Tazartché" ou "prolongation de mandat" (en allusion à la modification par référendum de la Constitution du Niger par Mamadou Tanja pour prolonger de trois ans son mandat actuel qui expire en décembre) ne vise pas seulement à maintenir illégalement Tanja au pouvoir mais se justifie aussi par la volonté de sa famille et de son clan de faire main basse sur les ressources minières du Niger.
    "Le trafic d’influence de hauts responsables et de leurs proches permet l’obtention de permis miniers et l’attribution d’énormes marchés de gré à gré en violation des procédures du code des marchés publics", indique la CFDR, citant en exemple des conventions en vertu desquelles "Hadiatoulaye Tanja, fils aîné de Tanja et son flagorneur, Ibrahim Hamidou, ont perçu plus de 4 milliards de FCFA de pots de vin au titre des permis octroyés à la société Niger Uranium corporation".
    On rappelle que dans le cadre de sa politique minière, le gouvernement nigérien a opté depuis 2008 pour la diversification de ses partenaires en vue de privilégier uniquement les intérêts du Niger, mettant ainsi en mal ses partenaires traditionnels, à l’instar d’Areva, qui avait jusque-là le monopole dans le secteur de l’uranium.
    Niamey - Pana 11/12/2009
    Nucléaire : les mensonges de Mme Lauvergeon
    10 Décembre 2009 Par Velveth
    .Alors que s'ouvre le sommet de Copenhague sur le climat, Mme Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'AREVA, a été interviewée sur France Info le 7 décembre 2009. Elle a déclaré que « le nucléaire, ça ne fait pas de CO2 » et qu'il ne produit que « de toutes petites quantités de déchets ».
    La CRIIRAD dénonce ces affirmations erronées et demande à Mme Lauvergeon de prendre des mesures urgentes pour traiter les sites contaminés par les filiales du groupe AREVA au Gabon et au Niger.
    .La CRIIRAD rappelle que
    1 / le nucléaire rejette bien des gaz à effet de serre
    2 / qu'à chaque étape du processus de production, il produit de grandes quantités de déchets radioactifs dont le confinement n'est pas assuré
    3 / AREVA laisse en outre des populations vivre sur des terrains ou dans des habitations contaminées par ses activités. Quelques exemples sont indiqués ci-après.
    .
    Les décisions qui vont être prises au sommet de Copenhague ne doivent pas être fondées sur les informations mensongères du lobby nucléaire.
    Extraction de l'uranium
    .L'énergie nécessaire au fonctionnement des usines d'extraction de l'uranium des filiales d'AREVA à ARLIT (Niger) provient d'une centrale thermique au charbon particulièrement polluante [1]. Pour la mine et l'usine de la COMINAK, la production d'une tonne d'uranium nécessite 9,7 tonnes Equivalent Pétrole [2]. Il est probable que la mise en exploitation du gisement d'Imouraren (Niger) aura un bilan d'émission de gaz à effet de serre encore plus lourd compte tenu des faibles teneurs du minerai et de la nécessité de déplacer 3,8 milliards de tonnes de roches pour y accéder [3].
    .
    En France l'extraction du minerai a conduit à produire plus de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs à très longue période dont le confinement n'est pas assuré [4]. Au Niger il s'agit de plus de 35 millions de tonnes de résidus radioactifs entreposés à l'air libre à quelques kilomètres de l'agglomération d'ARLIT et Akokan où vivent environ 80 000 personnes [2]. Des déchets miniers radioactifs ont en outre été utilisés pour remblayer des pistes. En 2007 la CRIIRAD a révélé que de tels déchets, présentant un niveau de radiation 100 fois supérieur à la normale étaient présents devant l'hôpital de la COMINAK (filiale d'AREVA) à Akokan (Niger) [5]. Une mission conduite par Greenpeace à AKOKAN en novembre 2009 a confirmé que des niveaux de radiation élevés persistaient sur de nombreux secteurs de la ville [6]
    .
    Au Gabon, la COMUF, filiale d'AREVA a produit sur le gisement d'uranium de Mounana 7,5 millions de tonnes de boues radioactives, dont 2 millions de tonnes ont été déversées dans la rivière. Les mesures effectuées par la CRIIRAD en 2009 montrent qu'une partie de ces déchets radioactifs est à l'air libre dans la forêt voisine. Les mesures de 2009 confirment en outre que les logements des cadres et des ouvriers de la COMUF ont été construits avec des matériaux radioactifs. Les populations sont ainsi soumises à leur insu à des doses de radiation totalement injustifiées [7].
    Purification de l'uranium
    .La purification des concentrés uranifères est effectuée à l'usine AREVA-COMURHEX de Malvési (France). En 2007, cette usine a rejeté 384 500 tonnes d'équivalent CO2 (CO2 et N2O) pour 14 000 tonnes d'uranium produites [8]. Le fonctionnement de l'usine a généré à ce jour plus de 250 000 tonnes de boues radioactives entreposées dans des bassins non étanches [8]. Certains de ces bassins ont cédé en mars 2004 polluant ainsi la plaine voisine [9].
    .Retraitement des combustibles usés
    .L'usine de retraitement des combustibles usés qu'exploite AREVA à La Hague (France) est une des installations les plus polluantes sur le plan radiologique. Elle rejette en particulier dans l'atmosphère de très grandes quantités d'un gaz radioactif, le krypton 85 conduisant à multiplier par 60 la radioactivité moyenne annuelle de l'air dans les villages voisins [10]. Compte tenu de sa longue période (10 ans) la concentration de ce gaz ne cesse d'augmenter dans l'ensemble de l'hémisphère nord. Certains chercheurs ont soulevé la question de l'impact de cette ionisation artificielle de l'atmosphère sur le climat.
    En outre l'usine de la Hague est un des principaux producteurs de gaz à effet de serre de la région Nord Cotentin. Elle a rejeté 80 551 tonnes de C02 en 2007 [11].
    .La question de l'eau
    .Dans son interview du 7 décembre 2009 Mme Lauvergeon s'est émue des problèmes du désertification au Sahel. La CRIIRAD rappelle que l'extraction de l'uranium est une opération qui consomme de très grandes quantités d'eau et entraine une contamination des ressources locales par des polluants radioactifs et chimiques [2]. AREVA admet qu'à l'issue des 40 ans d'exploitation du gisement d'Imouraren (Niger), il se produira un « assèchement local des nappes » [3].
    .
    S'agissant du réchauffement et des gaz à effet de serre, il faut rappeler en outre que le rendement thermique des centrales nucléaires est de l'ordre de 30 %. C'est-à-dire que les 2/3 de l'énergie fournie par la réaction nucléaire est perdue sous forme de chaleur. Cette chaleur entraine le réchauffement des eaux de mer ou de rivière utilisées pour le refroidissement des réacteurs et conduit à rejeter de très grandes quantités de vapeur d'eau via les aéroréfrigérants. La vapeur d'eau est, il faut le rappeler, un gaz à effet de serre.
    .Références
    [1] Note CRIIRAD N°09-25 / Mine de Charbon et centrale thermique de production d'électricité SONICHAR à Tchirozérine (Niger) / B. Chareyron, 16 juin 2009.
    [2] Note CRIIRAD N°08-02 / AREVA uranium Niger : du discours à la réalité / L'exemple des mines d'uranium du Niger / B. Chareyron, 30 janvier 2008.
    [3] AREVA / Etude d'impact sur l'environnement / Exploitation du Gisement d'Imouraren.
    [4] Note CRIIRAD / Impact radiologique de 50 années d'extraction de l'uranium en France. Exiger de COGEMA-AREVA un réaménagement satisfaisant des sites / B. Chareyron, 2005.
    [5] Communiqué de presse CRIIRAD du 15 mai 2007 / « La CRIIRAD et AGHIR IN MAN demandent l'enlèvement sans délai des déchets radioactifs découverts dans les rues d'Akokan au Niger et interpellent Mme Lauvergeon présidente d'AREVA sur les pratiques des filiales de son groupe ».
    [6] GREENPEACE Briefing / Les mines d'uranium au Niger / La radioactivité dans les rues d'Akokan / Novembre 2009 / Rianne Teule.
    [7] Rapport CRIIRAD N°09-118 / Contamination radiologique relevée en 2009 sur l'ancien site minier uranifère de COMUF-AREVA à Mounana (Gabon) / B Chareyron, 7 décembre 2009.
    [8] Usine COMURHEX II à Malvesi / Volume 2 / Etude d'Impact (enquête publique année 2009).
    [9] Rapport CRIIRAD N°06-88 / Impact radiologique de l'usine COMURHEX (groupe AREVA) de Malvesi (Aude) / B. Chareyron, 13 novembre 2006
    [10] Note CRIIRAD N°09-102 / B. Chareyron, 15 septembre 2009.
    [11] AREVA NC / Etablissement de la Hague / Rapport environnemental, social et sociétal 2007.
    Source : http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/101209/nucleaire-les-mensonges-de-mme-lauvergeon



    Bref aperçu du secteur minier
    « Un sous-sol riche en ressources minières, mais sous-exploité »
    • le secteur minier du Niger représente environ 3% du PIB du pays avec une contribution estimée à environ 40% des recettes d'exportation.
    • L’industrie extractive au Niger a longtemps été dominée par l’exploitation de l’uranium. Cependant depuis l’adoption du nouveau code minier le Niger a accueilli de nouveaux partenaires et intensifier les travaux de recherche pour la découverte et l’exploitation des autres substances comme l’or, le charbon, le cuivre…
    • Des activités de recherches minières et pétrolières en plein développement : de nombreux programmes d'exploration sont menés au Niger par le gouvernement et les partenaires multilatéraux.
    • Les recherches ont abouti à la mise en évidence de nombreux indices de cuivre, de nickel, de chrome, de charbon, de titane, de vanadium, de manganèse, de lithium, de platine, d’argent, de pierres précieuses...
    • D'importants gisements de fer, de phosphates, de sel et plusieurs travaux d'exploration en cours pour la certification des gisement d’uranium, du charbon, du calcaire, du gypse, de l'or et de l'étain.
    • Le secteur minier au Niger est composé d’une quarantaine de sociétés minières opérant sur près de 150 titres miniers pour la plupart liée à l'uranium, à l'or et aux métaux de base.
    Au Niger l’industrie extractive est composée essentiellement de six grandes entreprises détenues conjointement par l’Etat et des actionnaires étrangers.
    • SOMAÏR: mine d'uranium de 26.729 TU (Air Région)
    • COMINAK: une mine d'uranium souterraine de 57.674 TU (Akouta Région)
    • Compagnie des mines de Liptako (SML), mine d'or à ciel ouvert à Samira et Libiri (25T or métal)
    • SONICHAR: exploitation du charbon d’Anou-Araren avec une production de 150.000T par an.
    • SNC : Exploitation des gisement de calcaire de Malbaza
    • Société des Mines d'Azelik SA (SOMINA) : exploitation du gisement d'uranium de Teguida (12,800 TU)
    Exploitation de l’Uranium au Niger
    « Le Niger passe au deuxième rang des plus grands producteurs d'uranium du monde »
    • Le regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire qui a entrainé une importante demande d’uranium a encouragé de nombreux investisseurs à choisir le Niger pour accueillir leurs investissements. Le Ministère des Mines et de l’Energie a enregistré plus de 220 demandes de permis d’exploration d’uranium au cours de la période 2006/2007.
    • Avec l’exploitation du gisement d’Imouraren (200.000 tonnes), le Niger va bientôt doubler sa production annuelle et briguer la deuxième place du classement mondial des producteurs d’uranium. Ce site, qui sera bientôt exploité par le géant de l’énergie nucléaire AREVA a reçu un investissement initial de plus de1,2 milliards d’euros. Cet important investissement permettra de créer près de 1400 emplois directs au Niger et supporter un grand nombre de projet de développement. Imouraren est aujourd’hui le plus grand complexe minier à ciel ouvert d'Afrique et notamment le deuxième plus grand du monde.
    • L'uranium est actuellement exploité au Niger par deux sociétés: SOMAIR et COMINAK. La SOMINA a commencé sa production en 2009.
    Exploration pétrolière et gazière au Niger
    • Le secteur Pétrolier est un secteur relativement jeune qui a connu récemment un booste formidable de 5 milliards de dollars USD pour l’exploitation du bloc d’Agadem dont les réserves sont estimées à environ 350 millions de barils de pétrole a l'Est du Niger.
    • Cet important investissement comprend: un forage d'un minimum de 18 puits d'exploration au cours des huit prochaines années dans un délai de quatre ans, la réalisation de près de 4000 km de levé sismique, la construction d'une raffinerie (20.000 barils par jour, avec une capacité de production annuelle de 1 million de tonnes) et d'un pipeline d’environ 2000 km. La production de pétrole est prévue en 2009.
    • En plus du Bloc d’Agadem le Niger présente un important potentiel en pétrole et gaz naturel. Plusieurs permis d’exploration ont été attribués à des sociétés étrangères.
    • Le projet saharien du gazoduc dont le cout est estimé a environ 10 $ - 12 milliards de dollars, vient accroître l'importance stratégique du Niger pour la livraison du gaz nigérien sur le marché européen.

    Le potentiel aurifère du Niger
    • Il existe d'importantes opportunités d’investissement dans ce secteur précis. Les réserves d'or sont situées dans l'ouest du Niger. En 2006, le Niger se classe au quatrième rang des plus importants producteurs d’or du continent Africain. L’or nigérien représente environ 9% des exportations totales du pays.
    • La Société des Mines du Liptako (SML), a commencé la production d'or à la mine de Samira en Octobre 2004. La pré-production des réserves exploitables de Samira Hill et du Libiri sont estimées à un total de 10,08 millions de tonnes avec une teneur d’environ 3g d'or par tonne. La SML va augmenter la production avec l'ouverture de nouvelles réserves d'or dans le permis de Tiawa.
    • La région de Liptako est la plus attractive en ce qui concerne l’exploration aurifère. Plus d'une vingtaine de permis ont été attribués à des Sociétés Etrangères pour les travaux de recherche.
    • En plus de la production industrielle, l’exploitation artisanale de l’or se poursuit dans le Liptako sur les sites d’orpillages de Koma Bongou et de M’Banga avec une production estimée à 1961 kg (63.048 onces) en 2005.

    Le phosphate « Potentiel d'exportation pour le Niger »
    • Les gisements de phosphates pourraient éventuellement être exploitées pour satisfaire une importante demande en engrais dans les pays de la sous-région. Les gisements de Gaoy Innakeur, estimés à 7,3 millions de tonnes sont situés à 60 kilomètres au nord de Tahoua.

    Le charbon « une réponse possible à l’autosuffisance nigérienne en énergie électrique »
    • Le Niger dispose d'importantes réserves de charbon minéral qui sont malheureusement sous exploitées. Les premières découvertes (10.000.000 tonnes) ont été faites dans la région d'Agadez à Anou-Araren au cours des années 1960. Les travaux de recherches réalisés en 2004 par la coopération canadienne, ont permis de mettre en évidence un important gisement de très bonne qualité d’environ 30.000.000 tonnes dans la région de Salkadamna (Tahoua) sur un périmètre de 28Km2.
    • L’électricité produit à partir du charbon minéral (environ 5.5% de la consommation nationale) est uniquement utilisée pour l’alimentation des mines d’uranium dans le Nord du pays. Des études ont prouvées que ses réserves de charbon pourraient à elles seule satisfaire la totalité de la demande d’électricité du Niger et de ses voisins.

    Le fer « un important gisement pas encore exploité »
    • Les réserves de fer des dépôts des massifs de Termit et Agadem sont estimées à environ 800 millions de tonnes.
    • Les plus grands gisements se trouvent dans la région du Liptako, notamment à Say, Kollo et Kirtachi. Les réserves sont estimées a plus de 1,000 millions de tonnes.
    Le projet ferroviaire pour l’extension du chemin de fer de Parakou (Bénin) à Niamey pourrait rendre l’exploitation de ces gisements beaucoup plus viables.

    © AME TRADE 2009

    lundi 14 décembre 2009

    Pour un retour à l'ordre constitutionnel au Niger L'UE doit appliquer les accords de Cotonou


    Communiqué du collectif Areva ne fera pas la loi au Niger, de la Coordination pour la Sauvegarde de la Démocratie au Niger (CSD) et de Survie, 8/12/2009
    Ce 8 décembre, un émissaire du pouvoir nigérien se déplace à Bruxelles pour débuter les consultations avec l'Union Européenne (UE), conformément aux accords de Cotonou [1]. Nos organisations demandent à l'UE de faire en sorte que ces consultations aboutissent, dans les plus brefs délais, à un retour à l'ordre constitutionnel basé sur la constitution de 1999.

    Par le référendum sur la révision de la constitution en août dernier, le président du Niger, Mamadou Tandja, a  organisé un coup d'Etat constitutionnel pour s’octroyer les pleins pouvoirs et profiter encore de la rente de l'uranium. Il peut ainsi rester à la présidence 3 ans de plus et se représenter à volonté. La société civile, les syndicats et la majorité des partis politiques nigériens refusent cet état de fait et en appellent à une élection présidentielle, au terme du mandat du président le 22 décembre prochain, comme prévu avant la révision constitutionnelle.
    En octobre, malgré les menaces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l'UE, le Niger a maintenu des élections législatives illégitimes. En conséquence, la CEDEAO l’a suspendu au titre d'"une violation grave de son protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance". L'UE a aussi durci le ton, appliquant ce que prévoient les accords de Cotonou en cas de manquements en matière  de droits de l'Homme et de gouvernance : en appeler à des consultations et prendre des mesures conservatoires, notamment la suspension de son aide budgétaire au Niger.
    Ces consultations UE-Niger pouvant aller jusqu'à 120 jours, leur démarrage a été repoussé au maximum par l'Etat nigérien. Cependant l'action conjointe CEDEAO - UE peut inciter le président nigérien à un dialogue avec l'opposition citoyenne et politique, laquelle exige un retour à l'ordre constitutionnel.
    Nous notons avec satisfaction que l'UE ait commencé à appliquer les articles 9 et 96 des Accords révisés de Cotonou qui prévoient la non-exécution de ceux-ci en cas de violation des principes démocratiques et lui demandons de tout faire pour peser sur le cours de la démocratie au Niger, en appliquant ces mesures jusqu'à leur terme, s'il le faut. Nous demandons à l'UE de refuser tout compromis provoqué par des considérations économiques et par une position française complaisante.
    Ces consultations sont une occasion et une chance pour l'Union Européenne de concrétiser son attachement à la démocratie et aux droits de l'Homme. Le retour à l'ordre démocratique au Niger serait un signe porteur d'espoir et de changement pour tous les pays africains, notamment ceux qui organisent des élections en 2010 : Togo, Tchad, Centrafrique, Burkina Faso, Madagascar.

    Contact presse :     - Stéphanie Dubois de Prisque - Chargée de communication Survie

    - Moctar Chekaraou, Membre de la CSD - 06 50 40 59 56

    [1] L'accord de Cotonou signé en 2000 entre l'Union Européenne et les États d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP)  a pour objectif de rétablir les équilibres macro-économiques, de développer le secteur privé, d'améliorer les services sociaux, de favoriser l'intégration régionale, de promouvoir l'égalité des chances hommes-femmes, de protéger l'environnement et d'abolir de manière progressive et réciproque les entraves aux échanges commerciaux

     

    dimanche 13 décembre 2009

    Uranium, l'héritage empoisonné


    Un documentaire de 52' de Dominique HENNEQUIN.
    Une production Nomades TV et Public Sénat avec le soutien du CNC et de la Région Lorraine.
    Rediffusion le :
    dimanche 13/12/2009 à 18h00
    lundi 14/12/2009 à 10h30
    dimanche 20/12/2009 à 09h00
    Durée : 52 minutes

    Uranium, l'héritage empoisonné - Extrait 1
    A Mounana au Gabon, AREVA a cessé les activités de sa filiale, la COMUF, en 1999. Sur place, une pollution radioactive des sols et des maisons construites avec des stériles miniers provoque de nombreuses maladies.
    A Arlit, au nord du Niger, AREVA exploite deux mines depuis quarante ans. On relève aux alentours les mêmes effets : des mineurs locaux et des expatriés souffrent principalement de cancers des poumons.
    Pendant 18 mois, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont enquêté sur les conséquences de
    l'exploitation de l'uranium au Gabon et au Niger et rapporté des images exclusives. A Mounana, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont filmé un vaste site contaminé à la radioactivité et rencontré des victimes. Dans les mines d'Arlit, au Niger, l'équipe entre dans le futur site minier d'Imouraren et donne la parole à la rébellion Touareg.
    Une enquête étayée par de nombreux témoignages et les analyses d'échantillons réalisées par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité).


    Le Niger, l’uranium et les communicants excommunicateurs

    par Samuel Gontier, Telerama, 11 décembre 2009   

    Jacques-Emmanuel Saulnier, brillant porte-parole d’Areva, leader mondial du nucléaire, fait savoir par courrier (1) que « [s]es équipes ont pour instruction de ne plus donner suite à vos sollicitations ». Il s'adresse au réalisateur Dominique Hennequin, à qui il reproche ses propos tenus dans Télérama pour parler de son film Uranium, l'héritage empoisonné, diffusé ce soir sur Public Sénat.  Avant de revenir sur la polémique, attardons-nous d'abord sur deux enquêtes effectuées à Arlit, au Niger, où Areva exploite des mines.

    Jacques-Emmanuel Saulnier dénie à la visite de Dominique Hennequin le caractère d’une « opération de com (…) : Nous aurions choisi une autre audience que celle offerte par Public-Sénat, soyez-en assuré ». On appréciera le compliment adressé à une chaîne pas franchement subversive, qui, dans la mesure de ses faibles moyens, mène cependant une politique ambitieuse en matière de documentaire. Et on n’osera contester cette information fournie par Areva : « Plus de 50 journalistes se sont rendus à Arlit l'an passé. » Parmi eux, Patrick Forestier, qui a réalisé pour Spécial investigation une enquête, Trafic d'uranium, diffusée début novembre sur Canal+. Un petit comparatif avec le travail de Dominique Hennequin, fondé sur quelques extraits, se révèle particulièrement édifiant.

    Pour les deux reporters, la visite des mines d’Arlit ne constitue que la seconde partie de leur document. Dans sa première partie, très intéressante, Patrick Forestier enquête sur l’extraction périlleuse et la destination douteuse de l’uranium des mines clandestines situées en République démocratique du Congo (RDC). De son côté, Dominique Hennequin se rend au Gabon pour mesurer les désastreuses conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation par la Comuf (filiale d’Areva) d’un site fermé en 1999.

    Nous voici au Niger.
    Patrick Forestier y est allé à l’occasion d’une cérémonie bien fréquentée.

    Patrick Forestier descend ensuite dans une mine de la Cominak, qui, « fait exceptionnel, accepte de nous ouvrir les portes de ses boyaux souterrains ». « Exceptionnel », c’est un peu exagéré. Si j’en crois Jacques-Emmanuel Saulnier, cette mine est un vrai moulin à vent. Le reporter y recueille des témoignages sur les conditions de sécurité.

    Visitant lui aussi une mine souterraine de la Cominak, Dominique Hennequin est confronté exactement au même discours. Mais il se permet d’émettre des doutes

    Au fait, où va le radon dont un mineur explique à Patrick Forestier qu’il doit être ventilé pour ne pas les intoxiquer ? L’enquête de Canal+ donne une réponse plutôt succincte.

    Suivra le discours calibré des salariés d’Areva évoqué plus haut. Dominique Hennequin, lui, s’intéresse de plus près à cette pollution atmosphérique. Exprimant de nouveau son scepticisme.

    Chaque gisement d’uranium possède son usine de traitement du minerai qui broie la roche puis en extrait l’uranium naturel pour produire l'uranate, ou « yellow cake », exporté vers les usines d'enrichissement françaises. En visitant l'installation de la Cominak, Patrick Forestier s’arrête d’abord devant le tas de minerai prêt à être traité.

    Patrick Forestier ne le sait peut-être pas, mais il assiste à un rituel très prisé des dirigeants d’Areva, une ordalie qui établit l’innocuité de leur industrie : prendre dans la main un objet peu radioactif et, si l’exposition n’est pas prolongée, peu dangereux (sauf par inhalation ou ingestion, d’où la phrase « Je vais me laver les mains. »). Dominique Hennequin, lui aussi, visite l’usine de traitement de l’uranium. Mais il ne s’attarde pas sur le beau minerai doux au toucher, il s’interroge sur le devenir des boues qui sont produites lors de fabrication de l’uranate. Des boues stockées à l’air libre.


    Au final, le contraste entre les deux enquêtes est saisissant. N’accablons pas Patrick Forestier : il ne s’intéressait pas à la pollution engendrée par l’extraction d’uranium mais aux risques géopolitiques (la prolifération) qu’elle implique. De ce point de vue, son enquête est réussie. N’empêche que le message des communicants est passé. Les abominables mines clandestines de RDC semblent avoir été filmées pour mieux faire admirer le soin avec lequel Areva extrait de l’uranium nickel au Niger – et pour annoncer en conclusion que l’entreprise va implanter son formidable savoir-faire… en RDC (!).

    Dominique Hennequin, de son côté, a creusé son sillon avec rigueur, multipliant les sources d’information : associations, scientifiques, médecins, victimes, juristes, opposants politiques… et Areva, bien sûr. Le tout sans jamais remettre en cause la nécessité d’exploiter l’uranium du Niger pour alimenter les centrales d’EDF. Cette démarche simplement rigoureuse n’a pourtant pas l’heur de plaire aux apôtres de la communication.

    Dans sa lettre, le porte-parole d'Areva met particulièrement en cause une impression confiée à Télérama par Dominique Hennequin. « Notre visite était tellement encadrée, elle m’a rappelé la Corée du Nord », dit le réalisateur (qui a effectué un reportage au pays de Kim Il-sung). « Il est outrancier de comparer l’accueil d’Areva à celui de la Corée du Nord, s’indigne Jacques-Emmanuel Saulnier. Que vous vous livriez à un amalgame géopolitique de ce type pour qualifier la manière dont notre Groupe vous a ouvert ses portes est insultant pour celles et ceux de mes collègues qui, au siège ou au Niger, se sont mobilisés à cet effet. »

    Le porte-parole d’Areva voudrait faire croire
    à une attaque contre des personnes ? Mais Dominique Hennequin parlait d’une ambiance qu’il a ressentie, pas des salariés d’Areva. Le Niger n’est pas la Corée, les communicants de la multinationale ne sont pas les robots d’un régime totalitaire. Ils ont loyalement accepté de répondre aux questions les plus dérangeantes posées par un reporter bien documenté dont la pugnacité les a parfois contraints à exprimer quelques ambiguïtés révélatrices. Quant aux mesures sécuritaires auquel est soumis le Nord Niger, il va de soi qu’elles ont été « décrétées » par le gouvernement, pas par Areva… même si la spoliation de leurs terres pour les besoins de l’exploitation minière n’est pas étrangère aux motivations des rebelles touaregs.

    Dominique Hennequin a donc enfreint le catéchisme d’Areva. Celui-ci est d’une simplicité biblique : « Nous ouvrons grand nos portes et nos fenêtres à quiconque nous sollicite », prêche régulièrement Jacques-Emmanuel Saulnier, moine-soldat du combat pour la « transparence », dans de grands élans œcuméniques. Et c'est vrai (2). Ensuite, si l’enquêteur prend l’initiative de vérifier les dires des communicants, de chercher d’autres sources, d’interroger des personnes « dont on connaît les engagements » – disent-ils pernicieusement… comme si Areva n’avait pas d’engagements ! –, bref, s’il fait son travail de journaliste… Sacrilège ! Le mécréant a abusé de la confiance de ses hôtes, usant de « pratiques déloyales » pour mener une enquête « à charge ».

    Si cela peut le consoler, Dominique Hennequin n’est pas le premier (et sûrement pas le dernier) à subir ce genre d’excommunication de la part d’Areva (ou de la part d’autres entreprises familières du même bréviaire). Au diable les sermons ! Leur seule existence confirme la pertinence du travail réalisé. Après tout, le triste sort réservé aux salariés et riverains des mines africaines ne méritait-il pas une enquête « à charge » ? (1) La lettre d'Areva (ou sur le site d’Areva).
    (2) Il m'a été donné d'apprécier la civilité et la disponibilité dont il sait faire preuve.




    lundi 19 octobre 2009

    Législatives au Niger : La France ne doit pas entériner la dictature

    Communiqué de Survie, 19/10/2009

    L’organisation ce 20 octobre d’élections législatives, boycottées par l’ensemble des forces démocratiques, constitue une nouvelle étape dans la dérive dictatoriale de Mamadou Tandja, à la tête du premier pays fournisseur d’uranium à la France. Nos associations demandent donc l’annulation de ces élections et des sanctions de la France et de l’Union européenne visant au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
    Ce qui est considéré comme un coup d’Etat constitutionnel est le résultat d’un processus de destruction des institutions démocratiques par Mamadou Tandja initié dès la fin de l’année 2008, afin de rester président, en opposition avec la constitution nigérienne. Refusant de se soumettre aux avis de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, il a dissous ces institutions et pris les pleins pouvoirs. Il a alors eu les mains libres pour organiser un référendum-plébiscite, le 4 août, dont les résultats truqués ont été sans surprise : la poursuite de son mandat.
    Avec une nouvelle constitution taillée sur mesure et promulguée le 18 août 2009, Mamadou Tandja reste président jusqu’en 2012 et peut se représenter à volonté. Il devient « le détenteur exclusif du pouvoir exécutif » alors que les prérogatives des députés sont considérablement réduites. Par ailleurs, le Conseil Supérieur de la Communication et la Cour constitutionnelle sont désormais sous sa coupe puisqu’il y nomme plus de la moitié des membres.
    Parallèlement, les dérives autoritaires sont flagrantes : rejet dans l’illégalité des grèves et manifestations, entrave à la liberté de réunion des militants, mise en accusation de 128 députés, plainte contre 8 directeurs de publication, emprisonnement de 50 opposants membres de la CFDR (Coordination des Forces pour la Démocratie et la République, regroupant les 7 centrales syndicales, la majorité des partis politiques, y compris un pan du parti présidentiel et la société civile).
    Ces élections législatives, boycottées par les forces démocratiques, permettront de sceller le coup d’Etat constitutionnel d’un président de plus en plus isolé aux niveaux national et international. Au Niger, adossé aux revenus des industries extractives, il ne tient plus que grâce à une frange minime de l’armée. Depuis 2007, il a distribué 158 permis miniers ou pétroliers par le biais d’un groupe opaque d’affairistes composé notamment de deux de ses fils. Sur la scène internationale, le Niger a subi un fort discrédit : l’Union Européenne a gelé son aide début juillet et nombre de coopérations bilatérales ont suspendue la leur (notamment le Luxembourg et le Danemark).
    Mais Mamadou Tandja est soutenu par la Libye et par la diplomatie française qui freine toute prise de décision ferme de l’Union Européenne. Une attitude en relation évidente avec la position dominante d’Areva au Niger.
    Le 10 août, le Quai d’Orsay a simplement « pris note » des résultats du référendum et a appelé à des législatives avec une large participation des forces politiques, ce qui est une façon de légitimer le régime et de soutenir à mots couverts le président.
    Face à cette situation, l’association Survie se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile nigérienne, rassemblés au sein de la CFDR pour exiger :
    - l’annulation des élections législatives illégales et illégitimes,
    - le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement des institutions dans leur fonction (Assemblée nationale, Cour constitutionnelle), l’annulation du référendum du 4 août dernier et le retour à la constitution de 1999,
    - l’arrêt des poursuites et intimidations à l’encontre des membres de l’opposition démocratique et de la société civile.
    Nous demandons à l’Etat français et à l’Union européenne d’agir dans ce sens en faisant pression sur le régime nigérien par :
    - une condamnation ferme de la dérive dictatoriale depuis 2008,
    - la non-reconnaissance du référendum du 4 août 2009 et des élections législatives du 20 octobre 2009,
    - la suspension de leurs coopérations avec le régime tant que le retour à l’ordre constitutionnel n’est pas effectif,
    - l’application par l’Union Européenne des articles 96 et 97 des Accords révisés de Cotonou : puisque « le respect des droits de l’Homme, des principes démocratiques et de l’État de droit » sont violés, une procédure de consultation devrait être menée et des mesures prises, et la suspension des accords avec le Niger en cas d’absence de solution acceptable.
    La France et l’Union Européenne ne doivent pas se rendre complices, pour les seules raisons del’approvisionnement français en uranium, de l’enterrement de l’expérience démocratique que le Niger a représenté pour l’ensemble du continent africain, prouvant qu’une autre voie que celle de la dictature est possible.
    Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque - Chargée de communication stephanie.duboisdeprisque(a)survie.org 01 44 61 03 25

    mercredi 3 juin 2009

    Survie au Festival Afriqu'à Muret


    Festiva Afriqu'à Muret
    ENTREE LIBRE ET GRATUITE
    AU PARC JEAN JAURES DE MURET (31)
    Théâtre, débats, conférences, concerts
    Voir programme http://www.afriquamuret.ovh.org/

    Samedi 6 juin de 13h30 à 15h Tente littérature
    Parc Jean Jaurès

    La France, le Niger, l'uranium et A.R.E.V.A

    Conférence-débat
    Avec Fausto Giudice, de l'association Survie

    Le 4 mai dernier, Areva inaugure l'exploitation uranifère d'Imouraren, deuxième mine d'uranium du monde :
    Le scandale de l'exploitation de l'uranium nigérien continue.
    · A.R.E.V.A exploite l'uranium au Niger depuis 1968 ce qui ne contribue ni au développement du pays
    · ni à l'amélioration du niveau de vie des Nigériens et a des conséquences sanitaires et sociales désastreuses pour la population.
    · Pour obtenir le contrat d'Imouraren au Niger, Paris a fermé les yeux sur les exactions de l'armée nigérienne au Nord Niger constatées par l'ONU et sur l'éventuelle prolongation du mandat du président nigérien, qui serait anticonstitutionnelle.
    Notre électricité est à 80% d'origine nucléaire.
    Nous ne pouvons pas ignorer l'impact de notre mode de vie sur les populations nigériennes!

    mardi 5 mai 2009

    Areva au Niger : Imouraren, un désastre annoncé !

    Communiqué du Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger*, 4/5/2009

    Ce 4 mai 2009, Areva et les autorités nigériennes inaugurent l’exploitation uranifère d’Imouraren, le plus grand projet industriel jamais envisagé au Niger. Plus importante mine d’uranium d’Afrique et deuxième au monde, Imouraren devrait voir se prolonger le scandale de l'exploitation de l'uranium nigérien.

    Anne Lauvergeon, présidente du groupe français, Mamadou Tandja, président nigérien et l'ambassadeur de France au Niger, font le déplacement. Cette inauguration a lieu un mois après le passage du président Nicolas Sarkozy à Niamey, le 27 mars, venu consacrer l'accord entre le gouvernement nigérien et Areva signé en janvier 2009. Quelques semaines auparavant, la rébellion au Nord Niger sévissant depuis février 2007 avait annoncé une accalmie pour des pourparlers. En somme, tous les acteurs politiques semblent avoir oeuvré pour démarrer rapidement l'activité de la mine.

    Le Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger s'inquiète des conditions de mise en œuvre de ce projet, au niveau écologique, économique et du respect des populations. En effet, Areva, anciennement Cogema, exploite l'uranium au Niger depuis 1968, exploitation qui ne contribue ni au développement du pays ni à l'amélioration du niveau de vie des Nigériens et qui a des conséquences sanitaires et sociales désastreuses pour la population locale (à majorité touareg) et pour l'environnement.
    La relation bien particulière de la France avec le Niger avait permis par le passé un accès exclusif à l'uranium à un prix ridicule, grâce à un accord signé en 1961. Le contrat d'Imouraren reste dans la même lignée : le gouvernement nigérien n'a que 33% des parts de la société d'exploitation tandis que le prix d'achat de l'uranium reste bien en deçà des cours du marché international.
    Les mesures de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) de 2004 et 2005 montrent que les eaux distribuées dans la ville minière d’Arlit où opère Areva ne sont pas aux normes de potabilité, avec un taux de contamination dépassant de 7 à 110 fois les recommandations de l'OMS. La surconsommation d’eau nécessaire aux mines contribue à l’épuisement accéléré des ressources fossiles dans une région qui en manque cruellement.
    Selon la CRIIRAD encore, d'énormes masses de déchets radioactifs, dits improprement « stériles », et des boues radioactives générant des poussières et des gaz comme le radon sont laissées à l’air libre. Un « stérile » a même été identifié à l’entrée de l’hôpital d’Arlit ! Pire, des ferrailles contaminées sont utilisées par la population, l’exposant ainsi directement à la radioactivité.
    Alors que la société civile nigérienne (notamment l'association Aghir In Man, le réseau ROTAB, …) a alerté Areva et les responsables politiques nigériens sur la question, rien n'a été fait pour revoir cette faite gestion faite au mépris des populations. Il y a fort à craindre qu'Areva s'apprête à reproduire les même conditions d’exploitation à Imouraren, une mine à ciel ouvert beaucoup plus étendue, située à proximité de zones habitées et de zones de pâturages primordiales pour les populations locales. Rien que du fait des simples explorations précédant la future extraction, le site de la mine a d’ores et déjà un taux de radioactivité particulièrement élevé. Les résultats de l'étude d'impact réalisée par Areva sont quasi confidentiels et aucune contre-expertise scientifique indépendante garantissant la fiabilité des données n'existe, ce qu'ont pourtant exigé la société civile et des responsables locaux.
    Les enjeux liés à l'eau, à l'accès à la terre et aux conséquences sociales ne semblent pas non plus faire partie des préoccupations du gouvernement français. De même, les décisions liées au nucléaire sont discrétionnaires et émanent directement de l'Élysée. Ainsi, l'exploitation de l'uranium au Niger se trouve dans une double opacité.
    Pour obtenir le contrat d'Imouraren au Niger, Paris a soigneusement évité d'évoquer les questions qui fâchent relatives aux exactions de l'armée nigérienne au Nord Niger constatées par l'ONU ou de revenir sur l'éventuelle prolongation du mandat du président nigérien, qui serait anticonstitutionnelle, alors que les élections présidentielles sont prévues en décembre 2009.
    Le Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger demande, pour le site d’Imouraren, qu’Areva et le gouvernement nigérien assurent :
    - un moratoire sur la mise en exploitation de la mine tant qu'une étude d'impact indépendante n'aura pas été faite et n'aura pas rendu ses conclusions
    - la reconnaissance et la réparation par Areva des dommages sociaux et environnementaux que ses exploitations ont commis au Niger
    - la mise en oeuvre de l'ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) dès mars 2010 comme annoncé par le gouvernement nigérien pour que la population bénéficie effectivement de l'exploitation des ressources naturelles
    - que tous les travailleurs de la mine ET les populations vivant à proximité de l'exploitation bénéficient d'un examen médical complet, d'une évaluation rétrospective des doses subies et de l'inscription dans un programme de suivi sanitaire à long terme réalisé par des organismes médicaux compétents et indépendants
    - que des taxes parafiscales, comme il en existe en France, soient prélevées et confiées à un organisme de gestion spécialisé et indépendant pour la remise en état des sites après extraction et pour une gestion saine, équitable et concertée des ressources en eau.


    Contacts presse
    Tchinaghen : Anne Roussel –
    roussel_annesimone@yahoo.fr - 06 62 56 96 13
    Samira Clady –
    clady.samira@neuf.fr - 06 85 05 07 74
    Survie : Stéphanie Dubois de Prisque -
    stephanie.duboisdeprisque@survie.org - 01 44 61 03 25

    * Le Collectif est constitué par %Attac - Cedetim - CNT - Collectif Tchinaghen - Les Verts - NPA-Réseau Sortir du Nucléaire - Sud Energie/Solidaires - Survie - Via Campesina
    Email : arevaneferapaslaloi@gmail.com - Site : http://areva.niger.free.fr/

    Écouter le reportage de RFI sur l’inauguration

    Lire aussi
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    "La Françafrique au secours de l’uranium" d’Imouraren : Areva propose d’aider Tandja à "mater la rébellion touarègue"
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