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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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samedi 11 juin 2011

La Dette ou la Vie : un livre nécessaire

Alors que les politiques d’austérité se développent en Europe, le CADTM sort son nouveau livre !
Pour le recevoir au plus vite, vous pouvez le commander directement au CADTM (chèque à l’ordre du CADTM en précisant nom et adresse de livraison) : 
France : CADTM, 17 rue de la Bate, 45150 Jargeau, France (france@cadtm.org) 
Belgique : CADTM, 345 avenue de l’Observatoire, 4000 Liège, Belgique (belgique@cadtm.org)
384 pages - 20 euros 
ISBN Aden : 978-2-930402-96-3 / ISBN CADTM : 978-2-930443-16-4

«  La Dette ou la Vie  » 
Sous la direction de Damien Millet et Eric Toussaint
En 2007-2008 éclate la crise la plus importante depuis celle de 1929. Les banques sont sauvées à coup de centaines de milliards de dollars et d’euros par les petits soldats du G20 aux ordres de la finance mondiale et les États financent ce sauvetage en appliquant au Nord l’équivalent des plans d’ajustement structurel de sinistre mémoire au Sud. Cet ouvrage analyse méticuleusement l’enchaînement des processus ayant submergé le Nord à cette occasion, des États-Unis à la Grèce, de l’Islande aux pays d’Europe de l’Est, du Japon à la zone euro, tout en examinant les conséquences pour le Sud.
Il y avait le premier monde, celui du bloc occidental sous la guerre froide ; le deuxième monde, celui du bloc soviétique ; le tiers-monde regroupant les peuples du Sud soumis aux diktats des deux autres mondes. Le deuxième monde s’est effondré au début des années 1990 avec la chute du Mur de Berlin. Aujourd’hui, avec la crise qui a éclaté aux États-Unis en 2007-2008, c’est le premier monde qui bascule. La face de la planète entière s’en trouve durablement changée. Il reste deux catégories principales : la poignée de ceux qui profitent de ce capitalisme inique, et la grande majorité qui le subit. Cet ouvrage veut expliquer ce changement fondamental et apporter des alternatives radicales pour s’attaquer à cette logique dont nous ne voulons pas.

Les Auteurs

Olivier Bonfond, économiste, CADTM Belgique (Liège) 
Jérôme Duval, Patas Arriba / CADTM Espagne (Valence) 
Pascal Franchet, contrôleur des impôts, CADTM France (Rennes) 
Antony Guillonneau, économiste, stagiaire au CADTM (Bordeaux) 
Yvette et Mike Krolikowski, CADTM France (Nîmes) 
Cécile Lamarque, CADTM Belgique (Liège) 
Damien Millet (dir.), professeur, porte-parole du CADTM France (Orléans) 
Daniel Munevar, économiste, CADTM Colombie (Bogota) 
Virginie de Romanet, CADTM Belgique (Bruxelles) 
Éric Toussaint (dir.), docteur en sciences politiques, président du CADTM Belgique (Liège) 
Renaud Vivien, juriste, CADTM Belgique (Liège) 
Darius Zalega, collaborateur du Monde diplomatique, Pologne (Katowice)

Table des matières

Introduction 
Extension des domaines de la lutte 
- Damien Millet
Chapitre 1 
Historique et perspectives de la crise de la dette au Nord 
- Éric Toussaint 
Une politique du choc différée - La crise de la dette menace les banquiers européens - Au secours des banques ouest-européennes et états-uniennes – La peur des dominos - Une dette privée bien plus lourde - Après les plans d’austérité en Europe.
Chapitre 2 
La religion du marché 

- Éric Toussaint 
Les milliards du culte - Sacrifices sur l’autel.
Chapitre 3 
Le retour en force du FMI en Europe 

- Jérôme Duval 
Une crise qui tombe à pic - Derrière la rhétorique du changement, toujours le même FMI - La Hongrie empêchée de choisir une autre voie - L’Ukraine empêchée d’augmenter les salaires - Le FMI salue l’austérité, la Lettonie la juge inconstitutionnelle - La Roumanie et la Serbie sous le choc de l’austérité - Déni de démocratie en Grèce - L’Irlande emboîte le pas - Préparer les opinions publiques - L’Europe des peuples - Quelques rappels utiles sur Dominique Strauss-Kahn - Ultralibéral, anti-démocratique et pro-Washington.
Chapitre 4 
Islande : du paradis à l’enfer grâce aux marchés
 

- Yvette et Mike Krolikowski 
Désastreuses privatisations – L’arrivée du FMI - Icesave : la population refuse de payer - Nouvel accord en vue - Une nouvelle Constitution ? – Triste état des lieux.
Chapitre 5 
Grèce : Tout un symbole de dette illégitime
 

- Éric Toussaint 
Des éléments évidents d’illégitimité de la dette publique - L’emballement de l’endettement au cours de la dernière décennie - Le comportement odieux de la Commission européenne - Multiples atteintes aux droits sociaux depuis 2010 - L’exigence d’un audit de la dette gagne du terrain.
Chapitre 6 
La crise irlandaise : fiasco complet du néolibéralisme
 

- Éric Toussaint 
L’Irlande, un exemple ? - Aide insuffisante contre austérité fracassante.
Chapitre 7 
Europe de l’Est : entre pays émergents et Union européenne
 

- Daniel Munevar 
Financement externe et expansion du secteur bancaire européen - Crédit privé et spéculation - Crise économique et dette publique - L’augmentation de la dette publique est le résultat, et non la cause.
Chapitre 8 
Pologne, la domination des fonds de pension
 

- Darius Zalega 
Privatisation des profits, socialisation des pertes - Le nœud coulant de la dette – Croisade bruxelloise.
Chapitre 9 
L’Union européenne et la zone euro en crise
 

- Éric Toussaint 
Une intégration européenne jugée très négative - Un centre et une périphérie au sein de l’UE - Les aides empoisonnées de la Commission européenne et du FMI - L’émission des eurobonds - La perspective d’un plan Brady pour les pays européens les plus endettés.
Chapitre 10 
Dette publique de la France : des vérités qui dérangent 

- Pascal Franchet 
Une campagne idéologique mensongère - Quelle charge de la dette ? - Rétablir la réalité des chiffres - Des remboursements colossaux - 37 % des dépenses publiques - Vers une remise en cause de cette dette publique ?.
Chapitre 11 
La Belgique menacée par sa dette
 

- Olivier Bonfond 
Ajustement structurel à la sauce belge - Une gestion saine de la dette publique (1993–2007) ? - Au final, combien la Belgique a-t-elle remboursé depuis la crise de la dette de 1982 ? - Crise capitaliste et dette publique belge - Vers une crise de la dette belge ?.
Chapitre 12 
Alternatives pour une Union européenne solidaire
 

- Éric Toussaint 
Réaliser un audit de la dette publique afin d’annuler la partie illégitime – Stopper les plans d’austérité, ils sont injustes et approfondissent la crise - Instaurer une véritable justice fiscale européenne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les transactions avec les paradis judiciaires et fiscaux. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches – Remettre au pas les marchés financiers, notamment par la création d’un registre des propriétaires de titres, par l’interdiction des ventes à découvert et de la spéculation dans une série de domaines. Créer une agence publique européenne de notation – Transférer sous contrôle citoyen les banques au secteur public – Socialiser les nombreuses entreprises et services privatisés depuis 1980 – Réduire radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites – Refonder démocratiquement une autre Union européenne basée sur la solidarité.
Chapitre 13 
Convergences entre mouvements sociaux en Europe
 

- Éric Toussaint
Chapitre 14 
États-Unis, antre de la dérégulation financière 

- Daniel Munevar 
Régulation financière et stabilité économique - L’âge d’or de la déréglementation : l’administration Clinton - Guerres et baisses d’impôts : l’administration de Georges W. Bush - La Grande Récession : causes et conséquences - Dette publique aux États-Unis : quelles perspectives ?
Chapitre 15 
Décennies perdues au Japon
 

- Daniel Munevar 
Un scénario familier - Une dette publique colossale, mais apparemment sous contrôle.
Chapitre 16 
Quels sont les points communs entre dette publique des pays en développement et dette publique au Nord ?
 

- Damien Millet et Éric Toussaint 
Mêmes créanciers, mêmes effets… - FMI partout, justice nulle part !.
Chapitre 17 
La dette publique : cette aliénation de l’État
 

- Karl Marx
Chapitre 18 
Dangereuse insouciance pour la dette publique au Sud
 

- Éric Toussaint 
Des montants astronomiques au Nord - Une conjoncture qui génère des illusions - Des évolutions que le Sud n’est pas en mesure de contrôler - Des actions énergiques pour empêcher un bégaiement de l’Histoire - Stiglitz apporte de l’eau au moulin de la suspension de paiement.
Chapitre 19 
Là où le Sud nous montre la voie
 

- Éric Toussaint 
Audit de la dette publique sous contrôle citoyen - Recours par les États à des « actes souverains » - La Constitution équatorienne : un modèle en matière d’endettement public - Développer des initiatives d’intégration régionale qui renforcent la solidarité - Fathi Chamkhi devant le Parlement européen.
Chapitre 20 
Comment suspendre le paiement des dettes publiques sur une base légale
 

- Cécile Lamarque et Renaud Vivien 
Rembourser la dette publique n’est pas une fatalité - Une austérité à l’encontre des obligations relatives aux droits humains - Quels textes juridiques invoquer ?.
Chapitre 21 
Comment déclarer la nullité des dettes publiques en toute légalité
 

- Cécile Lamarque et Renaud Vivien 
Les vices du consentement - La cause illicite ou immorale du contrat - L’usage illicite des fonds prêtés - Pour des actes unilatéraux contre la dette illégitime.
Annexe 1 
Les chiffres de la dette 2011
 

- Damien Millet, Daniel Munevar et Éric Toussaint
Annexe 2 
Les plans d’austérité en Europe
 

- Antony Guillonneau et Virginie de Romanet
Glossaire

mercredi 5 janvier 2011

Le CADTM : 20 ans de lutte aux côtés des exploité(e)s


Exposé de conclusion de la journée de célébration du 20e anniversaire du CADTM, réalisée à Bruxelles (Belgique) le 27 novembre 2010, par Éric Toussaint
 
Depuis 20 ans maintenant, le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) s’est caractérisé par son combat contre la dette qui est utilisée par les créanciers comme un puissant instrument de domination et de pompage de richesses. Sans relâche, le CADTM a su, à partir de cette question placée au cœur de son combat, tisser des liens avec les luttes du monde entier, sur des thématiques diverses, afin de formuler une analyse globale du système capitaliste et d’avancer des alternatives.
  1. Depuis 20 ans maintenant, le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) s’est caractérisé par son combat contre la dette qui est utilisée par les créanciers comme un puissant instrument de domination et de pompage de richesses. Sans relâche, le CADTM a su, à partir de cette question placée au cœur de son combat, tisser des liens avec les luttes du monde entier, sur des thématiques diverses, afin de formuler une analyse globale du système capitaliste et d’avancer des alternatives (voir la charte politique du réseau international CADTM). Vingt ans après sa création, le CADTM est aujourd’hui un réseau international horizontal présent dans plus de 30 pays répartis sur 4 continents. Voir également la charte de fonctionnement du réseau CADTM international.
     
  2. Le CADTM est convaincu qu’il n’y aura pas de changements révolutionnaires mondiaux sans une multitude de combats locaux. C’est pourquoi la dimension locale (quartier, ville, région...) est primordiale à condition qu’elle soit systématiquement reliée à la dimension internationale.
     
  3. Depuis sa création, le CADTM a mis un point d’honneur à inviter lors d’événements publics des représentant-e-s des luttes en provenance des 4 coins de la planète afin de favoriser les convergences. C’est ainsi qu’il a invité des ouvriers d’usines en grève en Belgique (par exemple, les sidérurgistes des Forges de Clabecq qui ont mené une lutte très dure et exemplaire), des représentants de la mouvance zapatiste du Mexique, Rosario Ibarra combattante mexicaine des droits humains, Vandana Shiva féministe d’Inde en pointe dans le combat écologiste, des représentants du mouvement indigène d’Equateur, du Mouvement des Sans Terre du Brésil, une multitude de militantes et militants d’Afrique, Lidy Nacpil (Philippines) et Beverly Keene (Argentine) de Jubilé Sud, Adolfo Perez Esquivel (Argentine) prix Nobel de la Paix, René Dumont agronome combattant écologiste, l’évêque Jacques Gaillot quand il a reçu un coup de crosse du Vatican pour son combat radical du côté des opprimés, Albert Jacquard généticien, Alejandro Olmos d’Argentine et bien d’autres représentants et représentantes des luttes pour un autre monde possible.

  4. A partir de l’angle d’attaque de la dette et convaincu qu’il fallait renforcer une puissante dynamique altermondialiste, le CADTM a participé très activement à la création du Forum social mondial à Porto Alegre au Brésil en 2001. Il a contribué à renforcer l’assemblée mondiale des mouvements sociaux, a participé à la fondation du Forum social de Belgique (et les organisations membres du réseau international CADTM ont fait de même dans leur pays respectif) et du Forum social européen. L’objectif poursuivi : construire des outils de transformation du monde. De ce point de vue, notre bilan est tout à fait honorable, bien qu’il y ait encore énormément de choses à faire. Il faut continuer la lutte sans relâche et avec enthousiasme.

 Discours de clôture d’Eric Toussaint
  1. Le CADTM est un mouvement social international et a, en ce sens, un fonctionnement et des objectifs différents de nombreuses ONG.

    Beaucoup d’ONG, en fonction de leur plan d’action dont dépend leur financement, changent régulièrement de thématique, passant par exemple du travail décent à la souveraineté alimentaire, de la dette du tiers-monde au changement climatique...

    Le CADTM souhaite développer une continuité de thématique tout en étant ouvert activement aux combats des autres. Le CADTM a essayé de participer à une multitude de combats tout en mettant constamment la question de la dette au centre des préoccupations des autres. L’enjeu pour le CADTM est que les autres mouvements, comme par exemple la Marche Mondiale des Femmes (MMF), intègrent la problématique de la dette dans leur thématique. Simultanément, le CADTM lui-même intègre le combat féministe dans ses propres analyses, sa pratique quotidienne et sa stratégie d’action. Ce n’est qu’un exemple, on pourrait en mentionner de nombreux autres : la participation au combat pour la justice climatique, pour la promotion des droits humains (qu’ils soient politiques, civils, économiques, sociaux ou culturel conçus comme indivisibles), pour la souveraineté alimentaire, pour la démilitarisation… j’en oublie et non des moindres. 

  2. Après toutes ces années consacrées à la lutte pour l’annulation de la dette, on s’aperçoit aujourd’hui que la question centrale dans les pays européens est la dette publique dans le sens où toutes les politiques sociales et économiques menées par les gouvernements en place prennent prétexte de l’explosion récente de la dette publique pour tenter d’imposer de véritables plans d’ajustement structurel avec leur cortège d’atteintes aux droits sociaux fondamentaux. Que l’on soit en Belgique, en Roumanie, en France, en Espagne, en Grèce, en Pologne, en Grande Bretagne, en Irlande... dans tous les pays de l’Union européenne et en dehors de celle-ci, la dette publique est devenue un thème central. La dette qui constitue une préoccupation vitale pour les populations des pays du Sud de la planète est venue aussi sur le devant de la scène dans les pays du Nord. Notre démarche qui consistait à faire converger les luttes au Nord et au Sud s’en retrouve incontestablement renforcée.
     
  3. Le CADTM a développé une expertise au service des mouvements sociaux. Beaucoup de think tank, de bureaux d’étude (même politiquement à gauche) donnent la priorité au lobbying afin d’influencer des gouvernements, des ministres, des parlementaires, les dirigeants d’institution comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Ils produisent des recherches et des plaidoyers avec pour interlocuteurs principaux les gouvernants et les directions des institutions du pouvoir. Notre option a été de nous placer du côté des mouvements sociaux, de produire une analyse pertinente et de la mettre à la disposition des citoyennes et des citoyens de base organisés en association, la « société civile d’en bas » comme dirait François Houtart. Cela a un effet démultiplicateur car si réellement cette analyse est prise en compte par les mouvements sociaux, par la société civile d’en bas, alors cela percole vers les lieux du pouvoir car un rapport de force se constitue. Cela devient un thème qui est un centre d’intérêt de l’opinion publique, un thème de mobilisation à la base, dans la rue. Alors le pouvoir politique est obligé d’en tenir compte.
À l’occasion de l’anniversaire du CADTM, discours de François Houtart (fondateur du Centre Tricontinental et de la revue Alternatives Sud)
  1. Les institutions financières internationales (BM, FMI), quand elles invitent les ONG et d’autres composantes de la société civile, veulent juste passer devant les caméras pour faire croire qu’elles pratiquent un véritable dialogue. Les représentants des IFI adoptent un discours creux, ronflant, ils veulent donner l’impression d’avoir compris leurs erreurs, ils font leur acte de contrition et affirment qu’ils sont en train de changer leur mode d’opérer, mais en réalité ils appliquent la même logique néolibérale du tout marché et tout pour l’exportation. Le CADTM est disposé à participer à des confrontations publiques avec ces institutions afin notamment de leur demander des comptes et d’améliorer la connaissance du public en portant la contradiction par des débats publics. En revanche, le CADTM se refuse à participer à des organes de concertation permanente avec celles-ci. Le CADTM refuse d’être instrumentalisé.

  2. Le CADTM recherche l’unité entre les organisations qui travaillent sur le même thème, même si elles ont un point de vue différent. Cela vaut pour Jubilé Sud dont nous avons soutenu l’action dès sa création en 1999, cela vaut aussi pour Eurodad, basé à Bruxelles, qui donne la priorité au lobbying. Cela vaut pour Latindadd, ce réseau latino américain basé au Pérou. Cela vaut pour tous les mouvements qui agissent pour une solution au problème de la dette. Depuis 2007, nous avons contribué à mettre en place une coordination permanente entre tous les mouvements qui agissent sur la question de la dette des pays en développement, nous avons également réussi à organiser ensemble chaque année une semaine globale d’action contre la dette et les IFI. Même si nous n’avons pas exactement la même approche quant au contenu des analyses et des revendications, même si nous différons quant à la stratégie, cela ne nous a jamais empêché d’essayer de travailler ensemble, car c’est le meilleur moyen d’atteindre des résultats. Une des armes de ceux que nous combattons consiste à nous diviser, c’est pour cela qu’il faut chercher l’unité. Pas à n’importe quel prix bien sûr. Mais il faut faire des efforts extrêmement importants pour atteindre l’unité entre des mouvements différents qui agissent sur un même thème.

  3. Il faut aussi la convergence entre organisations qui travaillent sur des thématiques différentes et sont composées différemment (Via Campesina, syndicats de salariés, ATTAC...), il faut converger entre ceux et celles qui travaillent avec pour priorité la question des droits humains, les autres sur la libération des femmes, etc. Il est fondamental que les partis politiques, les mouvements sociaux, les organisations de citoyens, des ONG de gauche travaillent ensemble au changement. Dans cette perspective-là, nous avons convoqué le 29 septembre 2010 à Bruxelles une réunion de tous les mouvements sociaux, des citoyens et des partis politiques qui sont prêts à affronter en Europe l’utilisation de la dette publique comme prétexte pour mettre en place des plans d’austérité. Des partis politiques et des mouvements sociaux d’orientations différentes se sont mis autour de la table afin notamment de convoquer en 2011 une grande conférence européenne contre la dette et les politiques d’austérité. Il faut aussi bien sûr l’unité entre les peuples du Nord et du Sud de la planète, c’est le cœur de notre démarche. Le CADTM déploie beaucoup d’énergie afin de faire entendre au Nord, les voix du Sud, Les Autres Voix de la Planète.
     
À l’occasion des 20 ans du CADTM, un hommage a été rendu à Denise Comanne (1949-2010), co- fondatrice du CADTM, féministe engagée dans les luttes locales et internationales contre le capitalisme, le racisme et le patriarcat et à Jos Geudens (1947-2010), co-fondateur du CADTM.
  1. Dans ce monde capitaliste globalisé, une série de peuples dont la boussole, les valeurs de vie et la vision du monde ne sont pas le tout au marché, la priorité à la propriété privée et l’accumulation de richesses personnelles se sont fait entendre grâce à leur action résolue en faveur du rejet du capitalisme et des politiques néolibérales extractivistes. C’est le cas notamment des peuples originaires, les populations indigènes d’Amérique latine par exemple Y compris au Nord, des collectivités ont maintenu, face à la logique capitaliste, un autre type d’options. Des secteurs de la population, notamment dans la jeunesse, cherchent par des luttes et leur mode de vie à rompre avec la logique productiviste capitaliste. On pourrait aussi mentionner les réseaux d’économie solidaire, d’échanges de services. L’autre monde possible pour lequel nous agissons est basé partiellement là-dessus. Bien sûr, pour réaliser concrètement cet autre monde possible, il faut une authentique révolution à tous les niveaux.
     
  2. Au delà de l’action de conscientisation, notre travail a-t-il était utile ? La réponse est affirmative. Nous avons contribué très concrètement à la réalisation de l’audit de la dette équatorienne en 2007-2008, à partir du moment où le gouvernement de ce pays a décidé de poser un acte unilatéral souverain pour trouver un début de solution au problème du remboursement de la dette qui représentait alors 38% du budget de l’Etat. Nous avons été en ce sens très utile, puisqu’une partie de la dette de l’Équateur a été éliminée pour un montant de 3,2 milliards de dollars (plus les intérêts qui restaient à payer jusqu’en 2030). Nous avons contribué, certes modestement, à ce que la nouvelle Constitution de l’Équateur contienne toute une série d’articles pour empêcher que se perpétue la question de la dépendance à l’égard de la dette publique. Un peu auparavant, nous avions contribué à ce que le Paraguay décide de répudier une dette illégale contractée auprès de banques suisses. Le CADTM a également contribué par ses conseils à la mise en place d’une Banque du Sud entre 7 pays d’Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay, Uruguay, Venezuela) dont l’activité devrait prochainement débuter. On le voit, lorsque des gouvernements progressistes nous ont demandé notre concours, nous avons été prêts à prendre nos responsabilités. Cela ne nous a jamais empêchés d’exprimer des critiques à leur égard. De plus, le CADTM a développé une expertise sur la dette et ses alternatives qui permet à toute organisation ou à tout gouvernement qui souhaite lutter réellement contre la dette de trouver des outils déjà prêts dans ce but.
     
  3. Le CADTM a une boussole, un critère fondamental : être toujours et partout du côté de celles et de ceux qui sont exploité-e-s ou opprimé-e-s. Notre critère fondamental dans toutes les actions que nous entreprenons, y compris quand nous envisageons d’apporter notre soutien à certains gouvernements de gauche comme c’est le cas en Amérique latine, est : cela vient-il en aide à celles et ceux qui sont exploités pour progresser vers leur émancipation ? Si la réponse est positive, alors nous fonçons à leurs côtés !
Source :  CADTM

vendredi 5 novembre 2010

Du Sud au Nord, le FMI et le système dette

Semaine de la Solidarité Internationale
ATTAC Nîmes et le CADTM proposent une soirée-débat
Du Sud au Nord,
le FMI et le système dette

Vendredi 19 novembre - 20h
Salle Tango Paseo

72 rue San Lucar, Mas Carbonnel à Nîmes
avec
Jérôme DUVAL
CADTM/ATTAC Valencia - Espagne
PDF - 442.2 ko
Flyer
Outil au service des grands créanciers, le FMI piétine les droits humains fondamentaux pour imposer ses politiques néolibérales au Nord comme au Sud.
De concert avec l’Union Européenne, il poursuit imperturbablement la même politique néolibérale qu’il distille depuis les années 1980 aux pays en développement avec ses « plans d’ajustement structurel », baptisés au Nord « plans de rigueur » ou « mesures d’austérité » : réduction ou gel des salaires de la fonction publique, réduction des pensions de retraite, privatisations des entreprises publiques, etc.