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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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jeudi 30 septembre 2010

La politique du génocide : Rwanda et République Démocratique du Congo

par  Martin Shaw, 16/9/2010. Traduit par  Isabelle Rousselot, édité par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Une lecture révisionniste du génocide du Rwanda en 1994 avalisée par Noam Chomsky confirme l’aveuglement moral de la gauche négationniste, écrit Martin Shaw.
Les guerres politiques autour de l’histoire du génocide sont plus que manifestes dans les controverses au sujet de l’Holocauste (voir "The Holocaust, genocide studies, and politics"- L’Holocauste, études sur le génocide et politique - 18 août 2010). Mais elles sont également en train de s'exacerber autour du Rwanda où, en 1994, le régime du “Hutu Power” a tué des centaines de milliers de Tutsis ainsi que des Hutus modérés (voir Gérard Prunier, The Rwanda Crisis, 1954-94: History of a Genocide – La crise au Rwanda, 1954-94 : histoire d'un génocide - C Hurst, 2ème édition, 1998).

Le contexte politique de cette évolution est que le gouvernement du Front Patriotique rwandais (FPR) dirigé par Paul Kagame – qui a mis fin au génocide en prenant le pouvoir – est autant déterminé à utiliser la culpabilité de l’Occident qui a échoué à arrêter le génocide de 1994, pour assurer sa propre impunité que d'exploiter les victimes du génocide du Rwanda afin de détourner les critiques sur son autoritarisme en politique intérieure et son agressivité en politique étrangère.
Cette stratégie n'est pas très effective en réalité. Un véritable mouvement s'amplifie pour que le FPR reconnaisse sa propre responsabilité dans les massacres des civils, particulièrement des Hutus, conduisant à ce qu’on l’accuse d'avoir lui aussi commis un génocide. Jusqu'à présent, l'attention s'est surtout concentrée sur les massacres à l'intérieur du Rwanda, durant l'invasion du FPR en 1994 et la consolidation du pouvoir qui s'est ensuivie, notoirement à Kibeho en 1995.
Ces événements ont conduit certains propagandistes hutus à avancer la théorie du « double génocide ». C'est une idée simpliste et déformée car les massacres du FPR étaient localisés, sans atteindre l'envergure nationale ni le ciblage systématique qu’a eu l'énorme campagne de meurtres du pouvoir hutu. Néanmoins, il n'y a aucun doute que le FPR ait commis des massacres génocidaires des civils hutus.
Les projecteurs sont cependant aujourd'hui braqués sur les conséquences du génocide de 1994, lorsque le FPR poursuivit les génocidaires hutus jusqu'à ce qui était à l'époque, le Zaïre (aujourd'hui la République démocratique du Congo), initiant des guerres dévastatrices qui ont englouti le pays jusqu'en 2003 et continuent même à ce jour, dans certaines régions. Dans ces guerres, un déploiement constant (et pour les profanes, déconcertant) d'États et de groupes armés congolais ont combattu les uns contre les autres et commis des atrocités (y compris des viols systématiques) contre les civils.
Un nouveau rapport
Gérard Prunier, dans son étude monumentale consacrée aux guerres du Congo - From Genocide to Continental War: The 'Congolese' Conflict and the Crisis of Contemporary Africa (Du génocide à la guerre continentale : le conflit congolais et la crise de l'Afrique contemporaine - C Hurst, 2009) explique que le régime du FPR demeure le participant extérieur le plus constant et le plus déterminé dans ces conflits ; sa responsabilité dans les massacres étant reconnue depuis longtemps (voir Gérard Prunier, "The eastern DR Congo: dynamics of conflict", Est de la République Démocratique du Congo : les dynamiques du conflit - 17 novembre 2008).
Pour leur part, les gouvernements occidentaux, particulièrement les USA et la Grande-Bretagne, ont constamment différé le statut de « victime » du Rwanda, le soutenant même, dans certains cas, contre de graves accusations de crimes pour lesquels il y a des preuves sérieuses.
Mais un rapport détaillé du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies – dont a fait état le journal Le Monde – a établi « les violations les plus graves des droits humains et de la loi humanitaire internationale » commis en République Démocratique du Congo de 1993 à 2003, comme des attaques systématiques des civils à grande échelle. Un résumé au paragraphe 512 dit :
 « Ces attaques ont pour résultat un très grand nombre de victimes, probablement des dizaines de milliers de membres du groupe ethnique hutu, toutes nationalités confondues. Dans la vaste majorité des cas rapportés, ces gens n'étaient pas tués involontairement lors des combats, mais ils étaient ciblés essentiellement par les forces (rwandaises et alliées) et exécutés par centaines, souvent par armes blanches. La majorité des victimes étaient des enfants, des femmes, des personnes âgées et malades, qui ne présentaient aucune menace pour les forces assaillantes. De nombreuses attaques graves ont également été commises sur l'intégrité physique ou psychologique des membres du groupe et un très grand nombre de Hutus ont été abattus, violés, brûlés ou battus. Un très grand nombre de victimes a été forcé de fuir et de parcourir de longues distances afin d'échapper à leurs poursuivants qui essayaient de les tuer. La chasse a duré des mois, avec pour conséquence la mort d'un nombre inconnu de personnes qui ont vécu dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes, sans accès à la nourriture ou aux médicaments. À plusieurs occasions, l'aide humanitaire qui leur était destinée a été délibérément bloquée, en particulier dans la province orientale, les privant d'assistance essentielle à leur survie. »
Le rapport avance donc prudemment (paragraphes 514 à 518) que les attaques sur les Hutus pourraient être considérées comme un génocide.
C'est une conclusion explosive pour le gouvernement rwandais (qui a réagi de façon prévisible en menaçant les arrangements de paix dans la région). Les Nations Unies et les gouvernements occidentaux vont aussi le trouver embarrassant et inopportun au point qu’on doute qu’il soit jamais rendu officiellement public.
Un grand déni
Tout cela est aussi un carburant apprécié pour un groupe déterminé de négationnistes du génocide au Rwanda. Un nouveau livre de Edward S. Herman et David Peterson qui se concentrent sur l'utilisation du terme « génocide » dans les médias et à l'université - The Politics of Genocide (La politique du génocide - Monthly Review Press, 2010) – affirme que la classe dirigeante occidentale a « avalé une ligne de propagande sur le Rwanda qui a mélangé les auteurs des crimes et les victimes » (p.51) ; le FPR n'a pas seulement tué les Hutus mais a aussi été le « premier génocidaire” (p.54) ; il y a eu « des meurtres à grande échelle et un nettoyage ethnique des Hutus par le FPR bien avant la période d'avril à juillet 1994 (p. 53) ; Ce qui a contribué à un résultat dans lequel « la majorité des victimes étaient probablement des Hutus et pas des Tutsis » (citation autorisée, p. 58).
 Herman et Peterson indiquent qu' « un nombre d'observateurs ainsi que des participants aux événements de 1994 prétendent que la grande majorité des morts étaient des Hutus avec une estimation, selon certains, de plus de deux millions » (p. 58). Mais après vérification de la référence de cette déclaration choquante, il apparaît que seule une lettre d'un ancien officier du FPR et des communications personnelles d'un ancien conseiller de la défense devant la Cour Criminelle Internationale pour le Rwanda (n. 127, p. 132) – tous les deux étaient donc des participants plutôt que des « observateurs ». C'est suffisant à ces auteurs pour rejeter l'idée de « 800 000 ou plus de morts largement tutsis » comme propagande du FPR et de l'Occident (voir Adam Jones, "On Genocide Deniers - Challenging Herman and Peterson"- Sur les dénieurs du génocide : opposition à Herman et Peterson - AllAfrica.com. 16 juillet 2010).
Ce livre mérite attention du fait qu'il comporte une longue préface du collaborateur de longue date d'Herman, Noam Chomsky. Chomsky reste pour beaucoup un champion exemplaire des droits humains ; une citation de lui se trouve même en exergue du respectable site internet universitaire sur lequel le rapport des Nations Unies qui a filtré, a été publié.
Beaucoup d'autres cependant, sont arrivés à une vision très différente de Chomsky après avoir examiné ses commentaires sur le dossier des Khmers Rouges au Cambodge, son indulgence vis-à-vis d’auteurs négationnistes de l'Holocauste et son encouragement à nier le génocide en Bosnie. Mais même dans ce contexte horrible (pour utiliser un des mots préférés de Chomsky), son soutien à « La politique du génocide », avec son déni du génocide au Rwanda ainsi qu'en Bosnie, va plus loin.
Une zone de silence 
Ce livre et la préface de Noam Chomsky montrent par inadvertance, combien les politiques du génocide sont devenues multidirectionnelles. Il est vrai que les propagandistes occidentaux officiels minimisent « nos » crimes et représentent ceux de « nos » ennemis de manière trè simplifiée et que de tels tours de passe-passe méritent d'être dénoncés. Mais il est également clair que les propagandistes antioccidentaux – Herman, Peterson et Chomsky parmi d'autres – sont coupables des mêmes dérobades et aberrations de l' « autre » côté.
Ils affirment que dans les récits occidentaux officiels, « nos victimes sont indignes de notre attention et de notre indignation, et ne souffrent jamais de génocide perpétré par nos mains » (p. 104, italique dans l'original). Pourtant dans les récits antioccidentaux de Chomsky, un procédé identique se produit : les ennemis de l'Occident, qu'ils soient Serbes nationalistes ou du « Hutu Power » rwandais, n'ont jamais commis aucun « génocide » et leurs crimes sont toujours de moindre importance que ceux perpétrés par les forces soutenues par les Occidentaux.
Le journaliste John Pilger soutient La Politique du Génocide en disant sur sa couverture qu'Herman et Peterson « défendent le droit de chacun d'entre nous à une mémoire historique
véridique ». Ce droit important ne peut pas être exercé en traitant les hommes et les garçons de Srebrenica, les Albanais du Kossovo massacrés et expulsés et les Tutsis rwandais massacrés de « victimes indignes ».
Pour les chercheurs sur le génocide, ce livre est un matériel riche de ressources. Ce n'est pas une contribution analytique sérieuse dans l'intérêt d' « une mémoire historique véridique ».

jeudi 5 novembre 2009

Les Rwandais, les Congolais et les Nantais méritent mieux que Pierre Péan et Charles Onana


Communiqué de Survie 44, 5/11/2009


Le vendredi 6 novembre 2009 est organisée à Nantes une conférence intitulée "Les Droits de l'Homme dans la Région des Grands Lacs" avec pour intervenants Pierre Péan et Charles Onana. Survie 44, très préoccupé par la situation humanitaire et politique dans cette sous-région (1) souhaite réagir face au choix de ces conférenciers qui ne nous semblent pas réunir les conditions d’impartialité et de droiture qui conviendrait à ce sujet.
Nous remettons en cause l’impartialité des travaux réalisés par ces invités dans leur approche du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 et les guerres qui ont suivies dans la sous-région.
Le journaliste de Libération Christophe Ayad présentait dans un article de 2004, C. Onana et le québécois Robin Philpot avec qui il a collaboré, comme des « auteurs négationnistes ». Les deux essayistes qui avaient porté plainte ont été déboutés devant le tribunal correctionnel et en appel en 2005. La même année, C. Onana répondant aux questions de RFI, balayait d’un revers de la main toutes les études historiques faites depuis 1994 et même avant, en ce qui concerne la planification du génocide : «Dix ans après les faits, le tribunal international ne dispose pas de preuves du génocide des hutus contre leurs compatriotes tutsis» (2).
Concernant Pierre Péan, le journal belge Le Soir présentait son livre Noires Fureurs, Blancs Menteurs comme la « synthèse de tous les négationnismes déjà publiés » (3). Pierre Péan assume d’ailleurs ce qualificatif lors d’une interview à L’Express : « je sais que je serai classé, au mieux parmi les révisionnistes, au pire chez les négationnistes. Mon espoir étant de ne figurer que dans la première catégorie. Ce que j'assume […] » (4). Victor Sègre, dans Billet d’Afrique écrivait le 1er mars 2009 « Péan prétend réécrire l’« histoire officielle » du génocide des Tutsi, mais il se défend de faire partie des négationnistes […]. Comme la plupart de ces derniers, il ne va pas jusqu’à nier la qualification de génocide, mais il la dénature et la prive de sa signification historique. Il garde le mot sans son contenu. Ainsi il récuse d’abord l’idée d’une planification antérieure à l’exécution du génocide5. Le génocide ne serait ensuite qu’un dommage collatéral de la guerre civile, au cours de laquelle des massacres de même nature auraient été commis de part et d’autre. Représailles, crimes de guerre et génocide étant mis sur le même plan. Comme Mitterrand puis de Villepin, il défend ainsi, de manière plus ou moins explicite au gré de ses interventions, la thèse du double génocide. Enfin, il est prisonnier d’une vision ethniste de l’histoire à l’instar des officiers français avec lesquels il s’affiche en colloque. Il ne raisonne qu’en terme de responsabilité collective de « l’ethnie » tutsi ou de « l’ethnie » hutu. Si le FPR [Front Patriotique Rwandais dirigé par Paul Kagamé] commet des crimes de guerre, c’est que « les victimes » deviennent à leur tour « les bourreaux », comme si les rescapés de la Shoah avaient dû collectivement porter, parce que Juifs, la responsabilité des exactions commises par l’armée israélienne. » (6)
Cette thèse du double génocide semble induite sur le recto du tract de présentation de la conférence du 6 novembre, où apparaît le mot « génocides » au pluriel. Ceci fait référence soit à l’affirmation d’un double génocide au printemps 1994 au Rwanda : celui commis par les extrémistes hutus du Gouvernement intérimaire rwandais (GIR) envers les Tutsis et celui supposé commis par le FPR (et les Tutsis) envers les Hutus ; soit à la thèse d’un deuxième génocide perpétré par la suite par les Tutsis en représailles depuis 1994 sur les Hutus de la République Démocratique du Congo. Dans les deux cas, ce sont des erreurs historiques et sémantiques. Il y a eu un génocide et un seul, celui mis en œuvre par les extrémistes du régime Habyarimana puis le GIR envers les Tutsis à partir d'avril 94 au Rwanda, génocide qui s’est accompagné du massacre d’opposants hutus. D’un autre côté, des crimes de guerre qui peuvent être qualifiés de crimes contre l'humanité ont été commis par le nouveau régime rwandais de Paul Kagamé au Rwanda et en RDC. Au-delà de l'association Survie, il s'agit d'un point de vue partagé par de nombreux observateurs internationaux, ONG, journalistes, historiens.
Aujourd'hui, nous assistons à une surenchère du verbe qui veut que la qualification de génocide soit appliquée à tout massacre pour lui donner plus de poids médiatique, comme si l’horreur ne se suffisait pas à elle-même, faisant fi du droit international et d’une démarche intellectuelle honnête qui permet une action juste. Il n'y a aucun jugement de valeur de notre part dans cette distinction. Mais cette confusion fait que les mots n'ont plus de sens, et dans ce cas, il ne reste que les poings et les armes...
Nous souhaitons rappeler que Survie a toujours alerté sur les responsabilités de tous les acteurs impliqués dans les guerres des Grands Lacs. C’est cette approche multiple qu’il importe de montrer et que l’on doit replacer dans une vision historique longue, au moins depuis le début du XXème siècle. La RDC meurt de sa richesse et des convoitises de groupes armés mafieux (tutsis, hutus, d’autres groupes de population, qu’ils soient du Rwanda, de RDC, d’Ouganda…), de mercenaires attirés par l’appât du gain, de pays d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie prenant parfois partie pour l’un ou l’autre des protagonistes et de grandes entreprises minières américaines, anglaises, sud africaines, chinoises…. On a même vu une entreprise canadienne employer des mercenaires s’engageant dans la guerre civile afin de pouvoir continuer tranquillement l’exploitation de sa concession. Nous souhaitons rappeler également qu’en tant qu’association de citoyens français, Survie est tout particulièrement engagée dans l’étude et la dénonciation de l’implication des autorités politiques et militaires françaises dans le génocide des Tutsi. C’est en toute indépendance qu’elle mène ce combat au grand damne de ceux qui, relativisant le génocide pour entre autre mieux disculper la France, continuent de se faire le relais de la propagande des extrémistes.
Par principe, Survie 44 ne s’oppose pas à la tenue de cette conférence car l’expression d'avis divers doit permettre au public de se faire sa propre opinion. Nous pensons par contre, qu’il y a un risque de ne pas obtenir d’informations objectives lors de cette conférence dans la mesure où elle présente uniquement le point de vue d’auteurs polémistes à tendance révisionniste. C’est pourquoi, il nous paraissait important d’apporter ces quelques éléments de compréhension. Vous trouverez, (annexe à télécharger) la position de Survie vis-à- vis du génocide et des crimes du FPR. Il nous semblerait important d’organiser dans les mois à venir une table ronde sur la situation des Grands Lacs qui fait débat et intéresse manifestement un certain nombre de Nantais, avec des intervenants aux avis peut-être divergents mais crédibles dans leurs recherches.

(1) Pour exemple, Jet FM, le 25 juin 2009
(2) RFI interview du 11/12/2005
(3) Le Soir, 26/11/2005
(4) L’Express, 1/12/2005
(5) « Contrairement à ce qu’affirme Péan, le TPIR ne nie pas la planification du génocide, mais, et c’est regrettable, il s’est révélé incapable de juger à qui incombait la responsabilité de cette planification. »
(6) Billets D’Afrique… et d’ailleurs n°178, mars 2009
A lire : - Des Forges Alison, Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda, Human Rights Watch/FIDH, Karthala, 1999.
- BRAECKMAN Colette, Rwanda, histoire d'un génocide, Fayard, 1994.
- Survie, La complicité de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda. 15 ans après, 15 questions pour comprendre, L’Harmattan, avril 2009, 164 p.

dimanche 3 mai 2009

Katanga Business à Montpellier

Projections au DIAGONAL, 5 rue de Verdun, Montpellier

Dim. 3/05 21h50
Jeu. 7/05 18h

Sam. 9/05 15h 30
Mardi 12/05 22h 10


À cette occasion SURVIE organise une
Réunion d'échange d'informations
sur la situation en République démocratique du Congo

Mardi 5 Mai 2009 de 18h à 20h
Espace Martin Luther King
27 bd Louis Blanc Montpellier
Tram Corum
Contact survielr@wanadoo.fr




Après Mobutu, roi du Zaïre et Congo River, le cinéaste belge Thierry Michel poursuit son exploration africaine et nous entraine au Katanga, en République Démocratique du Congo ; dans ce nouvel eldorado des temps modernes, se dessinent, à coups de milliards de dollars, les nouveaux rapports économiques mondiaux
Parmi ces personnages, des dizaines de milliers de « creuseurs » cherchent de quoi survivre en occupant illégalement les concessions des multinationales minières alors que les travailleurs légaux luttent pour des salaires et des conditions de travail à peine décents.
Un gouverneur de province richissime et adulé par les foules, un patron belge véritable « Roi du Katanga », un PDG canadien, sorte de sorcier blanc essayant de sauver un empire industriel public tombé en désuétude, un Chinois qui vient signer le contrat minier du siècle avec l’Etat congolais : les personnages du nouveau film de Thierry Michel dessinent les nouvelles alliances stratégiques de l’Afrique.
Les destins de ces personnages s’entrecroisent dans une tragi-comédie sur fond de guerre économique et sociale qui prend ici une dimension symbolique et prophétique, faisant de Katanga Business une édifiante parabole, grinçante et réaliste, de la mondialisation de ses espoirs et de ses revers les plus sombres.