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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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jeudi 27 septembre 2018

Vient de paraître
L'arme invisible de la Françafrique
Une histoire du franc CFA

 


L'arme invisible de la Françafrique
Une histoire du franc CFA
Fanny PIGEAUD
, Ndongo Samba SYLLA
Lorsque ses colonies d’Afrique ont accédé à l’indépendance, à l’orée des années 1960, la France a réussi un tour de passepasse redoutable. Elle a officiellement reconnu la souveraineté politique des nouveaux États tout en gardant la mainmise sur leur économie grâce à une arme aussi puissante qu’invisible : leur système monétaire.
Depuis la création en 1945 du franc des colonies françaises d’Afrique (CFA), le sigle a évolué et désigne désormais deux monnaies : celle de la « communauté financière africaine » en Afrique de l’Ouest et celle de la « coopération financière en Afrique centrale ». Mais c’est toujours Paris qui décide de la valeur externe de ces monnaies. Et la zone franc, qui assurait le contrôle économique des colonies, garantit encore à l’économie française un avantage comparatif sur le continent africain.
Les auteurs décortiquent ces mécanismes monétaires et racontent comment les dirigeants français ont combattu tous ceux, experts ou dirigeants africains, qui se sont élevés contre cette servitude monétaire. Depuis quelques années, le franc CFA est également devenu l’enjeu de luttes populaires. Conscients que les questions économiques sont éminemment politiques, les citoyens africains sont de plus en plus nombreux à réclamer leur pleine souveraineté monétaire.
Version papier : 18 €Version numérique : 12,99 €

mercredi 4 avril 2018

Dernières nouvelles de la Françafrique






Lettre ouverte au président sur la coopération militaire et policière


En République Démocratique du Congo, le pouvoir réprime dans le sang les manifestations depuis fin décembre. Afin de fragiliser politiquement le régime et de soutenir les démocrates conglais, Survie, l'ACAT France, la campagne Tournons la Page et l'Observatoire des Armements ont appelé Emmanuel Macron à suspendre toute coopération militaire et policière. Retrouvez notre lettre ouverte dans Le Monde Afrique, le 24 février.

Pour en savoir plus sur la coopération militaire et policière, retrouvez notre rapport complet mis à jour ce mois-ci, avec les cas du Togo, du Cameroun et de la République Démocratique du Togo.


Ouvrir enfin toutes les archives sur les complicités françaises dans le génocide des Tutsi du Rwanda ?


Dans une tribune publiée dans Le Monde le 21 mars, l’association Survie, le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) et Ibuka France adressent au président Emmanuel Macron des demandes précises et concrètes pour faire enfin toute la transparence sur le rôle de Paris dans le génocide des Tutsi en 1994.




Vidéos du colloque "L’armée française et les « valeurs de la république » : Un état des lieux"


Le 14 mars, Survie co-organisait à l'EHESS un colloque pour réouvrir le débat sur ce thème qui était au coeur du brevet des collèges de 2017.
Retrouvez sur notre site les vidéos des différentes interventions, dont celle de Raphaël Granvaud, de Survie : un appel à poursuivre la réflexion critique sur le rôle et le pouvoir de l'armée dans notre politique étrangère.


SURVIE RELAIE, DIFFUSE, S'ASSOCIE


Signez la pétition « Pour un accès total aux archives de notre État concernant le génocide des Tutsi au Rwanda »


Cette pétition, lancée indépendamment de Survie, complète utilement le travail de notre association pour pousser à faire enfin la lumière sur le rôle des différentes autorités françaises pendant le génocide. A l'approche du 7 avril, date commémorative, il est d'autant plus important de la signer : c'est ici !


#SecretDesAffaires : signez la pétition collective pour défendre la liberté d'informer !


Une proposition de loi transposant en droit français la directive européenne sur le Secret des Affaires (qui vise à empêcher la divulgation d'informations pouvant porter préjudice à des entreprises) a été votée le 28 mars à l'Assemblée nationale par 46 voix contre 20. Elle doit désormais être discutée au Sénat courant avril : il est urgent d'amplifier la mobilisation collective contre ce texte qui menace gravement la liberté d'informer et les lanceurs d'alerte. Vous pouvez signer la pétition ici !



mercredi 5 juillet 2017

"Complément d’enquête, jeudi 6 juillet, 22h 40- Le clan Bongo : une histoire française

Présenté par Nicolas Poincaré
Ce direct débutera jeudi 6 juillet 2017 à 22h40. Durée : 01h8

http://www.francetvinfo.fr/image/75eaju1xy-a9c0/1500/843/12816411.jpg
C’est le plus français des présidents africains : Ali Bongo a grandi en France, protégé par notre République, et son père a côtoyé tous les présidents français, du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy. De la famille Bongo, les Français connaissent surtout Omar, le père, pilier de la Françafrique pendant plus de quarante ans.
Depuis 2009, c'est Ali, le fils, qui détient le pouvoir au Gabon. Lors de la dernière présidentielle d'août 2016, il a été réélu malgré des soupçons de fraude. Ses adversaires accusent Ali Bongo d’être un dictateur : il aurait donné l’ordre de tirer à balles réelles sur ses opposants et aurait provoqué la mort d'une trentaine de Gabonais lors de violentes émeutes qui ont secoué le pays.

Un enfant de la Françafrique

Le Gabon, petit pays d’Afrique de 2 millions d’habitants, a pourtant été pendant plusieurs décennies un îlot paisible dans la région. Une base arrière de la France qui s’y fournissait en pétrole, en bois, en uranium… et en cash. Omar, le père d’Ali, aurait offert des millions d’euros à nos hommes politiques pour financer leurs campagnes. Protégée par la France, la famille Bongo a amassé, au cours de son règne, une fortune colossale : plus de 500 millions d’euros.
Depuis la mort d’Omar en 2009, Ali a pris la relève. Comme son père, il mène une vie de millionnaire, roule en voiture de luxe. Pourtant, le nouveau président jure être en rupture avec l'image paternelle et affirme vouloir solder l’héritage.
Ce portrait de 52 minutes donne la parole à Ali Bongo. Donatien Lemaître et Laurent Dy, les réalisateurs, ont posé leurs caméras dans les coulisses du pouvoir afin de donner une image inédite de l'homme fort du Gabon. Ils donnent aussi la parole aux contradicteurs et aux hommes de la Françafrique, notamment Robert Bourgi.
La rédaction de "Complément d'enquête" vous invite à commenter l'émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #Cdenquete.

lundi 3 avril 2017

Secret défense ou déraison d'État?

Survie s’associe à cette démarche collective face aux nombreux cas concernés par le secret défense. Les candidat.e.s aux prochaines élections en France doivent s’engager à lever le secret défense et permettre l’accès aux archives encore aujourd’hui inaccessibles aux citoyen.ne.s, juristes, historien.e.s, chercheur.e.s, magistrat.e.s et familles de victimes.
Adresse aux candidats aux élections présidentielles et législatives françaises de 2017
Dans un État de droit comme la France, qui se présente sur la scène internationale en donneur de leçon en matière de droits de l’homme, comment expliquer que le seul fait d’invoquer simplement la raison d’état ou le secret défense permette aux institutions de faire échec à l’exigence de vérité et de justice des victimes et des citoyens.
Combien de temps encore, les représentants de l’État français vont-ils pouvoir, sans contrôle réel et indépendant :
- entraver les enquêtes judiciaires, faisant de la victime, censée être protégée par les institutions de son pays, un adversaire à combattre, voire à abattre au lieu de lui rendre justice ?
- empêcher les historiens d’accéder aux informations nécessaires à leur travail de recherche scientifique.
Il est de la responsabilité de chaque citoyen de veiller à ce que les valeurs de la République qui sont le socle du pacte démocratique, gage de vérité et de justice, soient pleinement respectées en toute circonstance.

jeudi 1 septembre 2016

Gabon : la France appelle au calme après 50 ans de soutien au régime Bongo

par Survie, 1/9/2016
Le vote pour l’élection présidentielle au Gabon a eu lieu ce samedi 27 août. Alors qu’Ali Bongo semble avoir perdu l’élection, d’après les résultats produits par l’opposition à la sortie des urnes, il a décidé, comme en 2009, de s’imposer par la force. Depuis mercredi soir, différentes manifestations sont violemment réprimées par les forces militaires et policières. Si le nombre de morts est impossible à déterminer pour l’instant du fait des restrictions de déplacement couplées à la coupure d’internet, il est avéré qu’Ali Bongo ne se limite pas aux gaz lacrymogènes mais fait bien tirer sur sa population à balles réelles, ainsi qu’à l’arme lourde et depuis des hélicoptères.

Le gouvernement français appelle aujourd’hui à la fin des violences, ainsi qu’à la publication des résultats bureau par bureau, adoptant une posture de soutien à la démocratie. Survie rappelle que la France n’a pourtant fait que soutenir, depuis 50 ans et jusqu’à aujourd’hui, le régime du clan Bongo. En 2009 déjà, Ali Bongo n’aurait jamais pu réussir son passage en force sans l’intervention zélée de différents acteurs français [1]. La France a continué à soutenir le régime, lui octroyant de nombreuses marques de reconnaissance diplomatique (réceptions à l’Élysée, déplacements de ministres français). Ce soutien s’exerce notamment via la coopération militaire et sécuritaire auprès de l’armée et la police gabonaise, celles-là même qui tuent actuellement les civils gabonais. En 2014, le gouvernement français se vantait d’avoir formé prêt de 4000 militaires gabonais, qui utilisent notamment du matériel français.
Encore aujourd’hui, de nombreux coopérants français sont présents au sein des forces de sécurité gabonaises, notamment auprès de la garde présidentielle, clé de voute du système sécuritaire du clan au pouvoir. Le commandant en chef de la police nationale gabonaise, Jean-Thierry Oye Zue a annoncé ce matin à l‘AFP que plus de 200 personnes ont été arrêtées depuis hier soir. Ce commandant est, par exemple, encore aujourd’hui, assisté par un conseiller spécial qui se trouve être un commandant de police français, Christophe Blu. De plus, d’après certains témoignages, l’armée gabonaise utiliserait des armes françaises, notamment des fusils d’assauts de type Famas, pour tirer actuellement sur les civils gabonais.
Comme le soulignait Survie dans son rapport "Elections en Françafrique", publié en avril 2016, ce soutien français s’est maintenu alors même que de nombreux éléments indiquaient une reprise en main sécuritaire du régime depuis plusieurs années (recrutements dans la police et l’armée sur une base "ethnique", achatS d’armes, etc.), qui s’est accentuée à l’approche du scrutin présidentiel.
Survie, ces dernières semaines, a par ailleurs plusieurs fois interpellé le gouvernement sur l’augmentation de la répression des militants d’opposition par le régime, ainsi que sur de nombreux cas d’arrestations arbitraires [2], et prévenu contre le risque qu’Ali Bongo tente de nouveau un passage en force pour cette nouvelle élection. La France n’a jamais condamné ces répressions, ni suspendu sa coopération militaire et sécuritaire comme nous l’avions demandé à de nombreuses reprises.
« Partenaire inconditionnel du régime Bongo depuis 50 ans, la diplomatie française, qui s’est illustrée par son silence dans d’autre scrutins de reconduction de régimes dictatoriaux ces derniers mois (Djibouti, Congo, Tchad) peut difficilement apparaitre à la fois comme un avocat du vice et de la vertu » a déclaré Thomas Bart, porte-parole de Survie. « Les gesticulations diplomatiques actuelles demeureront des postures opportunistes tant que le gouvernement français n’annoncera pas l’arrêt de sa coopération militaire et policière, ce qu’il aurait dû faire depuis bien longtemps ».
Notes
[1] voir notamment le rapport de Survie," Élections en Françafrique. Congo, Djibouti, Tchad, Gabon." p.50 avril 2016.
[2] Voir notamment nos deux lettres ouvertes, la première adressée à F. Hollande et publiée le 22 juillet : "Coopération sécuritaire française et répressions au Gabon " et la seconde le 13 août,"Gabon : Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères. Coopération militaire et sécuritaire avec le Gabon" accessible sur notre site www.survie.org

jeudi 7 juillet 2016

Sankara Mitterrand s’en va-t-en Avignon

Vous les avez vus dans Les Ogres  de Léa Fehner, venez les dévorer en chair et en os !
recto-cartes-com-haut-bleu 
Les Hauts Plateaux (Manutention) accueillent Sankara Mitterrand du 7 au 17 juillet 2016 à 22h45.
Comment cette rencontre entre un vieux requin de la politique comme Mitterrand et la jeune parole « intègre » de Sankara a-t-elle pu avoir lieu. Comment ces deux-là ont pu se rencontrer dans un dialogue d’une telle densité, d’une telle intensité, d’une telle profondeur. Et pourquoi Jacques Jouet, oulipien des Papous dans la tête, s’en est emparé avec un tel appétit. L’Agit se saisit de ce texte pour célébrer et faire revivre l’immense espoir d’une révolution africaine pacifique.
« L’Histoire aura ainsi pourvu à deux partitions textuelles fascinantes, fournissant au passage trois acteurs des plus charismatiques pour les interpréter. »
Le Clou dans la Planche
Mise en scène collective, distribution : Ibrahima Bah François Fehner Pascal Papini
Durée 1h05 – spectacle tout public à partir de 12 ans – Tarifs : 10 € / 6€* *(chômeurs, RSA, précaires, étudiants, intermittents, carte OFF) / 5€ (-18 ans)
Les Hauts Plateaux (Manutention), 4 rue des escaliers Sainte-Anne 84 000 Avignon, N°74 plan catalogue du OFF.
Infos /résas : 06 70 00 35 38 agit@free.fr www.agit-theatre.org
En partenariat avec Tickets du Off

mardi 19 janvier 2016

jeudi 1 octobre 2015

Centrafrique : Si tu veux la paix, prépare des élections

par Yanis Thomas, Billets d'Afirque, Octobre 2015
Alors qu’on ne voit toujours pas l’issue de la crise, la France mise naïvement sur l’élection présidentielle, prévue le 18 octobre.
Tout arrive ! Après bien des reports, l’Autorité nationale des élections (ANE) centrafricaine a arrêté une date pour la tenue des élections législatives et présidentielle. Celles-ci doivent mettre fin à la période de transition ouverte par Michel Djotodia, le chef de la rébellion qui avait pris le pouvoir fin mars 2013. Pour l’instant, le scrutin est annoncé pour le 18 octobre, avec un deuxième tour le 22 novembre.
Mais le chemin reste pavé d’embûches. Il faudra d’abord qu’une nouvelle Constitution soit validée par un referendum, qui doit se tenir le 4 octobre. Par ailleurs, les autorités centrafricaines font face à de lourdes difficultés financières pour organiser ces scrutins. 


Proposition Const RCA Mars 2015
Proposition de Constitution de la République Centrafricaine (2015) Le référendum en République Centrafricaine

lundi 21 septembre 2015

Burkina : Le projet de sortie de crise de la CEDEAO reprend les revendications des putschistes

par Bruno Jaffré, 21/9/2015
Suite au coup d’État du 16 septembre du général Diendéré, proche parmi les proches de Blaise Compaoré, la CEDEAO (Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest), a dépêché au Burkina les présidents Macky Sall du Sénégal et Yayi Boni du Bénin, pour tenter une médiation.

Les négociations ont commencé le 19 septembre et un accord était déjà annonce le soir même. Les échos qui transparaissaient laissaient déjà entrevoir un accord qui semblait tourner le dos à tout ce que le peuple burkinabè avait pu construire jusqu’ici.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_11586.jpg
Devant l'Hôtel Laïco, dimanche 20 septembre

Sans attendre,  le Balai citoyen avait appelé à un rassemblement place de la Révolution pour se rendre à l’hôtel Laïco afin de peser sur les négociations qui s’y déroulaient.  Mais des troupes militaires les attendaient sur place et ils décidèrent d’appeler directement à se rendre à cet hôtel.  Peu à peu se retrouvèrent sur place différents représentant de la société civile, des partis politiques, des autorités religieuses, les journalistes et de nombreux diplomates. Dehors, la foule commençait à se rassembler. C’est alors que des éléments soutenant les putschistes ont attaqué violemment ceux qui s’y trouvaient, occasionnant plusieurs blessés. Le calme est finalement revenu après une intervention musclée des forces de l’ordre. Mais la plupart des manifestants, se sentant en danger, avaient préféré prendre la fuite.

Le soir le Président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, lisait un projet d’accord qui sera soumis mardi 22 septembre, à un sommet extraordinaire de l’organisation sous-régionale.
En voici les 13 points rapportés par le site lefaso.net :

jeudi 16 avril 2015

Togo : nouvelle parodie électorale en vue, la France doit enfin prendre ses distances

par Survie, 15/4/2015
Dans 10 jours aura lieu l’élection présidentielle au Togo, petit pays emblématique de la Françafrique. Afin d’alerter l’opinion publique et d’exiger des autorités françaises une condamnation sans équivoque du régime togolais, arrivé et maintenu au pouvoir par la force et la fraude, l’association Survie publie un dossier hors-série de son journal Billets d’Afrique consacré aux relations France-Togo.
PDF - 1.7 Mo
Dossier hors série de Billets d’Afrique sur le Togo avril 2015
Cliquez sur l’icône pour lancer le téléchargement.


Scrutin à un tour, non limitation des mandats, appareil sécuritaire bien en place, impunité, tous les ingrédients sont réunis pour un nouveau hold-up électoral au Togo. La population togolaise, excédée par l’incurie des pouvoirs publics, est-elle condamnée à rester prisonnière du clan Eyadema ? Installé et soutenu politiquement, économiquement et militairement par la France depuis près de 50 ans, ce régime a à son actif des décennies de répression féroce et a fait du Togo un des pays les plus pauvres du monde. A la mort du dictateur Eyadéma père, la tentative de donner un vernis démocratique à la prise de pouvoir par son fils Faure Gnassingbé s’était soldée par un bilan catastrophique lors d’une pseudo-élection, il y a 10 ans presque jour pour jour, où l’armée était notamment intervenue violemment dans les bureaux de vote pour voler les urnes : les violences du régime, avec des tirs à balles réelles sur la foule, avaient fait 500 à 800 morts, et provoqué l’exode de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés.
L’impunité dont jouissent les responsables militaires togolais n’empêche pas la France, toujours liée au Togo par un accord de défense renouvelé en 2011, de maintenir sa coopération sécuritaire : les derniers chiffres disponibles indiquent que 14 coopérants militaires français étaient encore détachés au sein de l’armée togolaise en 2011 [1], et aucune réduction n’a été annoncée par l’exécutif socialiste depuis 2012. En novembre 2013, Faure Gnassingbé était reçu à l’Élysée par un François Hollande vantant l’engagement du Togo aux côtés de la France au Mali et la coopération économique entre les deux pays, sans évoquer les actes de répression commis au Togo cette même année. Un an plus tard, Vincent Bolloré inaugurait le troisième quai du port autonome de Lomé, un chantier pharaonique obtenu par son groupe avec l’appui diplomatique des autorités françaises. Loin de tirer les leçons de la récente insurrection burkinabè qui a renversé l’allié de toujours Blaise Compaoré, et à l’opposé des déclarations de « normalisation » des relations franco-africaines, les autorités françaises se compromettent à nouveau par leur complicité avec une dictature notoire.
Les discours tenus par François Hollande lors du dernier sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), à Dakar fin novembre 2014, semblent également en parfait décalage avec le silence actuel de la diplomatie française sur les conditions de préparation de cette mascarade électorale, à laquelle participent des experts de l’OIF à la demande du régime.
Comme le rappelle Fabrice Tarrit, président de Survie, « à l’exception de l’Algérie en 2014, le Togo est le premier pays du champ françafricain, depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande, à organiser une parodie d’élection. Celle-ci va avoir lieu dans un contexte social particulièrement tendu et alors que la contestation gronde également au Gabon, au Tchad, dans les deux Congos. Si François Hollande voulait tenir son engagement concernant la Françafrique, il gèlerait immédiatement la coopération militaire avec ces régimes, à commencer par le Togo, et refuserait de recevoir à l’Élysée des chefs d’État qui se maintiennent au pouvoir par la force  ».
Afin d’alerter l’opinion publique et d’interpeller les autorités françaises et européennes sur cette sinistre farce en préparation, l’association Survie publie en ligne un dossier hors-série de son journal Billets d’Afrique intitulé « Le Togo à nouveau entre violence et mascarade électorale ». Dans le prolongement des ouvrages déjà publiés par l’association [2], ce dossier revient sur le règne du général Eyadéma et, à sa mort, sur les conditions d’accès au pouvoir de son fils Faure Gnassingbé. Il offre un décryptage de la situation politique actuelle au Togo et fait le point sur l’impunité dans le pays et la coopération sécuritaire de la France.
A cette occasion, l’association Survie demande aux autorités françaises :
  • la mise en place de relations diplomatiques minimales avec le régime togolais
  • une prise de distance nette de la diplomatie française vis à vis du processus électoral en cours
  • la suspension immédiate de la coopération sécuritaire française avec le Togo
[1] Avis présenté le 30 mars 2011 par le député Christophe Guilloteau au nom de la commission de la Défense nationale et des forces armées, sur le projet de loi (N° 3196), adopté par le Sénat, autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République togolaise instituant un partenariat de défense (http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r3291.asp )
En 2010, l’un de ces coopérants militaires français avait provoqué un scandale par son attitude vis-à-vis d’un journaliste togolais (la vidéo est toujours en ligne sur https://www.youtube.com/watch?v=wcVvyhgu_2M). Le fait qu’il soit alors conseiller du Chef d’état-major de l’armée de terre togolaise n’avait en revanche pas choqué, comme s’il était normal que les coopérants français occupent des fonctions très haut placées dans l’organigramme de l’appareil répressif des dictatures africaines.

[2] Voir notamment Survie (coord.) Avril 2005, le choix volé des Togolais (L’Harmattan, 2005), et G. Labarthe, Togo, de l’esclavage au libéralisme mafieux, Dossier Noir n° 20 (Agone, 2005 ; édition revue & actualisée, 2013)

dimanche 12 avril 2015

Pouvoirs politique, militaire, économique : qui dirige en Afrique ?
Palabre Survie LR avec Fabrice Tarrit le 29 avril à Montpellier



Quoi de nouveau en Françafrique ?

De Sarkozy à Hollande, l'attitude de la France vis-à-vis de ses "anciennes" colonies d'Afrique varie en apparence; les entreprises se multinationalisent, la concurrence, chinoise ou autre, s'accentue… Mais qu'est-ce qui a vraiment changé ?
Fabrice Tarrit, président de Survie, en donnera une analyse actualisée.


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Françafrique, la famille recomposée
Petit guide de la Françafrique

dimanche 15 mars 2015

D’Épervier à Barkhane et de Fabius à Fabius

par Odile Tobner, Billets d'Afrique, mars 2015, éditorial


Le 26 janvier, les forces de l’ordre ouvraient le feu contre les élèves de terminale du lycée Pascal Yoadimnadji de Doba, dans le sud du Tchad, qui manifestaient contre la modification des règles d’inscription au baccalauréat, faisant cinq morts, dont trois lycéens.
Police au lycée de Kelo 1
Le 21 février, Laurent Fabius se rendait à Ndjaména pour assurer le Président Idriss Déby de l’amitié chaleureuse du Président français. La France a fait du Tchad la base de son dispositif Barkhane, censé combattre la menace djihadiste au Sahel. Ce même Fabius dirigeait le gouvernement qui, en 1986, installait le dispositif Épervier, par lequel la France affirmait son emprise militaire sur ce pays. Le prétexte était alors de le protéger des menées de Kadhafi.

samedi 14 février 2015

Où en est la Côte d'Ivoire ? Palabre Survie, Montpellier, 27 février 2015



L'Opération temporaire Licorne s'est transformée le 21 janvier 2015 en Forces Françaises en CI. Ce changement de statut de nos forces armées en CI nous incite à faire un bilan de la situation dans ce pays et des interventions françaises :

D'Houphouët aux crises ivoiriennes, celle de novembre 2004 et celle, post-électorale, de 2010/2011 ;
le renouveau des relations franco-ivoiriennes depuis l'arrivée de Ouattara ;
la création des Forces Françaises de Côte d'Ivoire en janvier 2015 ;
les 2,9 milliards € de contrats de désendettement et de développement ;
les malheurs de la démocratie ivoirienne : (in)justice des vainqueurs, l'(ex?-)rébellion, scène politique actuelle, optimisme aveugle et obstiné de Paris,
les élections présidentielles de l'automne prochain.