Dans le cadre de la 26°
Quinzaine des Tiers Mondes (14-28 novembre) dont le thème est Changement
Climatique et Solidarité
Internationale Survie Languedoc-RoussillonetMontpellier Décroissance vous proposent une soirée-débat sur Extractivisme et crise climatique : les cas
argentin et algérien avec un diaporama présenté par Vincent Espagne,
du Frack Free Europe Network
le mercredi 18 novembre à 20 h 30 à l'Espace Martin Luther King 27 Bd
Louis Blanc, Montpellier(arrêts de tram : Corum ou Louis Blanc)
L’extractivisme
recouvre toutes les activités industrielles d’exploitation des ressources
naturelles : hydrocarbures,
conventionnels ou non conventionnels, minerais, eau, forêts. Ces activités de
plus en plus
dévastatrices, non seulement procèdent à l’accaparement des terres, mais
constituent le facteur le
plus aggravant du réchauffement climatique. Pour satisfaire les besoins
croissants des pays riches, en
énergie, en nouvelles technologies, en alimentation de plus en plus
standardisées, en moyens de transport
de plus en plus rapides, les industriels du gaz et du pétrole forent de plus en
plus profond, de plus en plus loin dans la roche mère. On rase des surfaces de
plus en plus grandes des forêts primaires, on pompe dans les nappes phréatiques
les plus fragiles…
Après
les USA, l’Argentine et l’Algérie sont particulièrement impactées par l’extraction
des hydrocarbures extrêmes. Dans le même temps, investisseurs et gouvernements
soutiennent des solutions
« vertes » : des mégaprojets industriels tout autant dévastateurs, sinon plus.
Pillage des ressources
naturelles, impacts irréversibles sur les écosystèmes, spéculation sur la
matière grise, aggravation
du changement climatique : c’est le système qu’il faut changer !
Il
est impossible de célébrer les 70 ans de la victoire contre le fascisme
sans la volonté d'arracher de l'oubli ce qui s'est passé en Algérie ce
même 8 mai et les jours suivants.
Une manifestation pacifique à Sétif, Guelma, Kheratta et la région été
réprimée dans le sang ; des dizaines de milliers de civils algériens ont
été massacrés par la Police, la Gendarmerie, les milices armées par les
autorités locales et l'Armée Française, agissant sur ordre de
l'exécutif. Amputer notre histoire commune par l'occultation de ce crime
d'État est une négation du combat contre le colonialisme. Le 14 avril
2015, un Collectif Unitaire pour la reconnaissance des crimes d'État de
1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) s'est constitué. Outre cette
reconnaissance, il demande : l'ouverture de toutes les archives,
l'inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais
de gestes forts des plus hautes autorités de l'État et un soutien à la
diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l'Éducation
Nationale comme dans les média publics. Après le vote à l'unanimité du
conseil municipal de Paris demandant au chef de l'Etat de reconnaître
ces massacres comme crimes d'Etat, nous appelons à un
L'Afrique
sera le nouveau terrain de chasse des avions sans pilote de l'armée US.
Le gouvernement du Niger a autorisé le déploiement de drones du
ministère de la Défense et de la CIA pour les opérations de surveillance
et de renseignement contre les diverses milices pro-Al Qaïda actives
dans la région nord-ouest du continent. La demande de création d'une
base d'opérations au Niger a été officialisé il ya une dizaine de jours
par l'ambassadeur US Bisa Williams lors d'une rencontre avec le
président Mahamadou Issoufou.
Comme l'ont révélé les principaux quotidiens US, les drones ne
seront pas armés, mais on n'exclut pas la possibilité que, dans
l'avenir, ils puissent être utilisés pour effectuer des frappes de
missiles "contre la menace croissante du terrorisme." Les missions
d'espionnage et de strike (frappe) pourront être coordonnées avec
les forces armées françaises qui opèrent depuis le 11 janvier 2013 dans
le conflit au Mali et seront dirigées par l'US Africom, le commandement
US des opérations militaires en Afrique basé à Stuttgart (Allemagne).
Les avions sans pilote seront probablement stationnés sur une base
aérienne de la région désertique d'Agadez, près de la frontière avec le
Mali et l'Algérie.
Des négociations en vue de développer le partenariat Niger-USA et
de définir le statut juridique et les fonctions des militaires US
appelés à intervenir dans ce pays d'Afrique ont été engagées l'an
dernier. Il y a quelques mois, le commandant de l'US AFRICOM, le général
Carter Ham, avait visité le Niger et rencontré les plus hautes
autorités civiles et militaires. Après le début des combats dans le nord
du Mali et de l'intervention française contre les milices islamiques
radicales d'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), les autorités
gouvernementales nigériennes ont décidé de mettre noir sur blanc le
texte d'accord bilatéral proposé par Washington.
«Ils ont exprimé le désir de nouer des relations plus solides avec
nous et nous avons été heureux de les nouer avec eux», a déclaré le
porte-parole du Pentagone George Little. En plus de déployer des drones,
l'armée US pourra utiliser les principaux aérodromes pour stationner
les avions-espions pilotés et quelques unités spéciales d'intervention
d'urgence qui appuieront les forces armées nigériennes pour le contrôle
des frontières et la formation à l'"anti-terrorisme". Le Pentagone n'a
pas révélé le nombre de soldats US autorisés à résider au Niger; jusqu'à
présent, ils ont été environ cinquante, mais ils pourraient bientôt
atteindre 300 hommes. Rien que pour garder en orbite une batterie de
drones (quatre avions en vol pendant 24 heures consécutives), sont en
effet nécessaires pas moins de 170 militaires en appui au sol.
Hillary Clinton avec l'un des drones US utilisés par l'armée ougandaise en Somalie
Le Niger est l'un des pays les plus pauvres du continent africain :
l'espérance de vie est de 54,7 ans, le taux de mortalité infantile de
160,3 ‰, tandis que seulement 28,7% des adultes sont alphabétisés.
Néanmoins, le gouvernement consacre une grande partie des ressources
financières à l'achat de moyens de guerre et aider l'allié
politico-militaire US dans la «lutte contre le terrorisme mondial»
déclenchée après le 11 septembre 2001. Plusieurs officiers du Niger ont
été invités aux USA pour suivre des cours sur "la lutte contre le
terrorisme", la logistique et les télécommunications. En collaboration
avec les forces armées du Mali, du Tchad et de la Mauritanie, sous le
commandement de l' US Africom, l'armée nigérienne a pris part à des
exercices dans le désert, avec l'utilisation de nouvelles méthodes de
guerre. Avec l'aide de «conseillers» du Pentagone, en décembre 2004, les
forces armées ont également lancé un raid sur une grande échelle dans
la région du Sahel – à plus de 600 km de la capitale Niamey - contre un
groupe de miliciens islamistes radicaux avec basé en Algérie. Comme l'a
déclaré le commandant adjoint des forces US en Europe, le général
Charles F. Wald, plus de 750 officiers du Niger, du Mali, du Tchad et de
la Mauritanie ont déjà été formés et spécialisés, pour un coût de 7,75
millions de dollars.
Salle de télécommande de drones sans pilote
En 2009, le Corps d'ingénierie de l'US Army a lancé un programme
d'intervention dans les communautés les plus pauvres et les plus isolées
de l'ouest du Sahara par le biais d'un fonds d' «aide humanitaire» géré
par le commandement Africom à Stuttgart. Localisé dans les zones
frontalières entre le Mali et le Niger, le programme vise à réaliser des
«puits d'eau, des écoles, des points de santé et des banques de
céréales» pour un coût total de 1,7 millions de dollars. Évidemment
l'«humanitaire» vise à accroître le consensus local au plan de
pénétration militaire et économique US dans la région. "Notre espoir est
de soutenir les objectifs de sécurité de l'Africom et d'acquérir de
l'expérience sur le continent et d'être plus efficaces à l'avenir", a
admis Diana Putman, responsable du plan d '«aide humanitaire» du
Commandement stratégique des troupes sur le continent africain.
En 2010, un coup d'État fomenté par l'armée pour empêcher la
réélection de l'ancien président Mamadou Tandja a refroidi les relations
entre le Niger et les USA. La décision de la junte militaire
d'organiser une élection présidentielle en mars 2011 pour restituer le
pouvoir aux civils, a cependant convaincu Washington de pousser
l'accélérateur pour obtenir la permission de déployer ses fameux avions
sans pilote au Niger.
Le ministère de la Défense et la CIA ont déjà stationnés des drones
d'attaque espions dans plusieurs pays africains. La base principale
d'opérations est certainement celle de Camp Lemonnier à Djibouti, qui
abrite plus de 2.000 militaires US engagés dans des conflits qui
déchirent la Corne de l'Afrique, le Yémen et le nord-est du continent.
D'après le Washington Post, le centre de drones qui coordonne
tout le système de renseignement en Afrique serait au Burkina Faso.
Sous le couvert d'un programme top secret au nom de code Sand Creek,
une douzaine de militaires et de sous-traitants US opèreraient de
manière stable dans la zone militaire de l'aéroport de Ouagadougou. Les
avions espions décolleraient aussi du Mali, de Mauritanie, d'Éthiopie,
du Kenya, d'Ouganda et de l'archipel des Seychelles (océan Indien). Une
autre base pourrait être activée prochainement au Sud-Soudan et - comme
l'ont admis certains responsables US – l'Algérie serait sur le point
d'autoriser les atterrissages et les décollages de drones pour combattre
les milices d'AQMI en échange de sessions d'entraînement, d'équipement
et de systèmes d'armement US.
L’appel « NON À L’HOMMAGE OFFICIEL AU GÉNÉRAL BIGEARD », contre le transfert aux Invalides des cendres de cet officier « baroudeur », au lourd passé indochinois et algérien, rencontre un grand succès.
Plus de 4.000 personnes de toutes opinions, de toutes origines, quatre jours seulement après la mise en ligne sur le site nonabigeardauxinvalides.net, se sont prononcées contre cette opération politicienne.
Des anciens ministres, des responsables politiques et syndicaux, des représentants d’associations, des élus, des intellectuels de renom, des artistes, des témoins et acteurs majeurs des guerres d’Indochine et d’Algérie, parmi lesquels des militaires, des citoyens de tous horizons soutiennent cette démarche.
Il nous faut cependant signaler que nous sommes également l’objet de menaces, de dénonciations haineuses, notamment sur des sites cultivant la nostalgie du temps des colonies et de l’Algérie française et / ou sur des sites d’extrême droite.
Cette pression ne nous fera évidemment pas dévier : nous continuons et continuerons notre action contre cette falsification du passé colonial à visée électorale. Nous invitons nos concitoyens à signer et à faire signer cet appel en se rendant sur le site nonabigeardauxinvalides.net
De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Et voici qu’une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres.
Cette initiative est doublement pernicieuse.
D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français.
D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ?
On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française.
Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Lors des guerres coloniales conduites par la France, les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer ces conflits, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française.
L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement.
Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse.
Une projection-débat organisée avec le soutien et la participation de plusieurs associations, dont Survie
Gerboise bleue, premier essai atomique français effectué le 13 février 1960 dans le Sahara à Reggane en Algérie, est le point de départ de la puissance nucléaire de la France. Il s’agit de tirs aériens radioactifs puissants effectués dans des zones appartenant à l’armée française, l’Algérie étant à l’époque un territoire français. Suivront des essais souterrains, et ce même après l’indépendance de l’Algérie.
De 1960 à 1978, 30 000 personnes auraient été exposées dans le Sahara. L’armée française a reconnu officiellement neuf irradiations. Aucune plainte contre l’armée ou le Commissariat à l’Energie Atomique n’a abouti. Trois demandes de commission d’enquête ont été rejetées par la commission de la défense nationale.
Partant à la rencontre des protagonistes de cet épisode de l’histoire coloniale, classé encore "Secret défense", le réalisateur franco-algérien interroge la mémoire de ceux qui ont vécu ces essais en atmosphère (d’une puissance quatre fois supérieure à Hiroshima) et qui, depuis, en subissent les conséquences dans leur chair. Vétérans français et Touaregs nous racontent comment les tirs se sont réellement déroulés, dans le mépris total des normes les plus élémentaires de sécurité. Et comment la République française, n’ayant reconnu officiellement que 9 cas d’irradiation, a, jusqu’en 2008, refusé toute responsabilité dans les différentes maladies développées depuis lors, aussi bien par les anciens appelés de retour chez eux que par les populations locales demeurées sur place.
Suite à la mobilisation de l’AVEN (Association des Vétérans des Essais nucléaires crée en 2001), un projet de loi concernant l’indemnisation des victimes doit être présenté au Parlement. Ce projet de loi restant très en retrait de ses revendications initiales, l’AVEN, qui s’associe à la sortie du film, a décidé d’amplifier son action afin d’obtenir une véritable loi de reconnaissance.
Gerboise bleue : un document à charge sur les essais nucléaires français en Algérie, avant et après l’indépendance du pays par Jacques Mandelbaum, Le Monde du 11 février 2009
Sous le nom de code militaire évoqué par le titre de ce film, se cache le premier essai nucléaire français mené dans le Sahara algérien. Il a lieu le 13 février 1960, à Reggane. Le tir est aérien, sa puissance est quatre fois supérieures à la bombe d’Hiroshima. Trois autres tirs - intitulés "Gerboise blanche", "rouge" et "verte" - suivront rapidement.
Par la suite, y compris après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, et selon une clause secrète des accords d’Evian, treize autres essais auront lieu jusqu’en 1967. Ils sont cette fois souterrains, parmi lesquels le tir "Beryl" qui échoue et libère le 1er mai 1962 un nuage radioactif contaminant tous les soldats présents sur le site d’In-Eker, à une centaine de kilomètres au sud de Reggane.
Ces faits - ils ont donné lieu à des enquêtes restées méconnues -, le réalisateur Djamel Ouahab nous les remet en mémoire moins pour sonder un épisode du colonialisme dont ils témoignent que pour évoquer un scandale qui se perpétue.
Ce scandale est de deux ordres. Le premier est que cette zone d’essais, pas aussi inhabitée qu’on voudrait le croire, ne fut pas décontaminée par l’armée française lors de son départ et que le gouvernement algérien n’a visiblement pas pris non plus cette tâche à coeur.
Exposés aux radiations
Le second est qu’il existe aujourd’hui, selon toute apparence, des victimes de cette exposition aux radiations, qui se trouvent tant dans la population touareg que chez les appelés du contingent français qui stationnèrent sans aucune protection sur ces sites. Le film s’appuie essentiellement sur le témoignage de deux anciens soldats, Lucien Parfait et Gaston Morizot. Le premier, présent lors du tir "Beryl", est aujourd’hui énucléé et à moitié défiguré, et continue de subir des opérations chirurgicales.
Le second, avec un poumon irradié et un vieillissement prématuré de la moelle épinière, vit continuellement sous morphine et antidépresseurs. Aux paroles de ces hommes physiquement brisés, et moralement humiliés de n’avoir jamais obtenu réparation du gouvernement français, s’oppose celle de Jean-François Bureau, porte-parole du ministère de la défense en 2007, qui fait état de la difficulté à mettre scientifiquement en corrélation l’exposition aux radiations et l’apparition des maladies.
Cette question de la preuve se révèle centrale, non seulement sur le plan juridique, mais aussi pour le film, selon qu’on la juge déterminante ou non. Dans le premier cas, il sera loisible de juger le film trop compassionnel, pas assez argumenté, ne recourant pas suffisamment à l’arbitrage des experts. Dans le second, faute de pouvoir susciter cette preuve, il convient de s’en remettre à la parole, serait-elle faillible, des témoins. Dans ce dernier cas, Gerboise bleue - à l’instar du documentaire d’Agnès Fouilleux consacré à la politique française dans les Comores sorti le 4 février (Un aller simple pour Maoré) - constitue une nouvelle pierre dans le jardin politique à la française. Jacques Mandelbaum
Autres projections et débats dans notre région :
Cinéma Le Regain, Barjac, Gard, vendredi 15 mai, 18h30 Ailleurs en France :
Ciné 4 11, Place Jasmin 47330 Castillonnes, vendredi 15 mai, 20h30
Abel Gance 184, bd. Saint-Denis 92400 Courbevoie, vendredi 15 mai, 20h45
Eldorado 21, rue Alfred-de-Musset 21000 Dijon, mardi 19 mai, 20h15, débat avec le Mouvement de la Paix
Courbevoie (Abel Gance)du 13 au 19 mai : Salle Paul Eluard. Débat le 15 mai.
Castillonnes (Ciné4) 15 et 18 mai .Débat le 15 mai avec Guy Dumas (AVEN) et J.Luc Sans Vice-Président de l'AVEN.
Dijon (Eldorado): Débat le mardi 19 mai à 20h00.
Romainville (Trianon): débat le mercredi 20 mai à 20h30
Salon de Provence (Les Arcades): du 13 au 19 mai
St Malo de Guersac (Ciné Malouine): débat le 26 mai
Périgueux (Cap Cinéma Montaigne) du 20 au 26 mai. Débat le 26 mai avec Yann Cambon (membre du CA AVEN) et J.Luc Sans Vice-Président de l'AVEN.
Alès ( Les Arcades) : du 20 au 26 mai
Créteil (cinéma Le Palais, allée Parmentier, face au tribunal d'instance): du 27 mai au 2 juin. Débat le jeudi 28 mai avec la participation de Djamel Ouahab , réalisateur et de Michèle Lecardonnel, responsable du collectif départemental. Juin 2009
Carcassonne (Cap Cinéma l'Odeum) : du 27 mai au 2 juin
Uzès (Capitol) : du 27 mai au 2 juin.
Valence (Le Navire) : du 27 mai au 2 juin. Débat : mardi 2 juin.
St Michel sur Orge (Ciné Carné) : du 3 au 9 juin
Creil (Théatre de la Faïencerie) : Débat le mardi 9 juin
Le Havre (Le Sirius) :du 10 au 16 juin.
Mamers (Le Rex): du 10 au 16 juin.
La Ferté-Bernard (Le Palace): du 10 au 16 juin
Choisy le roi (Cinéma Paul Eluard) Débat jeudi 11 juin
Montauban (Cap Cinéma Le Paris): du 11 au 16 Juin. Débat le 14 Juin à 16h00 avec René Rey , Arlette Dellac (AVEN) et Jean-Luc Sans Vice-Président de l'AVEN
L'Isle sur Sorgue (La Strada): Débat vendredi 19 Juin
Avignon (Utopia) : du 17 au 23 Juin
Vitry-sur-Seine (Cinéville) débat le mardi 23 juin. Contact
Si le film n’est pas encore programmé dans votre ville et que vous désirez organiser un débat merci de contacter le 01 42 55 07 84 ou le 01 42 87 33 96.
Des victimes d'essais nucléaires déboutées par la justice
La cour d'appel de Paris a refusé, pour des problèmes de procédure, l'indemnisation de 12 anciens militaires frappés de maladies graves imputées aux conséquences des essais nucléaires français en Algérie et dans le Pacifique entre 1960 et 1996.
Les magistrats ont confirmé des décisions de première instance, estimant que pour les faits survenus avant 1976 la loi sur l'indemnisation des victimes d'infraction pénale ne s'appliquait pas, et que pour les autres, les plaignants avaient choisi les mauvais tribunaux.
Cet arrêt intervient alors que le gouvernement prépare un projet de loi organisant l'indemnisation des victimes des 210 essais nucléaires français au Sahara entre 1960 et 1966 puis en Polynésie jusqu'en 1996, avec la création d'un fonds spécial. Le projet doit être présenté en conseil des ministres mercredi prochain.
L'avocat des victimes, Me François Lafforgue, s'est déclaré déçu, estimant que la décision était injuste car des personnels civils ayant souffert des conséquences des mêmes essais nucléaires se voyaient, eux, accorder des indemnisations, de même que les salariés victimes de l'amiante.
Il dit avoir peu confiance dans le projet du gouvernement.
"Les magistrats n'ont pas pu se laisser abuser par cet effet d'annonce. Je pense qu'aujourd'hui on peut exiger qu'un fonds d'indemnisation soit créé, mais surtout en mettant en œuvre des conditions qui ne soient pas aussi restrictives que se peut craindre", a-t-il déclaré.
Les plaignants, dont sept sont aujourd'hui décédés et représentés en justice par leurs familles, demandaient environ cinq millions d'euros au total.
Ils ont tous été atteints de cancers de la peau, du sang ou des reins après avoir travaillé sur les théâtres d'essais vêtus de simples combinaisons en tissu, sans précautions. 150.000 VICTIMES ?
Les 12 arrêts de la cour confirment pour certains les premières décisions de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions pénales (Civi) de Paris rejetant leurs demandes, au motif que la loi a limité le champ d'action de cette juridiction aux faits survenus après le 1er janvier 1976.
Concernant les faits avant cette date, les autres arrêts stipulent que la Civi n'est pas compétente pour les "accidents de travail ou de service" et renvoie les plaignants à d'autres juridictions - tribunaux des pensions militaires ou administratifs.
Environ 150.000 personnes ont participé en tant que personnel civil et militaire aux 210 essais nucléaires français - dont une cinquantaine en atmosphère - réalisés au Sahara algérien entre 1960 et 1966 puis en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, entre 1966 et 1996.
Le projet défendu par le ministre de la Défense Hervé Morin prévoit de créer un fonds d'indemnisation doté pour commencer de dix millions d'euros.
S'il marque symboliquement la reconnaissance par la France, bien après la plupart des autres puissances nucléaires, de l'existence d'un dommage longtemps nié, le texte pourrait cependant prévoir certaines restrictions.
Une liste de maladies liées aux effets de la radioactivité sera retenue dans ce texte, et les demandes seront prises en compte en fonction d'un seuil d'exposition qui sera précisé dans un décret, a déjà dit Hervé Morin.
Le litige a provoqué de nombreux procès et depuis 2004, deux juges d'instruction parisiens du pôle de santé publique instruisent une information judiciaire pour "homicides involontaires et atteintes involontaires à l'intégrité physique" ouverte sur plainte de certaines victimes. Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet, Reuters, 22/5/2009
Victimes des essais nucléaires français en Algérie :
Comment Paris veut classer le dossier Par Mokrane Ait Ouarabi, El Watan, Alger, 20/5/2009
A Hamoudia comme à In Ekker, l’air n’est pas bon à respirer. Quarante-neuf ans après les premiers essais nucléaires français à Reggane, au Sud algérien, les effets néfastes sont là. Certains spécialistes disent qu’ils ne disparaîtraient pas de sitôt. Pas avant 240 000 ans. Les effets dévastateurs de ces essais ravagent la santé de la population locale et affectent l’écosystème. Fausses couches, malformations des nouveau-nés, cancers et autres maladies rares sont très répandues dans ces régions, allant de Reggane au Hoggar. Plusieurs chercheurs ont établi un lien direct entre ces maladies et les rayonnements radioactifs. Les résultats du travail de Abdelkadhim Al Aboudi, docteur en physique nucléaire, présenté en février dernier lors d’une journée d’étude à Alger, corroborent cette thèse : « On a enregistré 87 fausses couches en une année dans une petite commune de cette région ».
Pour ce chercheur, de telles malformations, comme l’existence de nombreux cas de personnes dont le système immunitaire est affecté, sont, sans nul doute, dues à l’exposition aux radiations. « On nous explique, a-t-il souligné, que la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire de nombreuses personnes au sud du pays, à Tamanrasset et Adrar surtout, est induite par une atteinte au virus du sida. Mais je peux vous assurer que l’exposition aux rayonnements radioactifs peut aussi provoquer le même effet ». Selon lui, c’est toute la région du Touat qui est contaminée. Même les populations des pays voisins sont touchées par les rayonnements radioactifs. Les mêmes maladies constatées à Adrar sont répandues aussi bien au Mali qu’au Tchad. Les opérations n’étaient pas de simples essais « propres » comme certains milieux français veulent le faire croire. Déjà le premier essai, Gerboise Bleue effectué le 13 février
1960, était quatre fois plus puissant que la bombe d’Hiroshima, ont indiqué des rapports français. Le tir était aérien comme également les trois autres tirs – intitulés Gerboise blanche, rouge et verte – qui ont suivi. Ils ont été effectués d’une tour située plus précisément à Hamoudia, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Reggane. Le rapport annuel du Commissariat à l’énergie atomique (organisme public de recherche scientifique français dans les domaines de l’énergie, de la défense, des technologies de l’information et de la santé) de 1960 montrait l’existence d’une zone contaminée de 150 km de long environ.
Ce rapport indiquait que les essais atmosphériques en particulier se sont avérés très polluants en irradiant le sol algérien tout en causant un grave préjudice écologique dont témoignent encore les roches noires et les terres brûlées où aucune végétation ne pousse. La France avait ainsi abandonné les essais aériens optant pour des explosions souterraines. De novembre 1961 à février 1966, treize autre tirs en galerie ont été effectués dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade). Mal confinées, les bombes avaient dégagé des effets radioactifs dévastateurs sur la faune et la flore. Les bombes utilisées étaient plutôt fabriquées avec du plutonium connu pour être plus toxique que l’uranium. Les explosions qui avaient provoqué des déplacements tectoniques, ont fait disparaître l’eau potable notamment au niveau du site de In Ekker. Bien qu’invisible à l’œil nu, le danger de radiations guette encore, et pour longtemps, les milliers de personnes vivant dans ces régions. Cette réalité chaotique, qu’on n’arrive toujours à admettre en France, a été illustrée par des films documentaires comme Vent de sable de Larbi Benchiha, Gerboise bleue de Djamal Ouahab et Combien je vous aime de Azzedine Meddour. Des vétérans de l’armée française avaient indiqué qu’ils étaient utilisés comme « cobayes » lors de ces essais. Des Algériens aussi.