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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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mercredi 5 juillet 2017

"Complément d’enquête, jeudi 6 juillet, 22h 40- Le clan Bongo : une histoire française

Présenté par Nicolas Poincaré
Ce direct débutera jeudi 6 juillet 2017 à 22h40. Durée : 01h8

http://www.francetvinfo.fr/image/75eaju1xy-a9c0/1500/843/12816411.jpg
C’est le plus français des présidents africains : Ali Bongo a grandi en France, protégé par notre République, et son père a côtoyé tous les présidents français, du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy. De la famille Bongo, les Français connaissent surtout Omar, le père, pilier de la Françafrique pendant plus de quarante ans.
Depuis 2009, c'est Ali, le fils, qui détient le pouvoir au Gabon. Lors de la dernière présidentielle d'août 2016, il a été réélu malgré des soupçons de fraude. Ses adversaires accusent Ali Bongo d’être un dictateur : il aurait donné l’ordre de tirer à balles réelles sur ses opposants et aurait provoqué la mort d'une trentaine de Gabonais lors de violentes émeutes qui ont secoué le pays.

Un enfant de la Françafrique

Le Gabon, petit pays d’Afrique de 2 millions d’habitants, a pourtant été pendant plusieurs décennies un îlot paisible dans la région. Une base arrière de la France qui s’y fournissait en pétrole, en bois, en uranium… et en cash. Omar, le père d’Ali, aurait offert des millions d’euros à nos hommes politiques pour financer leurs campagnes. Protégée par la France, la famille Bongo a amassé, au cours de son règne, une fortune colossale : plus de 500 millions d’euros.
Depuis la mort d’Omar en 2009, Ali a pris la relève. Comme son père, il mène une vie de millionnaire, roule en voiture de luxe. Pourtant, le nouveau président jure être en rupture avec l'image paternelle et affirme vouloir solder l’héritage.
Ce portrait de 52 minutes donne la parole à Ali Bongo. Donatien Lemaître et Laurent Dy, les réalisateurs, ont posé leurs caméras dans les coulisses du pouvoir afin de donner une image inédite de l'homme fort du Gabon. Ils donnent aussi la parole aux contradicteurs et aux hommes de la Françafrique, notamment Robert Bourgi.
La rédaction de "Complément d'enquête" vous invite à commenter l'émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #Cdenquete.

lundi 5 septembre 2016

Gabon: France calls for calm after 50 years of support to the Bongo regime

Press release by Survie, 1/9/2016
Voting for the presidential election in Gabon took place on Saturday 27th August. While Ali Bongo seems to have lost the election, according to results produced by the opposition at the exit polls, he decided, as in 2009, to impose himself by force. Since Wednesday evening, various events were violently suppressed by military and police forces. If the death toll is impossible to determine at this time because of movement restrictions coupled with Internet blackouts, it turns out that Ali Bongo doesn't just use to tear gas but orders to use live ammunition as well as heavy weaponry, shooting from helicopters.
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Gabon: la Francia lancia un appello alla calma dopo mezzo secolo di sostegno al regime Bongo

Comunicato di Survie, 1/9/2016
Il voto per l’elezione presidenziale in Gabon ha avuto luogo questo sabato, 27 agosto. Mentre sembrava che Ali Bongo avesse perso le elezioni, dopo i risultati prodotti dall’opposizione all’uscita dalle urne, come nel 2009 ha deciso di imporsi con la forza. Da mercoledì sera, diverse manifestazioni sono state represse con violenza dalle forze militari e di polizia. Anche se per il momento non si riesce a stabilire il numero di morti, viste le restrizioni di movimento e l’interruzione del collegamento internet, si è comunque accertato che Ali Bongo non si limita affatto ai gas lacrimogeni, ma fa sparare sulla sua popolazione con proiettili veri e anche con armi pesanti e dagli elicotteri. 
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jeudi 1 septembre 2016

Gabon : la France appelle au calme après 50 ans de soutien au régime Bongo

par Survie, 1/9/2016
Le vote pour l’élection présidentielle au Gabon a eu lieu ce samedi 27 août. Alors qu’Ali Bongo semble avoir perdu l’élection, d’après les résultats produits par l’opposition à la sortie des urnes, il a décidé, comme en 2009, de s’imposer par la force. Depuis mercredi soir, différentes manifestations sont violemment réprimées par les forces militaires et policières. Si le nombre de morts est impossible à déterminer pour l’instant du fait des restrictions de déplacement couplées à la coupure d’internet, il est avéré qu’Ali Bongo ne se limite pas aux gaz lacrymogènes mais fait bien tirer sur sa population à balles réelles, ainsi qu’à l’arme lourde et depuis des hélicoptères.

Le gouvernement français appelle aujourd’hui à la fin des violences, ainsi qu’à la publication des résultats bureau par bureau, adoptant une posture de soutien à la démocratie. Survie rappelle que la France n’a pourtant fait que soutenir, depuis 50 ans et jusqu’à aujourd’hui, le régime du clan Bongo. En 2009 déjà, Ali Bongo n’aurait jamais pu réussir son passage en force sans l’intervention zélée de différents acteurs français [1]. La France a continué à soutenir le régime, lui octroyant de nombreuses marques de reconnaissance diplomatique (réceptions à l’Élysée, déplacements de ministres français). Ce soutien s’exerce notamment via la coopération militaire et sécuritaire auprès de l’armée et la police gabonaise, celles-là même qui tuent actuellement les civils gabonais. En 2014, le gouvernement français se vantait d’avoir formé prêt de 4000 militaires gabonais, qui utilisent notamment du matériel français.
Encore aujourd’hui, de nombreux coopérants français sont présents au sein des forces de sécurité gabonaises, notamment auprès de la garde présidentielle, clé de voute du système sécuritaire du clan au pouvoir. Le commandant en chef de la police nationale gabonaise, Jean-Thierry Oye Zue a annoncé ce matin à l‘AFP que plus de 200 personnes ont été arrêtées depuis hier soir. Ce commandant est, par exemple, encore aujourd’hui, assisté par un conseiller spécial qui se trouve être un commandant de police français, Christophe Blu. De plus, d’après certains témoignages, l’armée gabonaise utiliserait des armes françaises, notamment des fusils d’assauts de type Famas, pour tirer actuellement sur les civils gabonais.
Comme le soulignait Survie dans son rapport "Elections en Françafrique", publié en avril 2016, ce soutien français s’est maintenu alors même que de nombreux éléments indiquaient une reprise en main sécuritaire du régime depuis plusieurs années (recrutements dans la police et l’armée sur une base "ethnique", achatS d’armes, etc.), qui s’est accentuée à l’approche du scrutin présidentiel.
Survie, ces dernières semaines, a par ailleurs plusieurs fois interpellé le gouvernement sur l’augmentation de la répression des militants d’opposition par le régime, ainsi que sur de nombreux cas d’arrestations arbitraires [2], et prévenu contre le risque qu’Ali Bongo tente de nouveau un passage en force pour cette nouvelle élection. La France n’a jamais condamné ces répressions, ni suspendu sa coopération militaire et sécuritaire comme nous l’avions demandé à de nombreuses reprises.
« Partenaire inconditionnel du régime Bongo depuis 50 ans, la diplomatie française, qui s’est illustrée par son silence dans d’autre scrutins de reconduction de régimes dictatoriaux ces derniers mois (Djibouti, Congo, Tchad) peut difficilement apparaitre à la fois comme un avocat du vice et de la vertu » a déclaré Thomas Bart, porte-parole de Survie. « Les gesticulations diplomatiques actuelles demeureront des postures opportunistes tant que le gouvernement français n’annoncera pas l’arrêt de sa coopération militaire et policière, ce qu’il aurait dû faire depuis bien longtemps ».
Notes
[1] voir notamment le rapport de Survie," Élections en Françafrique. Congo, Djibouti, Tchad, Gabon." p.50 avril 2016.
[2] Voir notamment nos deux lettres ouvertes, la première adressée à F. Hollande et publiée le 22 juillet : "Coopération sécuritaire française et répressions au Gabon " et la seconde le 13 août,"Gabon : Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères. Coopération militaire et sécuritaire avec le Gabon" accessible sur notre site www.survie.org

lundi 12 janvier 2015

Charlie Hebdo : vigilance face aux dérives sécuritaires menées au nom de la guerre contre le terrorisme

par Survie, 12 janvier 2015 
Survie et ses membres se sont associés à la consternation générale face à l’assassinat des journalistes satiriques de Charlie Hebdo et de l’ensemble des victimes des attentats perpétrés du 7 au 9 janvier 2015. Au-delà de l’élan premier de solidarité face aux drames qui se sont joués, notre association se montre toutefois inquiète face à l’indignation sélective et à l’utilisation politique qui est en train d’être faite autour de ces événements par certains leaders de partis, membres du gouvernement, éditorialistes.
L’expression « notre 11 septembre à nous », afin de justifier une politique sécuritaire et militaire qui bat déjà son plein et qui risque d’empirer, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’opposition des termes « civilisation » et « barbarie », l’expression récurrente du mot « guerre », la justification a posteriori des interventions militaires françaises dans le Sahel et au Proche-Orient, sont autant de dérives qui se sont manifestées ces derniers jours. Dans son combat contre la Françafrique et l’idéologie néocoloniale et raciste qui la sous-tend, Survie ne peut que se sentir concernée par la montée en puissance de ces discours néo-conservateurs.
Par ailleurs, la présence au défilé du 11 janvier à Paris de dictateurs africains tels qu’Ali Bongo (Gabon) et Faure Gnassingbé (Togo) et d’un représentant du président tchadien Idriss Déby nous est apparue particulièrement indécente. Plus que la liberté d’expression, , que ceux-ci bafouent régulièrement, on devine que leur présence, aux côtés des présidents malien et nigérien, avait pour objectif de légitimer les interventions militaires françaises récentes en Afrique, au Sahel en particulier.

samedi 29 décembre 2012

Acharnement politico-judiciaire contre Marc Ona Essangui dans sa lutte contre l’accaparement des terres par le groupe Olam au Gabon

par mouvement Ça suffit comme ça !, EELV, Parti de Gauche et Survie, 24/12/2012
Depuis de nombreuses années, la société civile gabonaise, notamment Brainforest, dont Marc Ona Essangui est responsable, n’a jamais cessé de se battre aux côtés des populations pour la défense de leurs droits, la protection de l’environnement et la transparence dans la gestion du pays.
En effet, alors que de nombreuses familles gabonaises n’ont toujours pas digéré la destruction non concertée de centaines d’habitations à Libreville en 2010 sans indemnisation ni relogement, le gouvernement gabonais décide de concéder près de 300 000 hectares de terre à la compagnie singapourienne Olam pour la production d’huile de palme et la réalisation de plantations d’hévéa cultures sans consulter au préalable les populations locales et avec une étude d’impacts biaisée, selon la société civile locale. Une contre-étude réalisée par les experts de la société civile gabonaise montre les dégâts environnementaux, sociaux et économiques du projet.
Une pétition ayant obtenu des milliers de signatures des communautés locales s’opposant au projet a eu le soutien d’une cinquantaine d’organisations internationales qui reconnaissaient par là le bien-fondé de cette lutte menée de front par Marc ONA ESSANGUI [1]. Malheureusement, toutes ces réactions n’ont pas suffi pour décourager le groupe Olam et le gouvernement gabonais qui se sont lancés dans des campagnes de séduction dans les médias et auprès des populations. Pourtant une réunion extraordinaire présidée par le Premier ministre du Gabon a réuni les différents protagonistes et décidé de surseoir au projet. Hélas, le président de la République et les membres de son cabinet qui sont les principaux promoteurs de cette structure asiatique ont rejeté cette décision consensuelle.
Contre toute attente et non satisfait de ne pouvoir réaliser les objectifs de leur propagande au profit d’un groupe dont la réputation reste peu recommandable [3] et au détriment de son peuple privé de ses terres, le régime gabonais, par le biais du chef de cabinet d’Ali Bongo, Liban Souleymane, décide de poursuivre Marc ONA ESSANGUI en justice aux motifs que ce dernier aurait cité son nom dans l’implication du dossier Olam.
Sachant que plusieurs appels à libération de dizaines de citoyens gabonais victimes de parodies judiciaires sont restés sans suite, que la santé du jeune Nicolas Ondo, leader du mouvement estudiantin, est préoccupante depuis sa sortie de prison et que les différents rapports sur les droits de l’homme dans le pays sont accablants, nous redoutons avec inquiétude et gravité que cette procédure judiciaire initiée par Liban Souleymane contre ONA ESSANGUI n’apparaisse comme une volonté manifeste du gouvernement gabonais d’empêcher la mobilisation du peuple gabonais contre un projet jugé scandaleux. Le fait qu’un journal proche du pouvoir ait rendu publique la convocation au tribunal de Libreville de Marc ONA ESSANGUI avant que ce dernier l'ait reçue lui-même, l’acharnement violent de groupes proches du pouvoir contre Marc Ona [3] sont autant de signaux qui ne trompent point.
Ce procès prévu le 26 décembre, en pleine période de fêtes de fin d’année, est un moyen de bâillonner le cri des populations mais surtout d’étouffer la contestation grandissante de ce projet d’Olam conduite par Marc Ona Essangui.
A la suite de la Convention de la Diaspora Gabonaise, nous confirmons notre soutien à Marc ONA ESSANGUI dans ses combats pour les droits des peuples et la gouvernance et nous invitons le gouvernement gabonais à plus de retenue et de respect de son peuple. Par ailleurs, nous invitons la communauté internationale à rester vigilante et à exiger du gouvernement gabonais le respect de ses engagements pour les droits de l’homme et de la bonne gouvernance.

samedi 17 novembre 2012

Belfort, 29 novembre : La Françafrique vue du Gabon


Les Amis de l’Emancipation Sociale,  les Amis du Monde Diplomatique  Nord Franche-Comté vous invitent à une conférence-débat sur le thème

La Françafrique vue du Gabon

en présence de Serge MOUNDOUNGA
 juriste et analyste politique

 

Jeudi  29 novembre  2012

20h30 à BELFORT Maison du peuple (salle 327) (entrée libre et gratuite)


Venez découvrir « l’ami » de la France, ce dictateur corrompu et corrupteur des élites politiques françaises, Ali Bongo, Président du Gabon, celui qui laisse son pays piller par les monopoles français. De Sarkozy à Fabius, le changement dans la continuité ? Le ballet des mallettes de fric va-t-il continuer ? La justice française récupèrera-t-elle les biens mal acquis (hôtels particuliers, voitures de luxe…) ? Venez en débattre.

Contact : 03 84 30 35 73

mercredi 29 août 2012

Régime gabonais : le Parti socialiste et le gouvernement doivent se positionner fermement

par Survie, 28/8/2012

Tandis qu’au Gabon, la répression s’intensifie depuis deux semaines, la société civile demande au Parti socialiste français des explications sur l’invitation à l’université d’été de la Rochelle dont se prévaut le parti au pouvoir.
L’occasion pour l’association Survie, qui publie ici la lettre ouverte de la société civile gabonaise, d’exiger du PS et du gouvernement un positionnement clair vis-à-vis de la dictature d’Ali Bongo, qui continuera sinon à faire passer sa réception à l’Élysée le 5 juillet dernier pour une marque de soutien.
Alors que dans le communiqué publié suite à la réception du dictateur Ali Bongo par François Hollande, l’Élysée faisait état d’un « dialogue exigeant sur les questions de gouvernance, de lutte contre la corruption et de pluralisme démocratique » [1], aucun responsable gouvernemental n’a dénoncé la violente répression qui s’est abattue depuis le 15 août contre les militants de l’opposition politique et de la société civile au Gabon. Le mouvement « Ça suffit comme ça ! » avait alors appelé « la Communauté Internationale de se mettre, d’ores et déjà, aux cotés du peuple gabonais face à un pouvoir sans foi ni loi qui n’hésite pas à martyriser son peuple et qui court le risque de plonger le pays et la sous-région dans une catastrophe aux conséquences incalculables. » [2]
Ils ne s’attendaient pas à apprendre quelques jours plus tard, par la représentation diplomatique du Gabon au Maroc, que le pouvoir en place se félicitait de l’invitation de représentants du Parti Démocratique Gabonais (PDG) [3] à l’Université d’Été du PS à la Rochelle. Ils ont cherché à savoir à quel titre ceux-ci y auraient été invités, et se sont ainsi procuré une lettre officielle que le Parti socialiste aurait envoyée au PDG, et que nous reproduisons ici. Le mouvement « Ça suffit comme ça ! » a donc demandé au Parti socialiste, dans une lettre ouverte du lundi 27 août, de lui fournir « plus d’informations » sur une telle invitation. 
Le Parti socialiste avait justement communiqué, au lendemain de la réception d’Ali Bongo par François Hollande, sur « une relation qui change » et sur la prétendue « volonté de rompre avec les pratiques du passé, marquées par les dérives de la "Françafrique" » [4]. Pourtant, le gouvernement multiplie les gestes de continuité à l’égard des dictatures françafricaines, à l’instar des déclarations récentes du ministre Laurent Fabius selon lequel « il y a un changement de président de la République, un changement de gouvernement, mais les relations d’amitiés demeurent » [5].
En écho à la société civile gabonaise, l’association Survie invite donc le Parti Socialiste et le gouvernement à se prononcer publiquement sur cette invitation dont se prévalent des membres du PDG, et à condamner officiellement la répression actuelle au Gabon et le régime en place. 
Annexes :
[3] Parti fondé en 1968 par Omar Bongo, parti unique jusqu’en 1991, il est aujourd’hui toujours le parti de son fils, Ali, et du clan Bongo.
[4] Communiqué du Parti socialiste Gabon : une relation qui change Notons que le clan d’Ali Bongo n’avait pas eu la même lecture de cet entretien avec François Hollande, à en juger par sa communication sur la « reconnaissance des efforts déployés par les autorités gabonaises » (http://www.gaboneco.com/show_articl...)

dimanche 13 décembre 2009

Uranium, l'héritage empoisonné


Un documentaire de 52' de Dominique HENNEQUIN.
Une production Nomades TV et Public Sénat avec le soutien du CNC et de la Région Lorraine.
Rediffusion le :
dimanche 13/12/2009 à 18h00
lundi 14/12/2009 à 10h30
dimanche 20/12/2009 à 09h00
Durée : 52 minutes

Uranium, l'héritage empoisonné - Extrait 1
A Mounana au Gabon, AREVA a cessé les activités de sa filiale, la COMUF, en 1999. Sur place, une pollution radioactive des sols et des maisons construites avec des stériles miniers provoque de nombreuses maladies.
A Arlit, au nord du Niger, AREVA exploite deux mines depuis quarante ans. On relève aux alentours les mêmes effets : des mineurs locaux et des expatriés souffrent principalement de cancers des poumons.
Pendant 18 mois, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont enquêté sur les conséquences de
l'exploitation de l'uranium au Gabon et au Niger et rapporté des images exclusives. A Mounana, Dominique HENNEQUIN et Pascal LORENT ont filmé un vaste site contaminé à la radioactivité et rencontré des victimes. Dans les mines d'Arlit, au Niger, l'équipe entre dans le futur site minier d'Imouraren et donne la parole à la rébellion Touareg.
Une enquête étayée par de nombreux témoignages et les analyses d'échantillons réalisées par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité).


Le Niger, l’uranium et les communicants excommunicateurs

par Samuel Gontier, Telerama, 11 décembre 2009   

Jacques-Emmanuel Saulnier, brillant porte-parole d’Areva, leader mondial du nucléaire, fait savoir par courrier (1) que « [s]es équipes ont pour instruction de ne plus donner suite à vos sollicitations ». Il s'adresse au réalisateur Dominique Hennequin, à qui il reproche ses propos tenus dans Télérama pour parler de son film Uranium, l'héritage empoisonné, diffusé ce soir sur Public Sénat.  Avant de revenir sur la polémique, attardons-nous d'abord sur deux enquêtes effectuées à Arlit, au Niger, où Areva exploite des mines.

Jacques-Emmanuel Saulnier dénie à la visite de Dominique Hennequin le caractère d’une « opération de com (…) : Nous aurions choisi une autre audience que celle offerte par Public-Sénat, soyez-en assuré ». On appréciera le compliment adressé à une chaîne pas franchement subversive, qui, dans la mesure de ses faibles moyens, mène cependant une politique ambitieuse en matière de documentaire. Et on n’osera contester cette information fournie par Areva : « Plus de 50 journalistes se sont rendus à Arlit l'an passé. » Parmi eux, Patrick Forestier, qui a réalisé pour Spécial investigation une enquête, Trafic d'uranium, diffusée début novembre sur Canal+. Un petit comparatif avec le travail de Dominique Hennequin, fondé sur quelques extraits, se révèle particulièrement édifiant.

Pour les deux reporters, la visite des mines d’Arlit ne constitue que la seconde partie de leur document. Dans sa première partie, très intéressante, Patrick Forestier enquête sur l’extraction périlleuse et la destination douteuse de l’uranium des mines clandestines situées en République démocratique du Congo (RDC). De son côté, Dominique Hennequin se rend au Gabon pour mesurer les désastreuses conséquences sanitaires et environnementales de l’exploitation par la Comuf (filiale d’Areva) d’un site fermé en 1999.

Nous voici au Niger.
Patrick Forestier y est allé à l’occasion d’une cérémonie bien fréquentée.

Patrick Forestier descend ensuite dans une mine de la Cominak, qui, « fait exceptionnel, accepte de nous ouvrir les portes de ses boyaux souterrains ». « Exceptionnel », c’est un peu exagéré. Si j’en crois Jacques-Emmanuel Saulnier, cette mine est un vrai moulin à vent. Le reporter y recueille des témoignages sur les conditions de sécurité.

Visitant lui aussi une mine souterraine de la Cominak, Dominique Hennequin est confronté exactement au même discours. Mais il se permet d’émettre des doutes

Au fait, où va le radon dont un mineur explique à Patrick Forestier qu’il doit être ventilé pour ne pas les intoxiquer ? L’enquête de Canal+ donne une réponse plutôt succincte.

Suivra le discours calibré des salariés d’Areva évoqué plus haut. Dominique Hennequin, lui, s’intéresse de plus près à cette pollution atmosphérique. Exprimant de nouveau son scepticisme.

Chaque gisement d’uranium possède son usine de traitement du minerai qui broie la roche puis en extrait l’uranium naturel pour produire l'uranate, ou « yellow cake », exporté vers les usines d'enrichissement françaises. En visitant l'installation de la Cominak, Patrick Forestier s’arrête d’abord devant le tas de minerai prêt à être traité.

Patrick Forestier ne le sait peut-être pas, mais il assiste à un rituel très prisé des dirigeants d’Areva, une ordalie qui établit l’innocuité de leur industrie : prendre dans la main un objet peu radioactif et, si l’exposition n’est pas prolongée, peu dangereux (sauf par inhalation ou ingestion, d’où la phrase « Je vais me laver les mains. »). Dominique Hennequin, lui aussi, visite l’usine de traitement de l’uranium. Mais il ne s’attarde pas sur le beau minerai doux au toucher, il s’interroge sur le devenir des boues qui sont produites lors de fabrication de l’uranate. Des boues stockées à l’air libre.


Au final, le contraste entre les deux enquêtes est saisissant. N’accablons pas Patrick Forestier : il ne s’intéressait pas à la pollution engendrée par l’extraction d’uranium mais aux risques géopolitiques (la prolifération) qu’elle implique. De ce point de vue, son enquête est réussie. N’empêche que le message des communicants est passé. Les abominables mines clandestines de RDC semblent avoir été filmées pour mieux faire admirer le soin avec lequel Areva extrait de l’uranium nickel au Niger – et pour annoncer en conclusion que l’entreprise va implanter son formidable savoir-faire… en RDC (!).

Dominique Hennequin, de son côté, a creusé son sillon avec rigueur, multipliant les sources d’information : associations, scientifiques, médecins, victimes, juristes, opposants politiques… et Areva, bien sûr. Le tout sans jamais remettre en cause la nécessité d’exploiter l’uranium du Niger pour alimenter les centrales d’EDF. Cette démarche simplement rigoureuse n’a pourtant pas l’heur de plaire aux apôtres de la communication.

Dans sa lettre, le porte-parole d'Areva met particulièrement en cause une impression confiée à Télérama par Dominique Hennequin. « Notre visite était tellement encadrée, elle m’a rappelé la Corée du Nord », dit le réalisateur (qui a effectué un reportage au pays de Kim Il-sung). « Il est outrancier de comparer l’accueil d’Areva à celui de la Corée du Nord, s’indigne Jacques-Emmanuel Saulnier. Que vous vous livriez à un amalgame géopolitique de ce type pour qualifier la manière dont notre Groupe vous a ouvert ses portes est insultant pour celles et ceux de mes collègues qui, au siège ou au Niger, se sont mobilisés à cet effet. »

Le porte-parole d’Areva voudrait faire croire
à une attaque contre des personnes ? Mais Dominique Hennequin parlait d’une ambiance qu’il a ressentie, pas des salariés d’Areva. Le Niger n’est pas la Corée, les communicants de la multinationale ne sont pas les robots d’un régime totalitaire. Ils ont loyalement accepté de répondre aux questions les plus dérangeantes posées par un reporter bien documenté dont la pugnacité les a parfois contraints à exprimer quelques ambiguïtés révélatrices. Quant aux mesures sécuritaires auquel est soumis le Nord Niger, il va de soi qu’elles ont été « décrétées » par le gouvernement, pas par Areva… même si la spoliation de leurs terres pour les besoins de l’exploitation minière n’est pas étrangère aux motivations des rebelles touaregs.

Dominique Hennequin a donc enfreint le catéchisme d’Areva. Celui-ci est d’une simplicité biblique : « Nous ouvrons grand nos portes et nos fenêtres à quiconque nous sollicite », prêche régulièrement Jacques-Emmanuel Saulnier, moine-soldat du combat pour la « transparence », dans de grands élans œcuméniques. Et c'est vrai (2). Ensuite, si l’enquêteur prend l’initiative de vérifier les dires des communicants, de chercher d’autres sources, d’interroger des personnes « dont on connaît les engagements » – disent-ils pernicieusement… comme si Areva n’avait pas d’engagements ! –, bref, s’il fait son travail de journaliste… Sacrilège ! Le mécréant a abusé de la confiance de ses hôtes, usant de « pratiques déloyales » pour mener une enquête « à charge ».

Si cela peut le consoler, Dominique Hennequin n’est pas le premier (et sûrement pas le dernier) à subir ce genre d’excommunication de la part d’Areva (ou de la part d’autres entreprises familières du même bréviaire). Au diable les sermons ! Leur seule existence confirme la pertinence du travail réalisé. Après tout, le triste sort réservé aux salariés et riverains des mines africaines ne méritait-il pas une enquête « à charge » ? (1) La lettre d'Areva (ou sur le site d’Areva).
(2) Il m'a été donné d'apprécier la civilité et la disponibilité dont il sait faire preuve.




lundi 14 septembre 2009

Enterrement d'un espoir

Ce samedi 12 septembre 2009, de 13h30 à 15h, les passants et les clients assis aux terrasses des cafés du centreè-ville de Grenoble ont assisté à un étrange défilé : Au son d’une marche funèbre, des acteurs grimés en responsables politiques, économiques et militaires de France et du Gabon ont transporté un cercueil symbolisant l’espoir démocratique gabonais assassiné. Ils étaient suivis par une vingtaine de personnes en deuil, arborant des pancartes dénonçant le soutien officiel français à Ali Bongo, nouveau maître de Libreville.

vendredi 4 septembre 2009

"L'élection gabonaise est un coup de force"

Une interview d'Odile Biyidi, présidente de l'association Survie
Le Monde, 4/9/2009

La commission électorale gabonaise a désigné Ali Ben Bongo comme vainqueur de l'élection présidentielle. Il succédera à son père qui avait dirigé le pays pendant 41 ans. Des émeutes ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, dénonçant des fraudes lors du vote. Les manifestants s'en sont aussi pris à des symboles de la présence française dans le pays, en attaquant une station essence Total et le consulat français à Port-Gentil. Odile Biyidi, présidente de l'association Survie – qui mène des campagnes d'information pour une réforme de la politique de la France en Afrique – dénonce elle aussi un coup de force et la perpétuation d'un système d'influence entre la France et l'Afrique.

Pour vous, l'élection d'Ali Ben Bongo à la place que tenait son père depuis 1967 est entachée d'irrégularité ?
Oui. Les premières constatations dans les bureaux montraient une avance considérable des deux candidats d'opposition (Pierre Maboundou et Andre Mba Obame) et Ali Bongo arrivait assez loin en troisième position. Ce résultat est un coup de force. Il n'a même pas été annoncé à l'unanimité car le procès verbal n'a pas été signé par tous les membres de la commission. Il y a eu beaucoup d'affrontement au sein de cet organe qui a longtemps tergiversé pour remettre les résultats. Quoi qu'il en soit, la décision finale n'apparaît pas très correcte et légale. Mais aujourd'hui, il n'y a pas de possibilité de vérification car rien n'est transparent dans la procédure de dépouillement ou dans les chiffres. Ces derniers apparaissent très partiels et on n'a même pas de chiffre de la participation. Rien n'est correct dans ces résultats.

Après 41 ans de règne sans partage, on attendait beaucoup de la première élection réellement pluraliste du Gabon. Est-ce un espoir déçu ?
On a le témoignage de Marc Oma, un leader tout à fait reconnu de la société civile, qui dit que la victoire d'Ali Bongo était déjà annoncée avant même le dépouillement. C'est dans la continuité totale des années précédentes. C'est ça qui est le plus désolant, l'absence de changement dans les pratiques de fraude, de mainmise sur tous les organes du pouvoir, de la justice à la commission électorale. Avant les élections, Ali Bongo ne voulait même pas démissionner de son poste de ministre de la défense. Il a fallu qu'il y soit contraint, mais en fait c'est resté formel. Il détenait toujours tous les rouages du pouvoir pendant la campagne.

Les manifestants s'en prennent notamment aux "intérêts français" au Gabon. Pourtant Paris s'est défendu de toute ingérence.
Les Français peuvent croire les déclarations d'Alain Joyandet [secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie] selon lesquelles la France est restée neutre. Mais les Gabonais y voient une sacrée plaisanterie. Pour eux la présence des intérêts français est tellement évidente dans leur pays. La présence écrasante du contingent français reste intimidante pour les manifestations de l'opposition. Il y a aussi des intérêts dans le pétrole, le bois et l'uranium. Bolloré vient par exemple de créer une société de service et de transport pour aider les entreprises à venir exploiter les ressources du Gabon, notamment les entreprises chinoises. Et c'est Pascaline Bongo qui est présidente de cette société. On voit bien là les intrications d'intérêt des Français avec le clan Bongo.

Là encore, pour vous on est dans une certaine continuité, mais quel est l'intérêt de la France à voir au pouvoir un candidat plutôt qu'un autre ?
La France a envoyé des observateurs complaisants qui ont déclaré avant même le moindre contrôle que les élections s'étaient bien passées. Un certain nombre de proches de Bongo sont venus se faire "briefer" en France avant les élections. De toute façon se sont des gens qui passent toutes les semaines en France, qui y ont des résidences, des proches. Leur staff est français. Tout ceci est dans la continuité d'une complicité qui repose sur beaucoup de trafics inavouables. Il n'y a pas que les activités commerciales "normales" comme le bois où le pétrole. Il y a tout le système occulte des commissions et rétro-commissions. S'il y avait un changement, beaucoup de choses pourraient être déterrées. Avec Bongo, il n'y aura aucun changement.
Propos recueillis par Antonin Sabot

Gabon : Coup de force françafricain

Communiqué de Survie, 4 septembre2009
Alors que les Gabonais aspirent à la démocratie et au changement après les 41 ans de gabegie du règne d’Omar Bongo, Ali Ben Bongo, fils du précédent, vient, non sans difficulté, d’être déclaré vainqueur de l’élection présidentielle au terme d’une mascarade électorale et d’un coup de force qui vise à prolonger la mainmise du clan Bongo sur le pays, avec la bénédiction des autorités françaises.

Ali Ben Bongo, fils et ex-ministre de la Défense d’Omar Bongo, également visé en France par une plainte sur les “ biens mal acquis ”, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle gabonaise du 30 août dernier avec 41,73% des voix devant ses deux principaux concurrents André Mba Obame (25, 88%) et Pierre Mamboundou (25, 22%). Annoncés non sans atermoiements par la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP, en grande partie composée de membres du Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et surtout par l’actuel ministre de l’Intérieur (également PDGiste), ces résultats contredisent toutes les estimations qui donnent, procès-verbaux des décomptes de voix à l’appui, Ali Bongo loin derrière ses deux principaux concurrents. Mais c’était compter sans les faux PV et les PV falsifiés introduits à la Commission électorale. Afin de mener à son terme cette mascarade électorale, le régime a également dispersé avec violence les nombreux manifestants et responsables de l’opposition venus au siège de la CENAP s’assurer du bon décompte des voix. Aujourd’hui, la Garde présidentielle et l’armée quadrillent Libreville. La tension est extrême dans le pays. Exténués par 41 ans de dictature d’Omar Bongo et ulcérés par le coup de force d’Ali Bongo, la majorité des Gabonais n’entend pas se laisser abuser une fois de plus. Le consulat de France à Port Gentil a ainsi été incendié, tout comme un édifice du groupe français Total, symboles du soutien indéfectible de la France au régime Bongo depuis des décennies.

Quand Ali s'appelait encore Alain et était chanteur de charme


La France a prétendu être neutre “ La seule chose qu’elle fait dans cette élection, c’est d’aider au déroulement normal des opérations ” a déclaré le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet. Sans doute trouve-t-il normales les conditions de la tenue de cette élection : organisation précipitée du scrutin, listes électorales gonflées, multiples violations du droit constitutionnel, énorme déséquilibre financier et médiatique entre les candidats qui, ailleurs, feraient crier au déni de démocratie. Dès le lendemain du vote, le même A. Joyandet a jugé le scrutin régulier alors que de nombreuses fraudes ont été dénoncées tant au Gabon que dans les ambassades à l’étranger. A l’ambassade du Gabon en France par exemple, l’ambassadrice a même été prise la main dans le sac, en possession de plusieurs dizaines de fausses cartes d’électeur.

Est-ce être neutre que laisser Robert Bourgi, conseiller notoire de Nicolas Sarkozy pour la diplomatie parallèle, ainsi que d’autres ressortissants français en vue au Gabon soutenir Ali Bongo ? Alors que dans le même temps A. Joyandet menace les Gabonais : “ si par malheur, les ressortissants français venaient à être inquiétés, il y aurait une quasi-automaticité d’intervention de nos troupes basées sur place.[…] il y a assez peu de probabilité que l’armée française quitte le Gabon.”



L’association Survie attire l’attention des dirigeants français sur la lourde responsabilité qui est la leur dans la détérioration de la situation au Gabon. A force de vouloir figer le pouvoir gabonais aux mains d’un clan complice des intérêts transnationaux les plus voraces, la France s’aliène la majorité du peuple gabonais.

L’association Survie demande aux autorités françaises de ne pas reconnaître l’élection d’Ali Bongo et de ne pas cautionner la prise du pouvoir par ce qui constitue un véritable un coup d’Etat électoral. Nous attendons du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner la même résolution dans la défense des principes démocratiques qu’il a montrée lors d’autres élections dans le monde, le même soutien à une opposition écrasée et bafouée dans ses revendications. Nous ne voulons pas que notre pays apparaisse comme le fidèle soutien de régimes despotiques indéfiniment reconduits.
Nous demandons au gouvernement français de s’assurer que les militants gabonais de la démocratie et des droits de l’Homme seront préservés de la répression qui risque de s’abattre sur eux comme sur tous ceux qui luttent pour le droit et la justice. Nous assurons les citoyens gabonais qui défendent leurs droits de notre solidarité dans leurs revendications.

En Mauritanie, au Niger, à Madagascar, nous assistons à un recul des acquis démocratiques, tandis qu’au Congo Brazzaville, au Cameroun, au Tchad les vieilles dictatures sont confortées. Le risque est grand de voir surgir au Gabon le même scénario qu’au Togo depuis 2005 : élection truquée, coup d’Etat électoral, répression des contestations, puis normalisation diplomatique validant une succession dynastique de Faure Gnassingbé après 38 ans de règne d’Eyadéma père. Tout cela, avec la complicité de la France, dans la droite ligne de la triste politique françafricaine avec laquelle le candidat Nicolas Sarkozy voulait rompre. Politique qu’il prétend maintenant camoufler sous des gesticulations médiatiques comme celle qui s’annonce en 2010, décrétée « année de l’Afrique » : “ année importante pour la relation entre l’Afrique et la France alors que 14 anciennes colonies françaises célèbreront le cinquantième anniversaire de leur indépendance. (…) Et je souhaite que 2010 signale aussi l’achèvement d’une rénovation profonde de nos relations avec le continent africain ”. Certains Français en seront peut-être dupes, pas les peuples africains.

Contact presse : Olivier THIMONIER
olivier.thimonier@survie.org Tél. : 01 44 61 03 25

Bongo Bis vu par le dessinateur gabonais Pahé......et par le dessinateur burkinabè Damien Glez