Communiqué de Survie, 6/7/2016
La
Cour d’Assises de Paris vient de condamner deux anciens bourgmestres
rwandais, Octavien Ngenzi et Tito Barahira, à la réclusion criminelle à
perpétuité pour leur participation au génocide des Tutsi dans la commune
de Kabarondo, en avril 1994.
Partie civile dans ce procès, Survie rend
tout d’abord hommage au remarquable travail du Collectif des Parties
Civiles pour le Rwanda (CPCR) sans qui ce procès n’aurait jamais eu
lieu. Survie prend ensuite acte que par cette condamnation pour
génocide, la Cour d’Assises de Paris reconnaît à nouveau, comme lors du
procès de Pascal Simbikangwa en 2014, que le génocide des Tutsi est bien le fruit d’un « plan concerté ».
Les débats ont montré comment ce génocide avait été planifié par les
autorités gouvernementales de l’époque, puis mis en œuvre par des unités
de l’armée et de la gendarmerie, par les milices extrémistes hutu et
par une partie de la population hutu. A l’échelon préfectoral, les
bourgmestres ont été un relais essentiel de la mobilisation génocidaire.
La Cour a pu l’établir en l’espèce pour MM. Ngenzi et Barahira, l’un
bourgmestre en fonction, l’autre ancien bourgmestre.