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Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
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vendredi 11 décembre 2009

Guinée: après le Clown Sanglant, le "Tigre"

Regardez cette vidéo d'une conférence de presse du Capitaine Moussa Dadis Camara datant d'août dernier et vous comprendrez pourquoi le Maroc de Mohamed 6 l'a accueilli pour le soigner, après qu'il se fut fait flinguer par son aide de camp à la dégaine rapide:



Mais passons aux choses sérieuses. Voici le nouvel homme fort de Guinée, le Général Konate. Avec lui, finie la rigolade !

Le destin de la Guinée entre les griffes du « Tigre »
Le général Sékouba Konaté, nouvel homme fort du pays
Par Franck Salin, jeudi 10 décembre 2009, afrik.com


L’homme n’aime pas les grands discours. A l’inverse du capitaine Moussa Dadis Camara, le général de brigade Sékouba Konaté est avare de paroles et méfiant vis-à-vis des médias. Ce colosse de 43 ans, qui assure l’intérim du chef de la junte guinéenne grièvement blessé, a gagné son surnom de « Tigre » sur le front. Il est l’officier le plus respecté de la troupe. Il a lors de son premier discours télédiffusé annoncé sa volonté de changement et de remettre l’armée au pas. Peut-il faire basculer le destin de la Guinée ?
jeudi 10 décembre 2009 / par Franck Salin

« Soyons une armée républicaine. Notre pays a trop souffert, la population civile a trop souffert des agissements de certains de nos camarades », lançait le général Sékouba Konaté mercredi au militaires guinéens. Ces propos, diffusés par la télévision nationale, rejoignent le sentiment général du peuple guinéen qui espère, en effet, que les militaires jouent leur rôle – protéger les citoyens –, plutôt que d’être une menace permanente. Le 28 septembre, plus de 150 personnes, rassemblées pour protester contre les velléités du président auto-proclamé Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections, périssaient à Conakry sous les balles et les coups des bérets rouges et de leurs acolytes. Plusieurs agressions et actes de vandalisme commis par des militaires ont été signalés ces six derniers mois. Une situation qui plonge la population dans la peur et la pousse à nourrir une méfiance certaine vis-à-vis d’une armée qui, au fil des cinquante dernières années, a accumulé un lourd passif.

Le général Konaté a appelé les soldats à « la cohésion » et à la « discipline », laquelle, concède-t-il, « était complètement bafouée ». Un bilan et des prescriptions que son prédécesseur avait déjà formulés et notifiés à la troupe, mais sans succès. « C’est une armée où un soldat ne connaît pas son unité organique, c’est une armée où un caporal peut dire merde à son colonel ! », aimait à répéter le capitaine Dadis Camara pour justifier son impuissance et la nécessité qu’il y avait à réformer la Grande muette. Le général Konaté parviendra-t-il à lancer cette réforme que n’a pu initier son prédécesseur ? Il en affiche en tout cas la volonté. « Nous avons quatre priorités, a-t-il expliqué hier à ses hommes : la reconstruction des camps (militaires), la formation des hommes, l’équipement des hommes et le renforcement de la discipline, parce qu’un militaire sans formation, c’est un criminel ». Parmi ses priorités également, la capture de celui que la junte considère comme l’ennemi public numéro un, le lieutenant Aboubacar « Toumba » Diakité qui a blessé grièvement à la tête, jeudi dernier, Moussa Dadis Camara auprès duquel il occupait le poste d’aide de camp. « Nous ne devons plus laisser des gens indésirables agir en notre sein », a déclaré le général Konaté à ses soldats en armes, faisant allusion à Toumba et à ceux qu’il qualifie de « mauvaises graines ».


Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté

Un soldat de l’élite militaire guinéenne

Proche de Dadis Camara, qu’il a soutenu lors de sa prise de pouvoir le 23 décembre 2008, après la mort du général Lansana Conté, Sékouba Konaté était considéré comme l’homme fort de l’armée guinéenne et avait hérité du portefeuille de la Défense au sein du gouvernement mis en place par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, organe politique de la junte). Le président Dadis Camara lui-même ne tarissait pas d’éloge pour celui dont le bureau, au camp Alpha Yaya Diallo, se trouvait à l’étage au-dessus du sien. Nombreux à Conakry allaient même jusqu’à dire que le pouvoir réel était entre ses mains, tandis que Dadis se contentait d’assurer la communication du nouveau régime. Cependant, il est plus vraisemblable qu’il existât une partition négociée du pouvoir entre les deux hommes. Une partition d’autant plus appropriée au sein d’une armée où les clans et les tensions ethniques étaient patents. Les ethnies forestières (dont le groupe Guersé auquel appartient Dadis Camara) et Malinké (dont est issu Konaté, qui serait aussi proche des Soussou avec lesquels il a passé une partie de sa jeunesse à Conakry) composent la majorité du contingent militaire guinéen [1]. L’alliance des deux hommes pouvait garantir un certain équilibre et satisfaire le gros de la troupe.

Désormais au sommet de l’Etat, le général de brigade Sékouba Konaté, ancien commandant du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA, unité d’élite de l’armée guinéenne, basée au camp Alpha Yaya Diallo), peut néanmoins compter sur son autorité naturelle et ses états de service pour se faire respecter et imposer ses vues. Ce militaire à la carrure imposante, peu causant, grand spécialiste du combat rapproché, a intégré l’armée en 1985, à l’âge de 19 ans. Il reçoit alors une formation de base, qu’il complète à l’Académie royale de Meknès au Maroc. Il poursuit sa formation en France. En 1996, il suit les cours du Brevet de chef de section Parachutiste à Pau et des cours d’entraînement du 1er degré à Mont-Louis. La même année, il est nommé commandant-adjoint du Détachement des parachutistes à la 2ème région militaire de Labé, au nord de la Guinée. Quelques années plus tard, en Chine, il reçoit des cours supérieurs de guerre. Mais c’est au front qu’il a gagné son surnom de « Tigre » et le respect de ses hommes, en menant entre 2000 et 2002 des actions le long des frontières sud et sud-est de la Guinée contre des bandes armées venues du Sierra Leone et du Liberia, et en participant à la Mission des Nations unies en Sierra Leone (UNAMSIL).

Konaté fera-t-il mieux que Dadis ?

La mise à l’écart forcée de Moussa Dadis Camara et d’un autre homme fort du régime, Mamadouba « Toto » Camara (1er vice-président du CNDD et ministre de la Sécurité), tous deux grièvement blessés à Koundara lors de l’altercation avec Toumba et les hommes du bataillon autonome de la sécurité présidentielle (BASP), pourrait bel et bien ouvrir une nouvelle ère. Nul ne peut dire, aujourd’hui, quand Dadis Camara reviendra en Guinée ni s’il reviendra. Accueilli favorablement par la majorité de la population et la communauté internationale l’année dernière, il s’est trouvé discrédité à leurs yeux suite au massacre du 28 septembre et à sa volonté affichée de se maintenir au pouvoir. Son hospitalisation au Maroc et la fuite de Tomba Diakité (désigné comme celui qui a coordonné le massacre à l’intérieur du stade du 28 septembre – l’identité du commanditaire reste sujet à débat), règlent a priori deux problèmes politiques majeurs. Soulagé de ces poids, le général Konaté apparaît à la communauté internationale comme une alternative acceptable. Les Américains ont d’ailleurs exprimé, hier, leur position. « Nous ignorons si (Camara) reprendra le pouvoir, mais dans l’intervalle nous tendons la main à Konaté (...). Nous pensons que des progrès (vers un gouvernement civil) peuvent être accomplis avec (Konaté) dans le cas où Camara ne reviendrait pas », a dit un diplomate américain à l’AFP, sous couvert d’anonymat. Et le sous-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Afrique, Michael Fitzgerald, qui doit participer dimanche à une réunion du groupe international de contact sur la Guinée, a déclaré à l’agence Reuters que, même s’il était « trop tôt » pour le savoir, le général Konaté ne lui donnait pas l’impression, contrairement à son prédécesseur, de vouloir s’éterniser sur le fauteuil présidentiel. Par ailleurs, des rumeurs lui attribuant des ennuis de santé confortent, pour certains, l’idée qu’il ne cherchera pas à rester en poste ad vitam aeternam.

Le général Konaté confiera-t-il le pouvoir à la société civile et à ses leaders politiques ? La question reste entière. Et l’exemple laissé par le général Lansana Conté aux jeunes générations de militaires ne pousse pas à l’optimisme. Néanmoins, si transition démocratique il y a un jour, il est à peu près sûr qu’elle n’aura pas lieu dans l’immédiat, les priorités affichées du « Tigre » étant tout autres.

[1] Les Soussous et les Peuls sont minoritaires dans l’armée guinéenne qui compterait quelque 50 000 hommes.

dimanche 1 novembre 2009

Sang et argent dans les rues : Les affaires de la Chine avec la junte détestée de Camara en Guinée pourraient lui attirer des ennuis à brève échéance

par  AFRICA-ASIA CONFIDENTIAL, octobre 2009. Traduit par Isabelle Rousselot, édité par Fausto Giudice

Les responsables du ministère des Affaires étrangères de Pékin sont
en train de se désolidariser énergiquement d'un contrat minier de 7 milliards $ annoncé le 9 octobre, entre le régime de Guinée de plus en plus isolé et le Fonds International de Chine (CIF), basé à Hong-Kong. Sans un rapide jeu de jambes diplomatique, la Chine pourrait à nouveau se trouver clouée au pilori pour soutien financier à un régime meurtrier, cinq ans après qu'une campagne internationale avait commencé à faire pression sur Pékin pour ses liens militaires et financiers avec le régime soudanais et les massacres au Darfour.

Le Capitaine Moussa Dadis Camara

De nombreux observateurs sont sceptiques devant l'insistance du Ministère des affaires étrangères à nier les liens ou les arrangements financiers du CIF avec le gouvernement chinois. En Angola, le géant pétrolier étatique Sinopec, est l'associé majoritaire dans une co-entreprise avec Dayuan International Development, la maison mère du CIF. Les directeurs de Dayuan sont les bénéficiaires financiers de cette coopération de plusieurs milliards de dollars avec des entités gouvernementales africaines et chinoises.
Le 17 octobre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont imposé un embargo sur les ventes d’armes à la junte du capitaine Moussa Dadis Camara, pour le meurtre d'au moins 157 personnes lors de tirs des troupes gouvernementales sur des manifestants le 28 septembre dernier. La Cour Pénale internationale a indiqué qu’elle ouvrirait une enquête pour déterminer si ces attaques brutales pouvaient être qualifiées de crimes contre l'humanité. Ce qui fait suite à des sanctions annoncées par l'Union européenne et les USA, accompagnées de l'ouverture d'une enquête indépendante sur les crimes de Conakry par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.
Face à une pression croissante de l'étranger et localement, de la part des factions militaires rivales, la clique au pouvoir du Capitaine Camara a joué l'offensive en faisant annoncer au ministre des Mines, M. Mamoudou  Thiam, que le CIF souhaitait investir 7 à 9 milliards de $ dans des projets pétroliers et miniers en Guinée, ainsi que dans des projets de construction de routes, de chemins de fer et autres transports. Thiam l'a appelé le contrat du siècle. Le point était clair : les critiques de l'Europe et des USA n'ont pas d'importance puisque la Chine va remplacer les intérêts occidentaux en Guinée.
Cela aurait pu encore être un stratagème populaire il y a une dizaine d'années, mais aujourd'hui, la plupart des Guinéens sont aussi sceptiques sur les ambitions de la Chine pour leur pays qu'au sujet des intentions des Occidentaux. L'annonce du ministre Thiam sur le contrat avec la Chine a alimenté des inquiétudes au niveau local : en effet, il a indiqué que le gouvernement était en train de créer une co-entreprise qui formera une société minière appartenant à l'État guinéen, basée à Singapour, qui détiendra tous les droits sur toutes les mines et les réserves de gaz du pays, à l'exception de celles déjà exploitées dans le cadre de contrats déjà établis. On ne sait pas clairement comment le contrat du CIF affectera les nombreux contrats miniers qui sont réexaminés par le régime Camara.
La société d’État angolaise Sonangol et sa co-entreprise avec le CIF, China Sonangol International,, devraient aussi investir dans des projets en Guinée. Les négociateurs guinéens ont accepté la demande du CIF que l’accord incluse la plupart des ressources minérales, pétrolières te gazières encore inexploitées. Les représentants officiels des deux parties sont réticents à parler des détails précis, notamment les avances financières à court terme dont le régime a besoin pour survivre face aux sanctions.
Selon une source proche du dossier, le contrat avec le CIF a été proposé par Mamady Diaré, l'ambassadeur de Conakry à Pékin, en juin dernier (AAC Vol 2 No 11). Selon le protocole, que Africa-Asia Confidential a pu lire,  « Les parties (le CIF et la Guinée) souscriront au capital social de la société et exerceront leurs droits de vote et les autres pouvoirs de contrôle en relation avec la Société Sino-Guineenne de Développement'», indiquant que le capital de départ sera à 15 % contrôlé par la Guinée et à 75 % par le CIF. Les 10 % restants doivent être payés d'avance par le CIF, et pourront ensuite être achetés par le gouvernement guinéen au taux du marché afin d'augmenter ses parts à 25 %.
Un responsable du ministère des Mines qui s'oppose au contrat a indiqué : « le but est de mettre en place une grande société appelée la Guinea Development Corporation (GDC) Mining, Oil and Gas, qui aura un droit de premier refus sur les ressources qui ne sont pas exploitées par les sociétés minières. Cette société nationale aura des filiales (GDC Transport, etc.) qui se déploieront dans chaque secteur pour développer des infrastructures ou des entreprises.
L'accord daté du 12 juin stipule que « les parties sont d'accord pour s'engager, pendant la période d'exclusivité des discussions, à ne faire aucune autre négociation ni conclure de contrats ou d'accords avec un tiers sur des projets concurrents. » Cette clause, qui implique une option de premier refus, a rendu furieux certains responsables du ministère des Mines. « Cet accord est véreux ! Comment peut-on donner autant de pouvoirs à une prétendue société nationale qui n'est en fait pas contrôlée par la Guinée ? Pourquoi a-t-on décidé d'aller à Singapour pour signer une joint venture comme si c'était impossible de le faire à Conakry ? », a demandé une de nos sources.
Thiam, le ministre des Mines, qui est un ami proche du Capitaine Dadis, indique que le contrat a été signé par lui-même, le Ministre d'Etat chargé de la Construction, Boubacar Barry et le Ministre des finances, Mamadou Sandé, qui est également proche de Dadis.

Boubacar Barry, ministre de la Construction


Le ministre des Mines et de l'Énergie Mamoudou Thiam, ancien vice-Président de l' Union des Banques Suisses à New York


Le Capitaine Mamoudu Sandé, ministre à la Présidence chargé de l'Économie et des Finances


Thiam fait l'éloge du « partenariat stratégique » signé entre la Guinée et le CIF. « Il s'agit de créer une société minière nationale qui maintiendra les intérêts de l'État dans des projets existants et qui développera de nouveaux permis miniers, comme GEPetrol en Guinée-Équatoriale, Sonangol en Angola et Vale Doce à ses débuts, au Brésil. »
Les discussions ont commencé, a indiqué Thiam, sur des projets miniers et sur les travaux d'infrastructure nécessaires. « Les 7 milliards de $ seront financés par le CIF à travers les mêmes mécanismes utilisés pour les 11 milliards $ investis par les Chinois en Angola depuis 2005 : un mélange de leurs fonds propres, de lignes de crédit privées et de banques d'État chinoises, puis ensuite des banques internationales une fois le contrat signé », a déclaré Thiam.
Après l'annonce du contrat, la junte de Camara a promis l'installation d'une centrale thermique d'urgence de 30 MW, un service de métro aérien à Conakry et des commandes d'avions pour lancer une compagnie aérienne appelée Air Guinea International.
L'accord du 12 juin comprend une longue liste de courses :
  • une nouvelle centrale thermique et la réhabilitation des installations (75 millions $)
  • des projets d'eau à Badi (215 millions $) et des logements bon marché (250 millions $)
  • l'amélioration des réseaux électriques à Conakry, Tinkisso et Kinkon (30 millions $)
  • la construction de bureaux officiels à Koloma (650 millions $)
  • la construction d'une zone industrielle
  • des barrages à Foumi (350 millions $), à Cogon (350 millions $) et à Kaléta (290 millions $)
  • Air Guinea International (216 millions $), des services de bus urbains et ferroviaires ;
  • la voie ferrée du Trans-Guinéen pour évacuer le minerai des Monts Nimba et le développement d'un port intégré (coût estimé en 2003 :  4,1 milliards $).
D'autres projets figurant sur la liste du document-cadre comprennent des sociétés de pêche, de coton, de traitement agro-industriel, de ciment, de tourisme et de télécommunications. Si le projet CIF fonctionne, les sociétés chinoises contrôleront presque tous les secteurs productifs de l'économie. Pour rembourser les emprunts de plusieurs milliards de dollars promis par le CIF, la GDC devra développer ses permis miniers et les possibilités du pétrole et du gaz guinéens.
Il existe déjà des retards de financement : les 100 bus promis dans les 45 jours après la signature de l'accord du 12 juin et les avions dans les deux mois ne sont toujours pas arrivés. Une source de l’Initiative pour a Transparence dans les Industries extractives a indiqué à AAC que les paiements de 50 millions $ du CIF à la Guinée ont été bloqués il y a environ 2 mois, par BNP Paribas et Citibank pour cause de documentation insuffisante.
D'autre part, les voitures de luxe offertes par la Chine pour la célébration des 50 ans d'indépendance de la Guinée servent désormais de moyens de transport à la direction du CIF pour effectuer ses courses autour de Conakry.
Les directeurs de CIF et de China Sonangol ont transformé leurs lucratives affaires en Angola en un empire commercial mondial. Un accord pour l'achat par China Sonangol de 49 % d'Air Tanzania a été annoncé par la Tanzanie en août 2008 (AAC Vol 1 No 10) mais le projet ne semble pas avoir évolué depuis.


China Sonangol a commandé trois premiers  Airbus A318 en février 2007

Des projets sont également en cours pour que China Sonangol finance la rénovation de  l'aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam. La direction d'Air Tanzania souhaite que China Sonangol soutienne un projet de 508 millions $ pour acheter neuf nouveaux avions et améliorer la formation et la technologie.
Il semble qu'en échange du versement de 21 millions $ pour qu'Air Tanzania développe sa flotte, China Sonangol aurait reçu trois permis de prospection pétrolière, une infraction par rapport aux procédures existantes. En janvier, la Tanzania Petroleum Development Corporation a révélé qu'elle avait attribué trois licences pour Rukwa à China Sonangol pour célébrer les relations naissantes entre la société et le gouvernement du Président Jakaya Kikwete. Les responsables de TPDC ont affirmé que ces licences datent d'un accord signé en 2007. Se présentant au gouvernement comme une société privée, China Sonangol a participé aux négociations avec la banque publique chinoise, la China Development Bank, afin de financer l'achat des 49 % d'Air Tanzania, ont indiqué des responsables en août 2008.

Le nouveau siège de CIF China Sonangol, à Luanda, Angola, septembre 2008. Photo Paulo Carvalho Costa

Petroci, la compagnie pétrolière nationale de Côte d'Ivoire est allée chercher les investissements chinois dans le secteur pétrolier et gazier. En 2009, Petroci a engagé des négociations avec China Sonangol et Sinopec, la société pétrolière d’État, au sujet de la construction d'une raffinerie et pour une prospection commune (AAC Vol 2 No 8). Et au Nigeria, China Sonangol a racheté les droits à la compagnie pétrolière, Devon, du bloc offshore OPL 256, en 2008, mais ne l'a pas encore exploré.
La maison-mère de CIF, Dayuan International Development et la banque portugaise Escom ont formé un partenariat avec la compagnie pétrolière nationale du Congo-Brazzaville, la Société Nationale des Pétroles du Congo, appelée SNPC Asia Holding, en 2005 avec pour objectif de vendre du pétrole congolais en Chine. On retrouve à sa tête Mmes Lo Fong Hung et Veronica Fung Yuen Kwan et des proches du Président Denis Sassou-Nguesso, Denis Gokana et Blaise Elenga.

 
Denis Gokana et Blaise Elenga



Source :  Blood and money in the streets

Tlaxcala remercie Africa-Asia Confidential pour l'avoir autorisé à publier ce texte et son original. les illustrations ont été ajoutées par Tlaxcala

Article original publié en octobre 2009


Sur l’auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9150&lg=fr



dimanche 4 octobre 2009

Le dernier Dadis Show à Conakry : 157 morts

Cette photo, prise à Conakry le 28 septembre 2009, nous dit à peu près tout sur le rapport Nord-Sud. les 4 policiers qui arrêtent un manifestant sont vêtus de bric et de broc. L'un d'eux porte une salopette bleue défraîchie avec l'inscription POLIZEI, c'est-à-dire police en allemand. Sans doute un signe de la "générosité" de l'Europe riche, qui est prête à tout pour pouvoir continuer à s'approvisionner à vil prix en bauxite de Guinée. La Guinée de Sékou Touré avait reçu un don fraternel de brise-glaces de l'Union soviétique. La Guinée post-moderne ne reçoit que ce qu'elle mérite.

Même diversité d'accoutrements des "forces de l'ordre" dans cette autre scène du lundi 28 septembre.

Au moins 157 morts par balles, un millier de blessés, des femmes violées : Conakry, capitale de la Guinée a connu le 28 septembre un lundi noir. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour dire leur opposition à l'éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle prévue en janvier 2010. Le capitaine Moussa Dadis Camara a pris le pouvoir en janvier, suite à la mort du président-dictateur Lansana Conté. Depuis, Captain Dadis défraie la chronique avec ses prestations ubuesques.Je vous en présente quelques-unes, qui circulent dans toute l’Afrique sous le nom de « Dadis Show ». Elles se passent de commentaire.

Tout d’abord, une interview surréaliste de Captain Dadis par RFI suite au massacre de Conakry.



Best Off des Dadis Shows

« Je suis beaucoup gêné avec les civils »




Captain Dadis humilie l'ambassadeur de Russie



"Nous sommes des révolutionnaires progressistes": Monologue du Captain



Et le meilleur pour la fin !


Conakry, mercredi 10 juin 2009 : Captain Dadis interrompt au cours d’une rencontre publique l’ambassadeur d’Allemagne, Karl Prinz, qui avait eu le malheur de faire part des doutes de l’Union européenne sur la « démocratie » guinéenne, et lui fait la leçon, dans un mélange de français et d’allemand (qu’il a appris au cours de ses stages de parachutiste). Une scène d’anthologie.


Source : Ayman El Kayman, Coups de dent - Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité politique française et mondiale, 29/9/2009