survielero

survielero
Blog régional de l'association Survie (Aude, Gard, Hérault,Lozère,Pyrénées-orientales)
Affichage des articles dont le libellé est Tunisie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tunisie. Afficher tous les articles

mercredi 13 février 2013

Perpignan, Montpellier, Nîmes, 14-16/2/2013 : De la Tunisie à l’Égypte deux ans après…

Conférences-débat de Rabha ATTAF, auteure de
 Place Tahrir, une révolution inachevée (2012)
À Perpignan
Jeudi 14 février à 17 heures
Librairie Torcatis
10 rue Mailly
Survie
À Montpellier
Vendredi 15 février 2013 à 20h
avec la participation d’invité-e-s en vidéoconférence depuis Tunis
 Salle Jacques 1° d’Aragon – Place de la Révolution française      
Trams Rives du Lez  puis Passerelle Barons de Caravettes
Survie, Les Amis du Monde Diplomatique, Les Amis de l’Humanité, Amnesty International, le Mouvement de la Paix
Librairie Le Grain des mots
À Nîmes
Samedi 16 février à 15h30
Librairie Diderot
2 rue Emile Jamais
Survie, CADTM, les Amis de la Librairie Diderot

Rabha Attaf dédicacera son livre, paru aux éditions workshop19, Tunis

mardi 22 janvier 2013

De la Tunisie à l’Égypte deux ans après…

Conférences-débat de Rabha ATTAF, auteure de
 Place Tahrir, une révolution inachevée (2012)
À Perpignan
Jeudi 14 février à 17 heures
Librairie Torcatis
10 rue Mailly
Survie
À Montpellier
Vendredi 15 février 2013 à 20h
avec la participation d’invité-e-s en vidéoconférence depuis Tunis
 Salle Jacques 1° d’Aragon – Place de la Révolution française      
Trams Rives du Lez  puis Passerelle Barons de Caravettes
Survie, Les Amis du Monde Diplomatique, Les Amis de l’Humanité, Amnesty International, le Mouvement de la Paix
Librairie Le Grain des mots
À Nîmes
Samedi 16 février à 15h30
Librairie Diderot
2 rue Emile Jamais
Survie, CADTM, les Amis de la Librairie Diderot
    



 Rabha Attaf dédicacera son livre, paru aux éditions workshop19, Tunis

jeudi 10 mars 2011

L’annulation de la dette risque-t-elle d’aggraver la situation financière de la Tunisie ?

par Fathi Chamkhi, Tlaxcala,  10/3/2011
Ben Ali s’est enfui en laissant derrière lui une ardoise assez lourde ; notamment une dette extérieure publique de plus de 15 000 millions de dinars. Le peuple tunisien s’est débarrassé de son dictateur, quoi de plus légitime qu’il veuille se débarrasser aussi de la dette qu’il a laissé derrière lui ?
Un dictateur qui a bénéficié de facilités de crédits de la part de créanciers qui connaissent parfaitement à qui ils avaient affaire. Une partie de cette dette a servi à opprimer le peuple tunisien, tandis qu’une autre partie a été détournée par Ben Ali et ses clans. Par conséquent, une dette qui n’a pas servi les intérêts des Tunisiens. Autrement dit, une dette qu’il est juste de qualifier d’odieuse et qui doit être, de ce fait, répudiée.
La finance internationale ne l’entend pas de cette oreille. Le déboulonnement du dictateur a été
sanctionné par les agences de notation de la Tunisie (R&I, Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s) en baissant sa note ! Le peuple tunisien qui vient de recouvrer sa liberté en chassant son dictateur écope d’une mauvaise note.

Réagissant à cette baisse, certaines personnes, souvent bien intentionnées, ont tiré la sonnette d’alarme : la baisse de la note serait porteuse de menaces, notamment le renchérissement du coût de l’emprunt. En effet, quand la note baisse, la prime de risque augmente, donc l’emprunt coûte plus cher, risquant par là même de compliquer davantage la situation financière de la Tunisie.
Signalons tout d’abord que la baisse de la notation de la Tunisie n’est pas une réponse à la campagne de l’annulation de la dette que l’association Raid Attac Cadtm Tunisie vient de lancer, mais plutôt une sanction de la révolution. Cela dit, c’est une preuve on ne peut plus claire que la logique qui sous-tend la dette est une logique qui est contraire aux intérêts vitaux du peuple tunisien, et par conséquent justifie notre action qui vise son annulation.
En somme, face à la dette, il n’y a que deux positions tenables : la docilité absolue ou la rupture totale. Notre choix est la rupture des liens de la dette. De ce point de vue, il n’y a plus de place à la question de la notation. Ceux qui nous opposent cette question se situent, bien au contraire, dans la logique de la soumission à la dette.
Devons-nous craindre la rupture avec la dette ? La campagne de l’annulation de la dette est-elle porteuse de risques financiers pour la Tunisie ? Notre réponse est catégorique : non, la répudiation de la dette va dans le sens des intérêts de la Tunisie. En effet, elle a intérêt à la rupture puisque le solde des transferts nets, au titre de la dette à moyen et à long terme, est négatif. En d’autres termes, la Tunisie, du moins sur les 23 dernières années, a remboursé plus qu’elle n’a reçu au titre de l’endettement extérieur. Elle est fournisseur net de capitaux. En arrêtant les remboursements, c’est vrai que la Tunisie n’aura plus, peut-être, de nouveaux prêts, mais en bout de course elle aura tout de même gagné financièrement, et bien sûr politiquement puisque sa souveraineté en sera renforcée. Alors, de grâce cessons de parler de l’endettement en tant que source de financement
C’est simple, si on ne paie plus la dette, on n’a plus besoin d’emprunter et on utilise l’argent prévu au budget pour le remboursement de la dette pour augmenter les dépenses sociales et stimuler l’économie. On prélève également des impôts sur les hauts revenus, sur les grandes fortunes et sur les bénéfices des grandes entreprises nationales ou étrangères. Il faut aussi baisser la TVA sur les produits et services de première nécessité, instaurer un contrôle des changes et des mouvements de capitaux pour éviter leur fuite vers l’extérieur. Il y a lieu aussi de combattre durement la grande fraude fiscale
Enfin, si on répudie la dette et qu’on ne contracte pas de nouveaux emprunts extérieurs on n’a pas à se préoccuper de la dégradation de la cote de la Tunisie par les marchés financiers.
L'agence de notation Fitch Ratings a annoncé ce mercredi qu'elle abaissait d'un cran la note de la dette à long terme de la Tunisie à BBB- et maintenu sa perspective "négative", en raison des incertitudes entourant la situation économique et politique du pays.
"La dégradation (de la note) reflète les incertitudes entourant la stabilité (politique) de la Tunisie et la politique économique dans cette période de transition difficile", justifie l'agence de notation dans une note.
"Même si la transition vers la démocratie pourrait améliorer la confiance à long terme, l'agitation politique a détérioré les perspectives économiques à court terme, les finances publiques et le système financier", précise Fitch.

Source : Agence France Presse, 2 mars 2011

Un précédent historique : 1864-1881

1881 : signature du Traité du Bardo, par lequel la France impose le Protectorat
“L’homme s’appelle Georges, fils de Stéphanis Kalkias Stravelakis, né vers 1817 dans l’île de Chio en Grèce, à une époque où celle-ci faisait partie de l’Empire Ottoman, comme la Tunisie.


Le jeune Georges a été emmené à Smyrne en Turquie, en compagnie de son frère. Ils y furent vendus comme esclaves. Georges fut revendu par la suite à Tunis sous le règne de Hussein Bey, vers 1830. Il avait alors 13 ans et un nouveau nom, Mustafa. Affranchi, il devient très vite le favori de la cour beylicale et le gardien du trésor particulier du Bey Ahmed.


Puis c’est l’entrée au gouvernement où il cumula les portefeuilles des finances “Khaznadar”, de l’intérieur et de la régence. En 1857, il devient sous le règne de M’Hamed Bey, premier ministre tout en gardant les ministères de l’intérieur et des finances. Il avait alors quarante ans. Ne me demandez surtout pas le secret de cette promotion fulgurante, il est dans les livres d’histoire de la dynastie Husséinite. Mais ce n’est pas le plus important. L’important est dans l’usage que ce super-ministre a fait de ses pouvoirs exorbitants.


Dans son livre Notre ami le Roi, Gilles Perrault écrit que « le Maroc est une bonne affaire ». L’ami Gilles ne semble pas connaître suffisamment la Tunisie parce qu’elle est plus qu’une bonne affaire. C’est une excellente affaire et sans risque aucun.

Voyons !


Georges le Grec, devenu Mustafa le Tunisien, détenteur de tous les pouvoirs face à un Bey fainéant, réduit à un rôle d’apparat et maître de son seul Harem, devint un véritable dictateur. Vorace, il fait main basse sur le pays et les hommes.


Nous sommes en 1864 : le désordre financier est total, les faillites en série dans le commerce et l’artisanat, le pays est saigné à blanc. Ayant besoin de plus en plus d’argent, l’État double les impôts et, les mauvaises récoltes aidant, met à genoux la paysannerie et l’ensemble de la population. Comme personne n’avait plus rien à perdre, c’est le soulèvement général.


La révolte est réprimée dans le sang, en quelques mois, au prix de massacres et de destructions, ce qui ne fait qu’aggraver la situation. Le pays est exsangue et la soif d’argent de l’Etat n’a plus de limite. Le Khaznadar est obligé de contracter des dettes auprès des pays étrangers, la France, l’Angleterre et l’Italie. puis ce fut  au tour des usuriers d’entrer dans le jeu, mettant le pays en faillite.


Écoutez ce qu’un témoin privilégié de cette époque, Mohamed Bayram Al Khamès, écrit dans une lettre à un ami  (Safouet El Itibar) :

« Si vous voyez l’état des lieux, vous serez terrorisé et vous prendrez la fuite : les loups qui assassinent, les chacals qui rusent à défaire les alliances, les requins, la gueule grande ouverte, pour engloutir les biens. C’est une situation affligeante pour tous ceux qui préfèrent le combat loyal et dont les effets annihilent les plus hautes montagnes et déshonorent les femmes nobles. C’est le pays tout entier qui menace de disparaître. Les cœurs sont saisis d’effroi, l’espoir disparaît, la fin s’approche et tout remède devient impossible ».


Vous connaissez la suite : la commission internationale de contrôle financier, puis la main-mise directe sur le pays, par l’instauration du protectorat français en 1881. Pour une période de 75 ans. L’humiliation coloniale. Une de plus !


Nous sommes actuellement en 1999. Mustafa Khaznadar n’est plus. Notre Khaznadar à nous s’appelle Ben Ali. Il n’est pas étranger au pays, mais a fait de ses concitoyens, des étrangers dans leur propre pays. Il n’est pas non plus un esclave affranchi, mais a fait, au bout de seulement douze ans, des citoyens libres d’une république indépendante, les sujets dociles d’une république bananière.”
Ahmed Manaï, intervention à la la rencontre Tunisie : Torture, Prisons et Prisonniers Politiques du 26 juin 1999  à l’occasion de la Journée internationale des Nations unies en soutien aux victimes de la torture, Paris.


vendredi 6 novembre 2009

Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’Occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées


par René NABA, 2/11/2009
L’arrestation du journaliste Taoufik Ben Brik, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.
Paris, 2 novembre 2009. La Tunisie célèbre, le 7 novembre 2009, le 22ème anniversaire du coup d’État médical du général Zine El Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le "Combattant suprême" Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de son «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux.
Régime décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie continue de bénéficier néanmoins d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière-cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen. Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran à grands renforts de campagnes médiatiques que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano-saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’État coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le Libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’Égyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le Tunisien Ben Ali (22 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique.
Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs de banques, le roitelet tunisien trône en partage avec son envahissante épouse Leïla sur le pays du jasmin, devenu au fil des ans le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’Occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.
En vue de la reconduction de son mandat, le petit génie de Carthage s’est surpassé lors de la dernière consultation électorale, dimanche 25 octobre, faisant preuve d’imagination et d’innovation au point que la plupart des observateurs s‘accordent à penser que le scrutin présidentiel aura été un chef d’œuvre de mascarade et d’arbitraire. Si Zine El Abidine Ben Ali a été officiellement réélu, sans surprise, pour un cinquième mandat avec 89,62 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs du ministère de l’intérieur, le président sortant n’a toutefois pas réussi à dépasser les 90 % réalisés lors des deux précédents scrutins, en 1999 et 2004.
L’homme n’avait pourtant pas ménagé ses efforts. Il a ainsi veillé à donner l’apparence d’une compétition pluraliste en s’assurant la présence de trois autres concurrents, dont deux figurants, représentants des partis proches du pouvoir, Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli de l’Union démocratique unioniste, ainsi que M. Ahmed Brahim, dirigeant du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste), seul véritable contestataire dans cette compétition.


Préconisant une transparence qui fera date dans les annales des scrutins électoraux à l’effet d’inspirer plus d’un dirigeant aspirant à l’éternité, le président Ben Ali a retourné l’équation, aménageant une transparence non pas du scrutin mais des votants par le biais des enveloppes à déposer dans les urnes, coloriées en fonction des candidats.

Le motif officiel avancé pour justifier le coloriage était de faciliter l’identification des candidats dans les zones à fort taux d’analphabétisme et le décompte des voix. Mais le vote technicolor pouvait masquer une opération de tri entre les «bons votants» et les autres, plus rares, les «mauvais votants», les abstentionnistes et autres opposants. Sans surprise, le carton présidentiel était de couleur rouge vif, très visible de loin, facilement repérable à distance et son porteur tout aussi facilement identifiable. Malheur à celui qui se serait hasardé à sortir de l’isoloir avec l’enveloppe rouge à la main. La trappe aurait été son destin. Pas difficile de présumer en effet qu’il s’inscrivait potentiellement sur la liste des candidats aux tracas.

L’arbitraire est incrusté à toutes les strates de l’état. Le ministre de la Communication a ainsi payé de son poste le fait de n’avoir su aménager un tirage au sort favorable au président Ben Ali pour la présentation de son programme à la télévision alors qu’il avait déjà accaparé 97,22 % de l’espace consacré à la campagne présidentielle par la presse écrite, contre 0,22 % pour son principal rival, Ahmed Brahim, et 1,27 et 1,28 % pour les deux autres candidats, selon une étude commune de l’Association des femmes démocrates, de la Ligue de défense des droits de l’homme et de Reporters sans Frontières (LeMonde.fr  23.10.2009 ).
Sacrifions à l’usage et souhaitons donc longue vie au président réélu Ben Ali (73 ans) et à ses protecteurs français, l’homme de la rupture affichée mais de la continuité pratiquée, le Président Nicolas Sarkozy, le Président gaulliste de la Cour des comptes, Philippe Seguin, le vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, le résident de Sidi Bou Saïd, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, et la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires, qui assurent sa promotion et celle de son paradis d’enfer, notamment l’équipe de Télé-matin de France 2, William Leymergie, Sophie Davant, Françoise Laborde, ainsi que les natifs de Tunisie, le producteur Richard Moatti et la présentatrice Daniella Lombroso.
Leur silence sur l’arrestation du journaliste Taoufik Ben Brik, le 29 octobre, cinq jours après la réélection de M. Ben Ali retentit comme un camouflet à leur égard. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Et plutôt que de se gargariser des vertus de la démocratie à la tunisienne, plutôt que nous gargariser avec les sempiternelles ritournelles sur le rempart contre l’islamisme que représente cette «dictature éclairée», que ces grands défenseurs autoproclamés de la démocratie se plongent donc dans la lecture salutaire de deux ouvrages qui constituent de véritables radioscopies des turpitudes du régime, un exposé des dérives de cet État policier, chouchou de l’Occident.

Notes:
  • La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie de Nicolas Beau, directeur du site satirique bakchich.info et de Catherine Graciet, journaliste, Editions La Découverte. Un livre enquête sur régime tunisien, dont les bonnes feuilles sont consultables sur ce lien: http://www.bakchich.info/La-regente-de-Carthage-main-basse,08817.html

  • Sur la connivence médiatique entre France et la Tunisie, cf. Ben Ali, Françoise le borde http://www.bakchich.info/article539.html

  • Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté, ouvrage de M. Mohamed El Boussaïri Bouebdelli, préface de Me Patrick Baudouin, Président d’Honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de L’homme (FIDH). Téléchargement gratuit sur internet en version arabe et française sur son site http://www.bouebdelli.org/


header chronologie

Chronologie de la Tunisie,
depuis la proclamation de son indépendance en 1956

•20 mars 1956•
La France reconnaît l’indépendance de la Tunisie 18 jours après avoir reconnu celle du Maroc. Le traité du Bardo signé en 1881 qui établissait le protectorat français dans le pays est abrogé, mettant fin à 75 ans de protectorat. Habib Bourguiba, de retour d’exil et vainqueur des élections d’avril 1956, devient chef du gouvernement et fait adopter le code du statut personnel instaurant l’égalité juridique entre hommes et femmes.
•Juillet 1957•
Habib Bourguiba proclame la République, devenant le premier président, entraînant la destitution du dernier bey.
•1961 – Crise de Bizerte•
Un conflit diplomatique et militaire opposera, l’été 1961, la France et la Tunisie, cinq ans après l’indépendance tunisienne, sur le statut de la base navale militaire de Bizerte restée sous contrôle français.
Bizerte, de par sa position stratégique, commande le canal de Sicile sur la route reliant Gibraltar à Suez. Au même titre que Brest, Toulon, et Mers el Kébir, la base représente un maillon de la chaîne des bases nécessaires à la défense française et à son dispositif atomique. Mais surtout, Bizerte constituait du point de vue de l’OTAN un point d’écoute radar absolument irremplaçable, puisqu’un câble coaxial reliait directement Bizerte à la base aérienne du Stratégic Air Command de l’aéroport Mohammed V de Casablanca (Maroc). Un dispositif qui permettait à l’Otan d’être averti de toute attaque du bloc soviétique. Des affrontements autour de la base feront plusieurs centaines de mort. La France évacue finalement la base navale en octobre 1963.
•1975•
Habib Bourguiba fait modifier la constitution et devient président à vie.

•26 janvier 1978•
Jeudi noir à Tunis: les forces paramilitaires du Parti socialiste destourien tirent sur des ouvriers grévistes rassemblés au centre de Tunis. Plusieurs centaines de morts.
•1983-1984•
« Emeutes du pain » dans le sud du pays et à Tunis.
•1987•
Coup d’etat médical du Premier ministre, le général (de police) Zine El Abidine Ben Ali contre Habib Bourguiba, déposé pour « sénilité ».
•1989•
Zine El Abidine Ben Ali est élu président avec 99,27% des voix.
•1991•
Répression du parti islamiste Ennahda (La Renaissance), exclu du Pacte national.
•1994•
Le président Ben Ali est réélu avec 99,9% des voix.
•1999•
Troisième réélection de Ben Ali avec 99,4% des suffrages.
•Avril 2000•
Décès de Habib Bourguiba.
•Avril 2002•
19 personnes sont tuées dans un attentat contre la synagogue de Djerba, revendiqué par Al Qaïda.
•Mai 2002•
un référendum constitutionnel adopté par 99,52% des électeurs autorise le renouvellement sans limite des candidatures à la présidence de la République.
•Septembre 2002•
Libération du dirigeant du Parti communiste ouvrier Hamma Hammami, qui a purgé une peine de onze années d’emprisonnement pour « appartenance à organisation illégale « .
•Octobre 2004•
Ben Ali réélu pour la quatrième fois avec 94,49 % des voix.
•Octobre 2006•
Tunis rompt ses relations avec le Qatar pour protester contre la diffusion, par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, d’interviews de l’opposant tunisien Moncef Marzouki.
•Juin 2008•
Affrontements entre police anti-émeutes et manifestants durant le mouvement social de masse dans la région minière de Gafsa en effervescence depuis plusieurs mois. Plusieurs morts. Les leaders du mouvement social seront condamnés à dix ans de prison.
•Octobre 2009•
Ben Ali réélu pour la cinquième fois avec 89,62 % des voix.